Ils ont dit:





   A mon retour, il s’est trouvé beaucoup de gens qui n’étaient pas partis, pour me dire qu’avec un peu de fantaisie et de concentation ils voyageaient tout aussi bien sans lever le cul de leur chaise. Je les crois volontiers. Ce sont des forts. Pas moi. J’ai trop besoin de cet appoint concret qu’est le déplacement dans l’espace. Heureusement d’ailleurs que le monde s’étend pour les faibles et les supporte, et quand le monde, comme certains soirs sur la route de Macédoine, c’est la lune à main gauche, les flots argentés de la Morava à main droite, et la perspective d’aller chercher derrière l’horizon un village où vivre les trois prochaines semaine, je suis bien aise de ne pouvoir m’en passer. [ L’usage du monde, N. Bouvier]
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   J’avais une maison au bord de la mer. Mais pour aller à la plage il fallait passer devant un bar. Je n’ai jamais vu la mer. [ J. Best, Grand footbaleur de Manchester United]

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_Finalement, ce tésor, on l’a vu ou pas ?

_Nous avons voulu le voir même s’il n’y était pas… Mais le trésor existe sûrement, caché par des démons taquins et il reste introuvable parmi les labyrinthes de nos questions et de nos réponses…  [ Corto Maltese & Raspoutine, La maison dorée de Samarkand]

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Jeudi 27 décembre 2007

undefined  C'est juste pour la R12! 

 

   Je suis à Cachouane depuis le 24 Décembre. Une petite navigation joyeuse, presque entièrement sous voiles (génois seul) ma délicatement déposée ici pour la fête de noël. Avec Coriana, qui est toute mignone maintenant nous avons fait du bon petit bateau en nous amusant avec le vent faible et en nous moquant du courant favorable quon distançait (Hi! Hi! Hi!). Les oiseaux, eux aussi, étaient gaies, cest le moins que je puisse dire et se sont bien amusés en notre compagnie. Partout autour de nous ça sentait bon, un mélange saugrenu de senteurs dallégresse au caramels moues, de dessins feutrés denfants sauvages et de deux sexes opposés, excités et frivoles qui se seraient rencontrés la nuit dernière sur le bord dune route déserte et qui au matin seraient à la recherche dun petit nid damour douillet Oui! Tout cela réuni sentait bien bon mes amis. La joie de vivre du bolon se reflétait dans nos yeux à tous, dans les miens on pouvait lire en majuscule le mot: « BEAT ». Jétais Moogli au meilleur de sa forme quand il chante à tue-tête avec tous les animaux de la Jungle. Jaurai fait mourir de rire un crocodile! Nous avons voyagé et dansé tous ensemble en écoutant Tanger résonner dans la mangrove: « Girl! You gave me so much love, one million lights above, Ill never forget you ». Enzo, mon vieux pilote automatique presque à la retraite et sans doute jaloux du talent de ma jeune et ravissante pilote « Raymarine Tiller » qui sera bientôt en service sest remis à marcher droit. Cest un heureux mystère qui me laisse rêveur et surtout les mains libres pour aller imposer ma tête ailleurs. Javais donc à présