Ils ont dit:





   A mon retour, il s’est trouvé beaucoup de gens qui n’étaient pas partis, pour me dire qu’avec un peu de fantaisie et de concentation ils voyageaient tout aussi bien sans lever le cul de leur chaise. Je les crois volontiers. Ce sont des forts. Pas moi. J’ai trop besoin de cet appoint concret qu’est le déplacement dans l’espace. Heureusement d’ailleurs que le monde s’étend pour les faibles et les supporte, et quand le monde, comme certains soirs sur la route de Macédoine, c’est la lune à main gauche, les flots argentés de la Morava à main droite, et la perspective d’aller chercher derrière l’horizon un village où vivre les trois prochaines semaine, je suis bien aise de ne pouvoir m’en passer. [ L’usage du monde, N. Bouvier]
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   J’avais une maison au bord de la mer. Mais pour aller à la plage il fallait passer devant un bar. Je n’ai jamais vu la mer. [ J. Best, Grand footbaleur de Manchester United]

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_Finalement, ce tésor, on l’a vu ou pas ?

_Nous avons voulu le voir même s’il n’y était pas… Mais le trésor existe sûrement, caché par des démons taquins et il reste introuvable parmi les labyrinthes de nos questions et de nos réponses…  [ Corto Maltese & Raspoutine, La maison dorée de Samarkand]

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Mardi 4 décembre 2007

   Pour ceux qui n’aiment pas lire ou qui n’ont pas le temps, je fais un résumé très… comment dire?  Résumé!!!

   Je suis parti au cap-Skirring ce matin à 6h. C’était encore la nuit avec sa lune et au firmament, Hercule qui mettait une main au cul d’Hippolyte. Le village et les enfants de Diakène Ouolof se réveillaient péniblement. J’ai vu une chèvre et deux boucs faire de drôles de choses… J’ai « bafflé! » le car-rapide en trompant la mort et pris un petit déjeuner avec un rasta-rocket à mon arrivée au Cap-Skirring. J’ai consulter l’oracle, bu deux bières moyennement fraîche, pris un taxi-retour et je suis revenu… C’est bon, vous pouvez fermr la page. (clic!)

 

       ***** Pour les autres, c’est une nouvelle aventure qui commence.*****

 

Un petit conseil avant de commencer:  Prenez donc une bière fraîche ou deux, ou trois, un pack, si vous voulez, la valise, pourquoi pas? Lisez ça entre potes si ça vous chante, avec votre femmes avant d’aller… dormir! Prenez tout votre temps, je vous souhaite le même plaisir que jésus à vous le clouer sur works, 27h de boulot, 3h de sommeil! 2 paquets de clopes et un petit litre de vin rouge,  je vous le jure, par le salut de mon âme!!!

PS1: Je suis désolé pour les fautes de l’ortografe… J’ai pas qu’ça à foutre non plus!

PS2:  comme d’habitude, âme sensible et gens de bonne mœurs s’abstenir.

 

Introduction et mise en condition.

   Ce soir c’est grave la tawa sur Coriana, je viens de me préparer un délicieux sandwich au thon à l’huile (Tenez, je vous donne la recette, normalement c‘est un secret de famille mais comme je vous aime bien: Ouvrez une demi baguette de pain, versez-y le contenu entier d’une boite de thon à l’huile et refermez la demi baguette de pain. Voilà, c‘est fini. Précaution « émanant » de ma mère : gardez vous de faire couler de l’huile sur votre pantalon ou votre jupe. Variante de mon père: meilleur en rajoutant un œuf dure et un demi pot de confiture de fraise du jardin; La feuille de salade est en option, demandez conseil à ma « petite » sœur.)   Et je me chatouille les papilles en levant à ma santé ce verre en inox que j’ai gracieusement inondé d’un nectar rouge carmin, st Sernin (1350F.CFA, je vous rassure de suite, +/- 2euros le litron. Ici j‘ai une pensée soudaine mais néanmoins sincère pour le patron du bistrot « l‘abri du vent » à Douarnenez qui nous a quitter dans l’indifférence sénégalaise la plus cruelle, pas de discours de Abdou laye Wade. J’ai surtout une pensée pour l‘odeur pestilentielle et nauséeuse qu’il laissait traîner après son passage matinale dans les toilettes du « Café des halles ». A ta santé mon poivrot à lunette rose/orange! Maintenant y’aura plus besoin d’aller mettre un coup de Wizard dans les toilettes, ça va nous faire des vacances. Tu t‘en est allé et le monde des alcooliques Douarnenistes perd là un grand nom… Acceptez cette homélie, avec tout le respect usuel. Amen. Ce passage est pour toi « ma » Lizou.)

 Revenons a mon sandwich / St Sernin: attention! Mon Roro, l‘orgasme n‘est plus très loin avec tout cette profusion de luxe gastronomique. Ce soir c’est donc la tawa, et ça ce vois. Je tente d’écrire avec la musique à donf. C’est un exercice un peu délicat, mais comme je vous l’ai dit, (voir article précédent.) je veux changer mes habitudes d‘écriture. J’ai choisi  3RA1N1AC, prononcer BRAINIAC, l’album « Electrochoc for président,  »: Come on and give me some fresh new eyes dress my tongue in a new disguise go on and give me a sexy mouth to taste it, to taste it… Je pourrai vous expliquer pourquoi ce disque mais c’est une bien trop longue histoire. Je vous dirais donc simplement que c’est un choix forcément pertinent. Je ne laisse pas grand chose au hasard! Je peux même vous dire qu’ensuite j’écouterai Boris Vian.

   Je cherche quelque chose que moi seul peux trouver, une magie, des mots, ou quelque‘un pour sauver mon âme-coeur (j’ai le blues!) mais tout ici est, dans la chaleur, immobile, silencieux, désert. Maintenant j’écris, avec ce livre léger « plûme »  précédé de « Lointain intérieur » , nrf Poésie/ Gallimard, d’Henry Michaux ouvert à coté de mon paquet de clope et ce n’est pas dû au hasard non plus!

 

 

   J’étais autrefois  bien  nerveux. Me voici sur une nouvelle voie:

Je mets une pomme sur ma table. Puis je me mets dans cette pomme. Quelle tranquilité!

Ça a l’air simple. Pourtant il y a vingt ans que j’essayais; et je n’eusse pas réussi, voulant commencer par là.                                              

 

                                                                                   Henry Michaux.

 

                                                                                                                                                                               

 

Hercule vs Hippolyte :



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   J’ai quitté Coriana à 6h du matin: « Passe une bonne journée ma petite chérie adorée. » je lui ai dis à Coriana, en partant pagayer sous la lune au trois-quart pleine pendant qu’au firmament le demi-dieu Hercule* tentait de bâcler ses douze travaux. Il en était, je crois, au huitième c’est à dire, à essayer d’enlever la ceinture d‘Hippolyte, la reine des amazones*, qui passait près du Dragon* en Simca 1000. Moi, quarante cinq minutes de pagaie plus tard je débarquais à Diakène Ouolof avec des bras en béton désarmés et laissais Hercule à ses conneries herculéennes en allumant ma troisième clope avec un briquet BIC. J‘avais mal au cul d’être resté assis sur un bidon à pagayer et non pas parce que comme vous ne le pensez pas, Hercule avait essayé de m’enculer tellement il était excité à force de ne pas réussir à enlever la ceinture d‘Hippolyte!

 

Hercule: 1/ demi-dieu de la mythologie latine assimilé à l’Héraclès grec.

2/ Constellation de l’hémisphère boréale.

Amazone: 1/ dans la mythologie grec, peuple des rives de la mer Noire composé exclusivement de femmes guerrières; elles affrontèrent les héros grecs. Selon la légende, elles se brûlaient le sein droit pour mieux tirer à l’arc, et tuaient les enfants mâles.

2/ Prostitué qui racole en voiture.

Hippolyte: Dans la mythologie grec, reine des Amazones, vaincues par Héraclès, qui la tua ( ou la donna comme épouse à Thésée).

Le Dragon: Constellation de l’hémisphère boréale, entre la Grande et la Petite Ourse.

 

Réveil d’un village tombé en enfance…

   Le petit et suave village de Diakène était mal réveillé « because » il faisait frais (22°C) et humide (77%) dans cette aurore perdu de casamance. Si bien qu’ici et là, presque rien ne bougeait. La langueur qui émanait en ce jour naissant faisait foi d’une certaine réticence des riverains à préparer le petit déjeuner: On réchauffait sur trois braises tièdes que personne ne raviverait de si tôt, le riz de la vieille pour le petit déjeuner de ce matin. A cause de l’humidité ça sentait la fumée plus que le feu de bois et ça n’arrangeait personne.  

  Quelques enfants atteins de somnambulisme erraient dans les ruelles. La tête encore toute chargée du rêve d’un sauveur blanc libérant de son 4X4 rutilant une malle de tangals* et de stylos BIC et les yeux visiblement plombés par le reste d’un lourd sommeil mais tout cela s’estompait à mesure qu’ils traînaient leurs samaras milles fois réparées dans les ruelles de sable mouillées. Leurs bouches étaient simplement ouvertes au petit bonheur pour certains tandis que pour d’autres la chance se résumait à tenir dans la main un morceau de pain  afin de patienter jusqu’au riz. Le problème (je l’ai souvent remarqué.) c’est que souvent ils ne savent pas quoi en faire du morceau de pain, le manger tout de suite où attendre encore un peu, si bien qu‘il finit, lassitude des doigts(?), par tomber dans le sable, il devient alors croustillant, comme une viennoiserie à la française sauf que c’est moins bon! 

Tangals: Sucreries, bonbons, très prisés des enfants.
 

La chèvre et les deux boucs.

  Les mieux réveillés étaient sans aucuns doutes les chèvres qui elles pétaient à qui mieux-mieux parce que c’était dans l‘air du temps! (C’est pour Arnaud des Billy Bullocks, un p’tit clin d’œil, bises à tous, et qu‘Elvis soit avec vous.), l’une d’entre elle, plutôt mignonne ma foi, se faisait cour(ti)ser par un bouc qui tentait en vain de tirer son premier coup du jour. Le bouc, moins réveillé que la chèvre mais plus excité courrait comme un plouc* derrière des pets… Du dépit à la rage folle, il n’y a que trois cabrioles! Qu‘il fit au milieu du chemin juste avant d’y abandonner trois crottes, on appelle cela des cacas nerveux! Il était furieux et nous ne le serions pas moins, nous tous, les hommes si nous étions à la place de ce bouc! (Ceci est juste une allusion d’un goût douteux à la forme matinale que je tiens plutôt raide en ce moment…) Heureusement pour lui, un autre bouc est arrivé, tel Satyre*, plus jeune celui la et qui pétait bien plus haut que son cul. Ils s’y sont mis à deux pour cour(ti)ser et coincer la chèvre contre une clôture en bois de palétuvier, le jeune bouc s’est tapé la chèvre le premier, qui pour le coup à arrêtée de péter! (C‘est un détail mais j‘y tiens car la chèvre a un certain standing qui est dû à son rang de fromagère.) Et puis il l’a refiler à l’autre, le plus vieux. Deux levrettes, en trois minutes qu‘elle venait de se taper la chèvre, un joli viol ma foi! Une fois que cela a été terminé, la chèvre est allée retrouver ses chevreaux comme si elle avait oublié. Elle n’avait de toutes les façons pas grand chose à attendre de la justice caprine qui ne chercherait pas de boucs émissaires*… C’est tout de même charmant la vie vraie et sauvage des animaux d‘Afrique, vous ne trouvez pas?
 

Satyre.jpgPlouc: Paysan; personne fruste, du breton plou « paroisse ».

Satyre:
1/ M
YTH GR Demi-dieu champêtre, figuré avec des cornes, des oreilles pointues et des jambes de bouc. 2/ fig, fam Homme lubrique; exhibitionniste, voyeur.

Bouc émissaire: Bouc que les Juifs chassaient dans le désert après l’avoir chargé des iniquités d’Israël; fig. personnes que l’on charge des fautes commises par d’autres.
 




Histoire de deux baffles dans un car-rapide!

   Moi je regardais la scène assis sur un tronc de manguier qu’y s’était allongé là sur le sable depuis qu’il était tombé raide mort. J’attendais un hypothétique « car-rapide » qui me mènerait au Cap-Skirring. Les femmes ont commencé d’arriver en « kasoumayant » à tout va, la tête surchargée de grands paniers remplis de pamplemousses, de citrons, de bananes, de radis, de lait caillé…  Le car rapide lui est il arrivé sur la pointe des pieds au planché en crachant de la musique au travers deux baffles BLAUPUNKT qui hurlaient toutes deux la souffrance d‘être en vie. Elles étaient pendues là depuis dieu-SONY (l’autoradio) seul sait quand. L’énergie y arrivait par une arcane africaine. De morceaux de scotch en dominos sans vis, s’élançaient des bouts de fils électriques vert et des bouts de fils électriques rouge avec des bouts de fil électriques jaune au milieu (Pour faire honneur aux couleurs du drapeau sénégalais.). Le car-rapide a débarqué toute une ribambelle de gamins qui venait pour se battre à l’école et s’était faite réveiller par les cahots du voyage et les deux BLAUPUNKT agonisantes.

   Les femmes se sont mises à danser et puis à chanter, il suffit de peux ici. La chaleur et le soleil sont arrivés en même temps que les premières effluves âcres de la sueur des femmes, ça sentait sous les aisselles le piment et la nuit d’amour! On essayait pour la troisième fois de me « taxer » une clope… d’abord Etoo puis Drogba et ensuite Ronaldo! Je les appelle par des noms qui étaient inscrits sur leur maillot. Mais aujourd’hui j’ai décidé que je donnerai une clope à celui qui portera le maillot de Messi (C’est le meilleur joueur évoluant actuellement sur la planète, il a du jouer hier soir contre Lyon, avec le FC Barcelone, rien à voir avec un quelconque prophète.) un point c’est tout!

   Après un certains temps complètement indéfini, le car-rapide il a démarré en trombe avec dedans l’autoradio dieu-SONY, les Saintes-baffles BLAUPUNKT qui souffraient le martyr, les femmes qui chantaient et dansaient, les pamplemousses, les citrons, les bananes, les radis, le lait caillé et moi. Vroum-Vroummmm, à 50km/h dans les ornières et les nids d’autruches. J’avais la vague sensation en voyant défiler les palmiers et les cocotiers d’être un trompe-la-mort en herbe…(le chauffeur était vraiment fou, pourtant j‘en ai vu d‘autres.) Ensuite, sur la belle route qui relie aujourd’hui Ziguinchor au Cap-Skirring, je me suis rendu compte qu’on ne roulerait pas plus vite, 50km/h, un tortue ce « car-rapide », enfin l’important ici c’était d’arriver en musique, sain d’esprit et sauf… Vous comprenez?

 

Rasta Rocket.

    J’ai pris mon petit déjeuner au Cap-Skirring sur le bord de la route, à touché du rond point qui est en travaux. Ils ont juste laissé la statue du cultivateur Diolà qui creusait nuits et jours des sillons au milieu du rond point pour le repiquer du riz avec son kagniandou, maintenant il retape le rond point avec les ouvriers de l’équipement, ça en fait au moins toujours un à bosser! J’ai commandé un café touba au lait avec un sandwich niébé/mayonnaise! Une histoire de goût… Un rasta-roots et rocket qui passait comme par hasard trop bien ficelé m’a demandé: « Alors! mon frère, comment ça ce passe bien les vacances?! ». J’ai pas répondu. J’ai regardé le jeune qui préparait mon café et mon sandwich, lui, il m’a regardé d’un air entendu. Le rasta-cool il a encore essayé « Eh! Il faut venir voir, nous on fait l’artisanat, les batiks, les tissus, les beaux tissus, les sculptures traditionnelles, pour le plaisir des yeux seulement… ». J’ai répondu en Wolof: « Baima diam » (laisse moi en paix). Il est resté le cul sur ses dreadlocks le rasta-roots et rocket-super-cool-man! Le jeune il a renversé un peu du café qu’il était entrain de me servir tellement il était mort de rire… Le rasta lui il est reparti dans son marché artisanal essayer d’abuser un touriste du club-med en short sénégalaisement déguisé pendant que je prenais mon petit déjeuner, enfin tranquille, en discutant de femmes et de chèvres avec tous les autres qui étaient comme moi, assis devant un café et content d’être juste des hommes et pas des boucs.

 

 L’oracle. 

   Ventre pleins/ petit blanc content! J’ai dis: « Dieurédief » et puis je m’en suis allé consulter le grand oracle: Internet… Je me suis mis un peu au courant des choses essentielles de ce monde à savoir que, Rennes est quatrième au classement du championnat de France de football et Arsenal est en tête devant Manchester en Angleterre, point final. Ah! Non, j’allais oublier Sarko se bastonne en banlieue, ça doit lui changer d’un missionnaire avec son ex, la douce et plantureuse Cécilia sur la bannette triple du Yacht de V.Bolloré. Il à peur qu’un rebeu lui chourave son job où quoi? Et il est où Doc le grand gynéco là? Allez, hop!  Pour l’actualité c’est bâclé. Je passe mes mails, j’en ai pas. Ah! Si tiens, ma sœur Yveline, Valérie, Anne et Aurélie, rien que des étoiles… Hummmm, c’est bon, ça réchauffe mon cœur dans sa nuit froide, merci les filles. Bon le blog maintenant, Ôh! J’en suis tout entier retourné, j’ai un bien sympathique commentaire de Vwind, ça change toute ma journée un commentaire comme ça. Je… enfin si j‘osais… j’allumerai une étoile dans le ciel de ce soir et je lui expédierai  un papier d’Arménie  avec « merci » et « bise » écris dessus.

    Après Internet s’est compliqué, enfin, pour moi j’veux dire, 5heures de bidouillage, je préfère pas écrire sur ce sujet, je risquerai de me fâcher avec moi même. Y’a que lorsque je télécharge mes petites vidéos que je me sens bien parce que ça prend 6 à 8 minutes et que c’est pile-poil le temps nécessaire pour aller me griller une clope dehors et mettre à profit  mon drôle de regard sur cette partie du monde en notant les clichés (dans mon carnet bleu) que certains photographient: le charretier et son âne par exemple… Au fait, Saviez vous qu’on trouve Voici  jusqu’ici? J’imaginais même pas moi, ce doit être à cause du club-med. Tout ça prend une bien mauvaise tournure je trouve. Je me demande bien où est ce qu’on va pouvoir se réfugier pour être peinard sur cette terre? C’est en posant cette question que je vous laisse, je n’ai plus de ce nectar de rouge et le sommeil m’attaque enfin. Il sera bientôt 6h du matin! Je m’en va respirer une p’tit dernière cigarette sur le pont, dire bonjour à Coriana qui s’est réveillé à cause d’une vedette de pêche de toubab qui est passée un peu rapidement à coté de nous et voir où en est mon ami Hercule de ses travaux herculéens… (Capturer les bœufs de Géyrion peut-être?)

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Dans l’imprimerie des rêves, les rotatives patientes… 
( SUPERFLU, Une lumière neuve pour cette vieille nuit.) 

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   Je suis de retour, il est 9h25: J’ai un nescafé sans sucre qui tièdi sur la table, je me sens bien, en forme et libre et tout et tout…

 

   Bon, alors, j’en étais où de ma journée au Cap-Skirring moi, Ah! Oui, Je vous demandais où est-ce qu’on pourrait bien partir ensemble, tranquille, loin de voici vu qu’il n’y a plus d’îles désertes… En gros c’était cela, non? Pour l’instant moi non plus je n’ai pas la réponse. Remettons cela à plus tard alors, si vous le voulez bien? prenons le temps de réfléchir parce que moi là au réveil…

   J’ai balancé mon araignée sur la toile et puis je suis allé boire une Flag à la case bambou et puis j’en ai bu une autre et puis… Non, il fallait faire des courses, marcher jusqu’à la gare routière reprendre un taxi, où, comme je suis toubab on voulait à tous prix me faire payer un « bon prix » en prenant le taxi pour moi tout seul. J’ai dis, non: « j’attends que le 7 places se remplisse. ». Une heure et demi plus tard nous étions 8 sans compter le gamin. Un drôle celui là, il jouait à faire crisser un morceau de polystyrène en le frottant sur la vitre. Cela n’amusait personne sauf sa maman et moi. Le bout de polystyrène il est tombé trois fois de ses petites mimimes alors trois fois j’ai joué des pieds et des coudes pour le rattraper sous le siège du conducteur, vous voyez j‘adore les gamins! J‘vous parle même pas des mamans. On a encore embarqué une personne, neuf qu‘on était, dix avec le petit! J’ai trouvé ça super comme la fois ou nous étions à douze dans une 4L à Madagascar, c’est vous dire si je suis habitué mais pas blasé. C‘est la vie ça, un modèle à suivre. J’adore ce désordre, cette insécurité, celle qui maintient en vie… Moi sans ça, je suis mort!

   J’ai débarqué à Diakène Diola, une petite marche de trente minutes parmi les palmiers, les cocotiers, les fromagers, les manguiers, les papayers, les bananiers, les orangers, les pamplemoussiers et je suis arrivé à mon annexe qui m’attendait très haute dans le poto-poto et les coquilles d’huîtres tandis que la mer elle était loin et très basse. J’étais dans la merde, tout seul, pour la refoutre à la flotte. « Katellllllll » j’ai crié, mais où elle est restée traînée encore celle la? Oups! Merde, c‘est vrai, j‘avais pas encore oublié… Mais le hasard des fois… La pirogue « roi Albert de Monaco » est arrivée, comme par enchantement avec toute l’équipe du campement  d’Egeye. « Tuttiiiiiiiii », j‘ai crié, tellement j’étais heureux de la voir, « Kassoumaye? », « kassoumaye kep, Rono. » elle m’a répondu… Ils m’ont tous filé un petit coup de main pour remettre nénnexes dans l’eau.

   « A bocadium, oumotalsoum » (A demain, bonne nuit ) J’ai dis et puis je suis rentré en pagayant dans le bonheur. Il faisait encore jour, heureusement! Hercule ne risquait pas de venir essayer de me mettre sa bite dans le cul! J’ai embrassé Coriana, tendrement, comme chaque soir maintenant, pour lui dire merci d’être là, c’est une manière d’apprendre à faire certaines choses, ensuite je lui est raconté ma journée, celle là même que vous venez de lire.

par Ronan Berrehouc
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Mardi 4 décembre 2007

  
Entracte:

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Avertissement:
   Vous me faites peur, vous commencez à êtres trop nombreux à lire ce blog, prenez garde à votre santé quand même…

PS: C’est pas parce que je le dis que je le fais!

 

   Je me rends compte aujourd’hui combien jaime écrire. Je ris autant que vous si toutefois vous riez. Jessaye de regarder la vie posée sur le monde avec des yeux d’enfants effrayés, des yeux qui touchent le fond, écoutent le silence des oiseaux morts, sentent l‘orage arriver, respirent de la fumée sans feu, courent loin devant, jouent au football, gagnent rarement et perdent souvent, pensent tout haut, disent tout bas, nettoient leurs linges sales parfois mais n’essuient jamais la vaisselle, crient: « Putain! merde tu fais chier. » , hurlent au vent mauvais, vous crachent à la gueule, pisent sur les femmes infidèles et jurent devant rien ni personne qu‘on ne les y reprendra plus, vomissent quand ils sont ivres, fument dès qu‘ils sont ouverts, fredonnent dans le vacarme, chantent de Nirvana à Jeanne Moreau, dansent de la pop-music quand ils sont en forme, côtoient les étoiles pendant les trop longues nuits, désirent l‘impossible en buvant de la bière mais ne s’abaissent pas quand ils aiment par dessus tout.

   Jessaye de vous ramasser les petits mots presque morts, oubliés dans le sable par l‘enfance, à chaque clignement quils me font, mes yeux, voilà tout! Je joue avec ma pelle et mon râteau en somme. Oui, oui, bien sur, forcément, quils pleurent et souvent même. Cest un second rôle que je leurs ai confié! Il faut bien mouiller le sable pour faire tenir un beau château… Pas vrai?

   Évidemment, derrière tout ça il y a des histoires damour qui se sont échouées lamentablement, traitées ici en filigrane à travers les mœurs inquiétants des oiseaux ou la mort pour le moins suspect des crabes à qui javais jeté mon vieux cœur pourri, ou encore lenvie du vieux bouc de tirer un coup le matin et je ne sais trop quoi encore Vous laviez peut-être déjà compris. C’est comme ça! Jai pas encore réussi à écrire un roman damour, un vrai roman damour jentends avec des mots doux, tendres, passionnés et caressant, ses mots quon doit susurrer le matin dans loreille de celle quon aime, parce quon laime vraiment, et les faire ensuite virevolter dans le bleu du ciel, en les lançant dun nuage comme si on lançait dix milles confettis sur un carnaval de printemps ( Une phrase comme celle là doit pouvoir  rendre fou tous les amoureux de la terre…). Non, ça jai pas encore su faire. Ben! Non, parce que c’est pas avec des mots d’enfants qu’on écrit ça. Patatra! le château de sable y s’écroule… Alors, en attendant l’amour je raconte bêtement ma vie. A vous de voir mais vous  n’êtes pas obligés… 

 Voilà, cétait une sorte d'entracte sans MIKO ni POP-CORN

 Maintenant on peut rigoler:

 





par Ronan Berrehouc
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Mardi 4 décembre 2007

 

"Foutraque d’une semaine africaine."

 
L'amant d'une nuit:

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   J’ai regardé le jour africain se coucher, c’était très beau, comme d’habitude mais aujourd’hui je voulais voir un peu plus loin… Regarder la nuit africaine se lever, parce qu’on oublie toujours de regarder la nuit se lever, pourtant c‘est juste après. Elle était sublime la nuit, à son réveil. Elle portait une ravissante robe bleu-nuit incrustée d‘étoiles scintillantes qui miroitaient sur le marigot dansant, à ses pieds. Une fine barrette de lune ivoire pincée dans ses cheveux pourpre lui retenait quelques mèches de nuages qui s’étiolaient langoureusement jusqu’au bleu-magenta. Elle était parfumée d’humus de mangrove sauvage subtilement rehaussé de ce mélange exquis d’arôme de cacao et de senteur d’oranger. Moi, cette nuit, j’aurai bien voulu être Pierrot la lune, pour faire de la balançoire sur ses boucles d’or noir… J’aurai voulu être son amant et trahir son ami le jour, j’aurai voulu l’embrasser cette nuit, mais je n’ai pas osé.

 

Un HAMAC au paradis:

   Je me délasse dans le hamac installé sous l’eucalyptus, normalement je préfère l’autre Hamac, celui situé sous l’anacardier, le soir s’il y a un peu d’humidité dans l’air ça sent très bon la pomme de cajou, mais pour l’heure le soleil l’assomme et les pommes sont cuites!  Neufs jours que je vie ici, quelque pars au paradis. Je n’arrive pas à quitter. Je ne sais pas pourquoi je reste: pour le calme ou bien pour autre chose…


 

UCPA:

   Pendant deux jours il y a eu un groupe de jeunes UCPA plutôt sympathique au campement, quatre filles et deux garçons. C’est pour cela que je n’ai presque pas écris. Je me rends compte combien ils m’ont fait du bien. Merci beaucoup, j’ai « oublié » de vous le dire…

   Chose troublante une des filles ressemblait à … , mais peut-être était ce juste mon imagination qui se mêlait de souvenirs dont elle aurait mieux fait de ne pas s‘occuper. Je la dévorais à la dérober! J’espère qu’elle n’a pas remarqué, j’espère qu’elle ne m’en veut pas.


 

Le Moustique jaloux:

Nous nous embrassons
Nous nous serrons fort
Nous nous embrassons encore
Nous nous serrons encore plus fort
Nous nous dévorons les yeux des yeux
Nous dansons et tournons dans une foule d’invisibles
Nous rions jusqu’aux larmes
Nous léchons nos visages pour mieux goûter au sel de l
autre
J’empoigne ses fesses, et la soulève
Ses cuisses capturent délicieusement ma taille
Ses bras s’ enroulent délicatement autour de mon cou
Je pose mes lèvres entre ses deux seins

Un moustique me pique derrière le genoux gauche
Et transforme se rêve en cauchemar.
« Putain! D’enculé de moustique de merde, jaloux va!»
Il est une heure dix
J
ouvre le capot avant, attrape mes clopes et le briquet.
« Salut! la lune, salut! Hercule, comment ça va vous? »
Je maudis mes rêves et tous les moustiques de la terre…
Et fume jusqu
à ce que mort s
en suive.
Bonne nuit! C’est ça…
Et allez tous vous faire foutre!
   

 

African Queen:

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    Nous mangeons en famille, au bol, tous ensemble, Abdou, El hadji, Tutti, Bernard, Aliou, Omar, Léna et moi: Barracuda + riz + piment. Tutti est bien plus que ravissante, la radio chante pour elle quand elle danse,

« You’re my African Queen

girl of my dream. »

 sur un tube à la con…


 Boite de dialogue!

_« Qu’es-tu fou, mon Roro? ». Elle me demande ma voix intérieur.

_« Je réfléchis », oui, parfaitement, « je réfléchis », cela m’arrive . Je lui dis!

_« A quoi? ». Alors, qu’elle me demande ma voix intérieur

_« Ben toujours pareil, aux hommes et aux femmes… Regarde: aujourd’hui quand un homme tente de séduire une femme, il est lourd et lorsqu’une femme tente de séduire un homme, elle est une salope! Si bien que ni les hommes ni les femmes n’osent plus se séduire. On cours à la catastrophe, c’est certains. ». Que je lui réponds.

_ « Et alors? ». Qu’elle me demande ma voix intérieur.

_ « Ben! Je réfléchis… ». Que je lui dis.

 

L’interrogation:

   Hier au soir je me suis préparé une très petite interrogation écrite de Diola pour ce matin.

Comment dit-on: Petit à petit l’oiseau fait son nid:

Réponse: D’yatita d’yatita a pitiowou fanakalo eloufaye iola.

 

A propos de ma nouvelle vie de famille:

   Je suis bien, ici, avec ma nouvelle famille qui prend tellement soins de moi. Il est hors de question qu’elle me laisse sauter un repas ou que je manque à l’appelle du thé… Si elle rentre le soir au village, parce qu’il n’y a pas de clients, elle laisse mon repas posé dans la cuisine et à midi selon la clientèle, El Hadji me dresse le couvert à leurs table. Je préfère bien évidemment manger au bol, derrière, en famille, avec les doigts triturant les arrêtes de poissons mais je sais qu’il fait cela pour mon bien, pour que je parle un peu au lieu de ne faire que écrire… Ma nouvelle famille craindrait-elle que je devienne muet!

 

   Elle porte mon cœur entier dans ses mains, à bout de bras, ainsi, grâce à elle, je souffre beaucoup moins. MERCI!

 

   Pour moi, les meilleurs moments en famille sont ceux que je passe dans la cuisine avec Tutti et Léna. Je m’assoie sur une chaise et je les regarde préparer le repas tout en « apprenant » le Diola. Je prends des notes dans mon carnet bleu, je répète après elles, « Igndié-mou di outeng », j’essaye d’articuler des phrases qu’elles corrigent en se moquant gentiment. Léna me fait beaucoup rire même si elle ne parle presque pas le français. Elle  promène presque toujours sa poitrine tombante à l’air libre et beaucoup de dents lui manquent dans la bouche! Ça lui suffit à être splendide… Tutti chante avec la radio quand elle ne trouve pas des mots-bleus (ceux qu’on dit avec les yeux, la version de Bashung!.) à m‘offrir, je chante avec elle quand je peux, ça endort ma rancœur... Ce matin, j’ai chanté « ne me quitte pas », des mots noirs évidemment, seul avec la radio. Tutti était surprise. Je connaissais par cœur, elle, elle ne connaît pas J.Brel. Vous ne lui en voudrez pas j’espère? Je lui est expliqué que ce n’était pas une chanson difficile à retenir quand on avait passé son temps à…  Bref! De temps en temps je coupe un oignon ou une aubergine et la vie est plus simple…

 

L’heure du bain:

   J’ai quitté précipitamment ma table de « travail » d’ou j’écrivais mes petites douceurs chroniques. J’ai ôté mon pagne fleurissant! (j’vous fais pas un dessin.) Et sauté à la flotte histoire de me rafraîchir le scrotum et toute le reste de sa région… Voilà ce qui arrive lorsqu’on se prend pour Satyre et qu’on se met a raconter des contes à Schéhérazade!
   Je viens de manger un délicieux avocat au naturel en buvant un verre d’eau minéral parce que je ne bois pas d’alcool le dimanche, il faut bien se fixer des objectifs dans la vie. Me voici donc à nouveau: calmé, repu, rafraîchis, serein et prêts à continuer.

Satyre: 1/ MYTH GR Demi-dieu champêtre, figuré avec des cornes, des oreilles pointues et des jambes de bouc. 2/ fig, fam Homme lubrique; exhibitionniste, voyeur.

Schéhérazade: Personnage des Mille et une nuits, épouse du sultan auquel elle racontait ses comtes. 

 

A propos de rien et presque tout:

Je sais ce que je suis: rien. Du coup je n’ai plus peur de rien!

Je sais ce que je vaux: presque rien. Du coup je suis riche de presque tout!

 

Le portrait de A. extrait / (Henry Michaux):

   Qu’il s’agisse de l’Atlantique, on dira: l’Océan! l’« Océan! » On roulera ses yeux intérieurs.

   Cependant parut sur terre une vie chétive et près du sol, comme celle d’un rat dont à peine on a su un grignotement, et pas bien certains, et ses poils et sa fuite; et de nouveau le silence. La vie de A.; une de ces vies insignifiantes, et pourtant Océan, Océan, et qui chemine, et où va-t-il ? Et mystère son moi.

 

L’heure du thé:

   J’ai souvent tendance à écrire pendant des heures, tenez, là par exemple j’y suis depuis 6h ce matin ( Il est 15h00, on dirait pas comme ça mais c‘est du boulot.) et mis à pars mon petit bain eh! Bien je n’ai pas décollé mon cul de la carrée. J’avais un tas de note à  trier, compiler et mettre en forme. Je sais maintenant que si je m’épuise, je perd ma concentration et l’écriture devient vide, terne et inerte. Je m’astreint donc à stopper au moins à l’heure du thé quand j’arrive à faire sauter le repas de midi en famille (mais c‘est rare). Je dois m’arrêter avec encore de l’appétit et je reviens mort de faim.


Les vieux pervers:

   Il y avait aujourd’hui à midi, deux vieux pervers blancs qui mangeaient au campement. Ils n’ont pas arrêté de « brancher » Tutti pour qu’elle aille faire « la sieste » avec eux. J’étais pas là moi, j’étais au bateau… Je peux dire qu’ils ont eu de la chance ces sales enculés… Mais quand Tutti vous le raconte c’est presque marrant:

   « Il m’ont dis que j’étais jolie, j’ai dis oui, ça je le sais parce que je suis très jolie même, c’est normal, et après quand je suis revenu pour donner le dessert  ils m’ont demandé de venir faire la sieste avec eux dans les chambres, la bas, j’ai dis moi je suis une fille bien, tu vois, je suis une fille normale, je vie au village, je suis pas une fille du cap, ici les toubabs ils croient que toutes les filles sénégalaises elles sont des putes. ». Bravo Tutti!

 

par Ronan Berrehouc
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Mardi 11 décembre 2007

   A Westwood, Chien Brun reconnut un nuage qu’il avait vu maintes années auparavant, à plus de trois mille kilomètres vers l’est, près de Fayette, sur la Big Bay De Noc. De toute évidence, ce nuage était le même, on ne pouvait s’y tromper. Le seul problème, c’était de savoir quel itinéraire il avait suivi jusqu’à la Californie et, plus précisément, jusqu’à Westwood.

                                                                                                  Jim Harrison, « En route vers l’ouest. »

   

   Un bel oiseau bleu s’est envolé juste devant moi pendant que je musardais seul au milieu des rizières. Mais qu’est ce que je pouvais bien foutre à cet endroit? Et comment j’étais arrivé là? Je n’en sais foutre rien! En tous cas, c’était un bel oiseau bleu, comme je n’en avais encore jamais vu, un oiseau simple, avec deux sortes de bleus pour le plumer, un clair et un foncé. Il n’avait rien de commun avec celui de la chanson de Marie Myriam… Il m’a lancé un regard bleu ciel en sifflotant et puis il est parti avec un sourire bleu mitigé au coin de son bec noir, comme ça! sans laisser la moindre trace de plumes flotter dans l’air, sans me donner même l’adresse d‘un arbre. « Adieu l’oiseau bleu! » j’ai dis en le regardant partir vers l’ouest.

   Plus loin, j’ai vu des femmes qui protégeaient leurs rizières, elles criaient:  « Yèkkkkkkkkkk! » et faisaient tournoyer leurs grands coupes-coupes dans l’air pour effrayer ces petits oiseaux que sont les « manges-mils » et qui par centaines tentaient de becqueter la future récolte de riz. Ce qui peut encore être sauvé ne sera pas de trop! La pluie a manqué cette année et…

   Plus loin encore, j’ai entendu le bruit que fait la lame d’un coupe-coupe qu’on aiguise en la « lustrant » contre un morceau de bois dure. J’ai l’oreille fine certains jours… et juste après un vautour s’est envolé précipitamment du palmier que je dépassais pour partir dans la direction du bruit de cette lame. Lui aussi il savait, que quelque part on allait égorger un animal et qu’il y aura forcément des tripes à bouffer! Un jour je tuerai un vautour pour lui bouffer ses tripes…

 

   Pendant une marche de quatre-vingt-sept kilomètres on a tout le temps de refaire le monde, mais c’est la marche et non la gamberge qui apaise l’esprit.

                                                  Jim Harrison, « En route vers l’ouest. » 

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Je me demande bien ce que je vais pouvoir me raconter cette semaine car mis à pars m’occuper de Coriana je n’ai pas foutu grand chose! Je l’ai vidé
de quelques souvenirs encombrants, de deux bouquets de riz et de poussières qui n’avaient plus rien à faire ici… J’ai installé ma nouvelle équipière « Ray-Marine Tiller » à bord, elle m’a coûté un peu cher mais je dormirai tranquille quand il s’agira de traverser l’atlantique. Aujourd’hui j’ai pas trop la pêche, je préfère vous le dire tout de go, faut pas m’en vouloir, y’a des jours comme ça et c’est normal, enfin, je crois… Un tas de pensées saumâtres ont reflué jusque ma sale caboche et je pourrai tout tenter pour m’en débarrasser que je n’y arriverai pas, donc, en attendant que tout cela s’édulcore, je fais le dos rond ou la planche (ça dépend de l‘heure). Ce sont en général de longues, très longues journées, avec des hauts le cœur, des yeux humides à noyer des buvards et des boulets rouges qu’on m’aurait tiré dans le bide! Ces jours là, je les connais trop bien et je payerai cher pour leurs échapper et me retrouver au 18ème Siècle sur un Brick, mêlé à des pirates du style de Robert Bartholomew ou William Kid, passer à l’abordage d’un Galion rempli d’or, de rhum et de femmes… (je peux toujours rêver non!) Ne pas faire de quartier, tuer à tour de bras en abusant de mon sabre ou en jouant du pistolet et finir par me faire tuer, servir de chair à canon puisqu’il en faut, après tout, de la chair à canon. Quelle importance? Ces jours là, de toutes façons, je ne mérite pas de rester en vie…

 

   Mais comment entamer une journée sans savoir où l’on est?

Ou bien, question peut-être encore plus importante, pourquoi l’entamer, cette journée? La réponse risque d’être longue, imprécise, embrouillée…

                                                     Jim Harrison,  « En route vers l’ouest »

 

   La nuit à été belle, je le sais parce que pour une raison qui m’était alors évidente mais que j’ai depuis, volontairement, oubliée, je suis sorti fumer une cigarette aux environs de 3h en buvant une grande tasse d’eau chaude avec deux morceaux de sucres jetés dedans. J’aime bien l’eau chaude! J’ai passé le restant de cette nuit à continué d’apprendre les constellations et le nom de leurs étoiles. Orion, avec Bételgeuse en guise d’épaule s’attaquait au taureau qui lui a Aldébaran accrochée dans ses cornes pendant que le grand chien se baladait avec Sirius autour du cou et que la planète mars caressait pour quelques temps encore les fesses d’un des jumeaux, celui qui à l’étoile Castor en guise de tête…  Tant qu’a être levé, j’essaye de ne pas trop perdre du temps de mes nuits, vous voyez? Oui, la nuit a été belle, j’en suis une fois de plus témoin.

   J’ai pas entendu le jour débarquer! Le soleil dominait déjà les palmiers quand mon aigle pêcheur est passé décrire trois petits cercles au dessus de Coriana. J’ai fais un signe de la main comme pour lui dire bonjour et puis il est parti en faire trois autres un peu plus loin. Juste en dessous, j’ai vus trois dauphins qui descendaient le bolon…

 

   J’ai acheté un téléphone portable, j’ai un peu les boules, depuis trois jours j’ai la désagréable impression de ne plus être seul et loin… De m’être offert une sorte de fil d’Ariane et qui contrairement à l’histoire de la mythologie grec m’empêchera de sortir du labyrinthe si jamais je réussissais à tuer le Minotaure! On verra bien, ça doit rassurer mes parents de me savoir joignable et je leurs dois bien ce petit sacrifice.

 

   Vous vous en foutez probablement mais j’ai également acheté une sorte de sac à main, ma pochette était bien trop petite pour y mettre mon carnet, mon stylo, mes cigarettes, mon briquet, mes lunettes de soleil, mon passeport, le répulsif anti-moustique, la lampe frontale et maintenant mon téléphone… J’apprends à (re)devenir célibataire.

Pour résumer, je reprendrai sous une autre forme la célèbre phrase d’Hampâté Bâ:  « Quand une histoire d’amour meurt, c’est tout votre sac à main qui disparaît!. » (Méditez & Rigolez!) .

 

   L’Alizé a commencé de souffler, les fins de nuits sont fraîches (20°C), j’ai sorti la couverture.

 

   Je regarde passer le temps, ça se passe en bas, à droite de l’écran:

7h34... 7h41... 8h02... 8h17... 8h29... 8h33... 8h44... 8h51... 8h54... 9h07...9h19 et ainsi de suite!

Je ne trouve pas les mots pour écrire le temps quand il passe, alors je n’écris rien, sinon ce que je lis, en bas, à droite de l’écran. De temps en temps, j’y déplace la souris et il s’affiche ceci: Dimanche 9 Décembre 2007, mais qu’est ce que ça peut bien vouloir dire: Dimanche 9 Décembre 2007 ?

 

   S’il y a des nuages dans le ciel, c’est dieu qui ce fait des pops-corns. Il les fait cuire en plein soleil, tous les dimanches après midi. Je me souviens très bien de toi, tu vomissais des fleurs fanées, tous les dimanches après midi, tu vomissais des fleurs fanées.
Demain je t’apprendrai à faire de la bicyclette par la fenêtre, on fracassera les volets bleus, on siphonnera l’essence du ciel…

                   Dionysos « je sais plus le titre » Merci Charlotte pour ce souvenir!

 

   Je suis descendu à terre prendre un café avec Tutti. Quand les clients terminent le petit déjeuner, elle a un moment de liberté et…. C’est un joli moment de liberté! Nous sommes allés nous asseoir sur le banc derrière le campement, nous sommes restés silencieux, longtemps. L’alizé chantait dans les eucalyptus et faisait danser les fleurs d’hibiscus… Je sais qu’elle attend… Je sais et je redoute ce qu’elle attend…

 IMG-4958.jpg


   Dantes (alias le comte de Monte-Cristo) est a Paris, perdu dans les mondanités et sa richesse, bon dieu quand est ce qu’il les tue ces enculés qui ont foutus son amour en l‘air…J’attends moi

 

   Ici, sur le sable, il n’y a pas de galets, aucuns, jamais, seulement des coquilles d’huîtres mais j’ai quand même essayé. Je n’ai évidemment pas réussi. C’est quasiment impossible de faire plus de deux ricochets avec des coquilles d’huîtres sauvages, elle sont trop folles. Alors, Si par hasard, quelqu’un pense à moi, je suis preneur pour une petite dizaine de galets plats, merci!

 

  Aujourd’hui j’ai besoin de me cogner la tête partout pour ne pas devenir fou. FIN

 

  18h30, j’écoute les Stooges le plus fort possible « Nowawanabiyordog!!! ». Je courre sur le pont de Coriana, et je grimpe au mât et je saute à l’eau et Je met fin à une sale journée et je suis heureux encore, enfin! Merci la jeunesse!      

par Ronan Berrehouc
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Jeudi 20 décembre 2007

ATTENTION: Vous avez 3868 mots à lire ce coup ci alors courage…

   Je ne pensais pas qu’autant de gens pouvaient s’intéresser à ce que peut bien raconter un pauv’ gosse, errant dans son propre intérieur, le cœur brisé, le souffle coupé, s’époumonant ( merci Bashung ) quelque part en Afrique! 300pages lues par jours, vous n’avez donc rien d’autres à foutre? Vous êtes tous au chôm’du ou quoi?

   Allez-hop, j’amène tous le monde en ballade avec des gens heureux (Gérard le Normand)
 

 

   Mais qu’est ce que pouvait bien foutre un petit blanc dans une pareille nuit noire?  

   Tout simplement, je m’en allais à Ziguinchor chercher la pompe à eau du campement qu’on avait laissé là-bas en réparation et acheter une énorme pastèque pour servir ce soir au  dessert des clients. J’aide comme je peux… Je m‘occupe aussi du bar,  forcément! et de la mise en place du petit déjeuner parfois. Je leurs dois bien ça non? Je suis blanchis, nourris et remis en état de fonctionnement tout en évitant la plonge…

 

   5h30mn: En voyageant sur le bolon j’ai croisé des lampes frontales qui pêchaient des petits poissons et me disaient « kassoumaye » et puis j’ai doublé des dauphins au ras de la mangrove qui chassaient eux aussi des petits poissons et ont manqué de me faire chavirer tellement qu’ils étaient emportés par leurs élans de grands prédateurs, ici, ils n’ont pas l’air d’avoir la vie facile les petits poissons!  C’est tout de même magique de rencontrer ces gros dauphins (2,5 / 3m) qui sortent de l’eau dans un vacarme fabuleux à deux mètres de vous tandis que vous, vous êtes dans le noir, sur une coquille de noisette instable posée sur l‘eau de justesse. Je dis « vous » mais c’était moi et pas vous bien sûr! Vous vous auriez eu peur, pas moi! ( J’en vois certains qui pensent: prétentieux )

 



undefined                                                                        Dessin: Maxime
                                                                                 
  
Une grosse étoile filante a failli percuter Vénus pendant que je levais la tête pour boire une bonne lampée de nescafé tiède que j‘avai
undefineds embarqué dans une grande tasse. Trois minutes plus tard une autre est venu emboutir le bouclier d’Orion tandis que j’avalais ma ration matinale de biscuits BABA.


Un vaisseau d’attaque a finalement traversé le ciel pour calmer ce grand défilé d’étoiles, nous ne sommes pas passés très loin de l’apocalypse je crois, pourtant je suis resté calme, totalement indifférent même! Ça voulait dire que quand on n’aime plus personne on peut mourir quand on veut sans avoir peur…C’est une pensée plutôt cool et positive.

 

  Cette fois il faisait vraiment nuit noire quand j’ai débarqué à Diakène, quelques femmes balayaient mollement devant leur case et s’arrêtaient juste après que j’avais passé, sans doute pour se demander qu’est ce que pouvait bien foutre un petit blanc dans une pareille nuit noire?  je suis passé devant la case de Tutti, elle devait se rendre à l’hopital d’Oussouye pour faire des analyses, les dernières, à cause d’une vieille et odieuse tuberculose qui l’avait attaqué et qu’on lui soignait depuis huit mois… L’autre jour j’ai rigolé et me suis un peu foutu de sa gueule quand elle m’a dis:  « Jé né sais pas courir. » maintenant, je comprenais pourquoi elle m’avait dis ça et je rigolais plus du tout. Elle n’était pas encore réveillée, j’ai fait la rencontre de sa sœur qui voulait absolument me faire manger de la bouillie de mil mélangé avec du lait et du sucre, le « fondé » , mais là, non, franchement, après mon nescafé ça l’aurait pas fait. J’ai préféré allumer une clope sur la braise en aspirant qu’aux cendres (Miossec!) et puis continuer à promener mes tongues dans le sable et l’obscurité. Aliou, que je surnome « Because » depuis qu’il a « speaking » l’anglais avec des gambiens! m’a rattraper sur sa mobylette « Ciao », il s’en allait lui aussi, mais à Katakalousse acheter du poisson pour les clients du midi. J’ai sauté sur le bi-cul et on a fait les fous  pendant un bout de sentier. J’étais joyeux, fort et beau, comme un demi dieu qui vient de renaître! J’adore ce genre de petite gaieté matinale, ces réveils en formes de tape-cul, ça vous laisse de la bonne humeur à revendre pour toute une journée. Vu la suite, il allait m’en falloir! Le soleil lui a choisi un autre moment pour se réveiller, un peu plus tard. Il s’est pointé sur le terrain de foot bien avant les joueurs, juste devant les buts, y’avait une belle photo à faire si j’eusse été deux, « un joli shoot dans le soleil, PAF! Le soleil logé dans la lucarne droite, Goooooooooal!!!» mais je suis seul et je rate toujours la dernière passe à mon coéquipier, enfin presque, si vous voyez ce que j‘veux dire…

 

   A « garage-Diakène », j’ai presque pas eu à attendre un car-rapide, je suis monté direct! (comme ils disent ici) Celui là était un modèle du genre Mercedes, décoré avec des tissus bleus, très sales et pâles comme la mort, avec des sortes de dentelles décousus dans le bas. La radio poussait de longues litanies aux relents religieux exhortant les passagers à… s’endormir éternellement. Dans le haut du pare-brise se balançaient des pendentifs à trois sous et ultra kitsch aux effigies des plus grand marabouts et une photographie d’El Hadji Diouf (Le grand footballeur sénégalais) était scotchée avec des chewing-gum au plafond. Comme art&déco j’avais vu mieux car si on enlevait la photo d’El Hadji Diouf, ça ressemblait à un cercueil, ou à une fosse commune motorisée un peu améliorée. Une question de goût ou d’appréhension peut-être?

 

 

 

   J’ai débarqué à Ziguinchor à huit heure pétante, comme un bon toubab qui doit pointer à l‘usine, à l’atelier de réparation ils m ’ont dis que la pompe, elle, ne serait pas prête avant midi. Attendre des heures sur place c’est un savoir-faire typiquement africain alors je suis parti à pieds jusqu’au marché Bouckott, à la recherche de ma pastèque. Devant une boutique TV/HiFi et tralala, j’ai entendu un toubab gueuler, ils aiment ça les toubabs, gueuler dans l’oreille libre ou égarée d’un pauvre africain qui n’en a que faire des « malheurs » du blanc, les fraîchement arrivés surtout, ça leur donne une impression de puissance (colossale) coloniale: «  Pourquoi il me dit dix minutes si c’est trente minutes? Il n’avait qu’a me dire trente minutes et puis c’est tout bordel… » j’ai rigolé, en trois ans j’avais quand même fait des progrès énormes question patience et impuissance coloniale… Dans une ruelle perdue, piteuse et toute triste parce qu‘elle n‘avait pas d‘enfants pour jouer au foot avec elle, je suis rentré dans une menuiserie spécialisée dans la fabrication de cercueils, une adresse parmis tant d’autres, je cherchais un morceau de bois pour finaliser l’installation de ma nouvelle équipière (la pulpeuse Ray-Marine Tiller, ma nouvelle équipière!). Ce sont quand même de drôles de boites en bois ces machins là, « Décidément! c’est le jour des cercueils. » j’ai pensé sans trop me poser de questions. Un peu plus loin, dans une quincaillerie amorphe, j’ai craqué pour un joli balai brosse chinois à 2500 FCFA. J’ai continué à marcher en attendant que pourrisse le rythme de l’horloge, ma petite sœur, elle, à l’autre bout du monde a choisi ce moment pour m’appeler, c’était pendant que je promenais mon joli balai brosse chinois du coté du fleuve, mémé était morte. Bizarrement, c’était la vie! J’ai serré fort le balai brosse en regardant le ciel, elle en connaissait un rayon ma mémé en balai brosse, elle avait commencé jeune comme bonne à tout faire et ce matin alzheimer a fini de balayer tous ses souvenirs. Un jour, elle m’a raconté une drôle d’histoire, je ne me souviens plus des circonstances qui avaient amené à cette situation mais un homme avait parié qu’il était capable d’avaler une livre de beurre, pas du beurre d’aujourd’hui, allégé et pasteurisé tout ça, non, du beurre d’autrefois, la motte, celle de la ferme… et il l’a fait! Sauf que, un peu après il a tout vomi et là c’est  mémé qui a passé l’éponge et le balai, moi je l’aurai jeté, à sa gueule, l‘éponge. Une question d’époque? Bref, mémé était morte et moi j’ai regardé le ciel en serrant fort mon joli balai brosse chinois tout neuf. Ça faisait un cercueil de plus à fabriquer, c’est un bon job croque-mort / fabriquant de cercueil, parce que ça n’arrête jamais de mourir les gens. Un vieux fabriquant de cercueil doit sûrement être riche… Ce soir j’allumerai  une étoile pour mémé ( Ça commence à en faire!), c’est moins chère, ça dure plus longtemps et c’est bien plus joli qu‘un cierge entrain de s’immoler connement à l’intérieur d’une église froide et austère. Bon, qu’est ce que je vous embête avec ma mémé moi?

 

  Je reviens d’avoir sauté à l’eau, d’écrire sur mémé, ça a fait couler quelques larmes que je ne voulais pas laisser sécher sur Coriana, je préférais les voir flotter et partir dans le fleuve avec toutes les autres que j’y avais déjà laissé choire depuis mon retour, elles s‘ennuieront moins. Allez, Repose toi bien mémé, parce que quand je viendrais te rejoindre on aura toute l‘éternité pour aller donner à manger aux poules, on retrouvera une allée de Kerlien, on s’amusera bien, tu verras et puis on ira promener avec pépé dans le ciel, au chaud, près du soleil ou à Plomarch‘… Bien, maintenant revenons à ma pompe! Elle n’était bien évidemment pas prête à midi alors j’ai attendu devant l’atelier, comme seul un africain sait le faire mais moins longtemps, les yeux fermés assis sur un petit banc de bois en pensant à mémé qui était morte ce matin même. Quand ils ont enfin fini de la réparé la pompe, j’ai cru au miracle, peut-être à Dieu qui sait? et j’ai même pensé à leur demander s’ils pourraient pas en faire un deuxième, de miracle, tant qu’a y être, dans la foulée et puis non. J’avais plus le temps et peut-être au fond, pas vraiment envie. J’ai sauté dans un taxi pour revenir à Diakène. Un vieux m’a donné une noix de cola à mastiquer tranquillement sur la route. Pendant ce temps, à Egueye, des clients attendaient certainement pour prendre une douche sans rien comprendre de l‘afrique. Ils s’en foutaient complètement, eux, du miracle de la pompe, de celui que j’aurai bien demandé mais que j’étais pas sûr et de ma mémé morte ce matin même…

 

   Arrivé à « garage-Diakène » j’ai attendu un taxi avec qui j’avais normalement un rendez-vous, je devais récupérer les courses que nous avions laissé hier soir avec El Hadji, sur le bord de la route.  En attendant, j’ai acheté quatre bananes à une femme qui étaient assise là pour vendre des bananes… et mangé trois, la quatrième je l’ai donné à une petite fille qui elle attendait un taxi avec sa maman et peut-être une banane. J‘ai partagé les noix de cajous qui traînaient dans mon sac avec tout le petit monde attendant. Le taxi avec lequel j’avais rendez-vous a fait fausse route alors c’est un autre qui est arrivé. Nous avons chargé les affaires et roulé peinard jusqu’à l’embarcadère. La pirogue est venue me chercher. Avec El Hadji nous avons rebranché la pompe, tranquillement, proprement, à l‘africaine mais en mieux. Les clients attendaient, serviettes, savons et montre en mains.

 

   Le soir, le campement étaient complet! Vingt trois personnes, un groupe UCPA toujours très sage et sympathique et des élèves du lycée Jean Mermoz de Dakar. Ils n’avaient pas encore appris grand chose de la vie ceux là mais je préfère pas trop en dire, ils étaient tous filles ou fils de ministres, de députés, d’artistes ou autres familles riches, « prout-prout-cul-cul » et donc cela pourrait chauffer pour le miens, mon cul! J’ai épluché les patates et coupé des frites en buvant une bière parce que ils en avaient raz le bol de riz les jeunes, faut les comprendre, parce que dans les années soixante dix à l‘école st Philomène de Douarnenez, on n’arrêtait pas de se priver, moi et bien d’autres, à la cantine pour envoyer des bols et des bols de riz en Afrique « Opération bol de riz. » qu‘on appelait ça… Alors forcément aujourd’hui ils en on plein le cul du riz les bourges!!! 

 

   Tutti est venu dormir à bord de Coriana parce qu’il n’y avait plus de chambres libres. Nous avons dormi ensemble, je veux dire sous le même drap. Dans la petite obscurité elle m’a demandé: « à quoi ti penses? ». C’est une question typiquement féminine et systématique lorsqu’une fille surprend un garçon allongé sur le dos, les mains glissées derrière la tête et les yeux ouverts en direction du plafond ( et encore, moi là, j‘avais même pas la clope au bec…). J’ai répondu d’une manière typiquement masculine, ma réponse systématique: « A rien. », facile, oui, un mensonge, forcément… Après un long moment de silence pour elle et d’immobilisme pour moi,  elle m’a dis qu’elle était « tombée » amoureuse, qu’elle n’avait jamais été comme ça, que… J’ai pas su quoi lui dire à Tutti moi, ( Pour le coup si j’avais eu une cigarette au bec, je l’aurai avalé et de travers en plus.). Merde, on ne m’avait jamais dis ça! Comme ça du moins… Qu’est ce qu’on est bête, nous les hommes dans ces cas là, ou peut-être il n’y a que moi qui suis bête… Qu’est ce que vous en pensez vous? J’avais presque trente sept ans, j’étais là, sous le drap avec une belle et jeune fille de vingt quatre ans, maman d’une petite fille de deux ans et demi et il fallait quoi qu’il m’en coûte lui trouver des mots, trois ou quatre au moins, pour pas avoir l‘air con. Ah! Donnez moi un morceaux de papier et un stylo bille et je lui trouverai des jolies mots en moins d’une demi heure mais là il fallait improviser et… J’ai commencé en balbutiant: « Tu… Tu sais Tutti, je… Je t’aime… bien, beaucoup même, tu es une fille, euh! super… Chouette, mais tu… Tu vois la vie, enfin… l’amour plutôt, j’veux dire… Je crois que c’est fini pour moi, je n’en n’ai plus ni le cœur ni le courage,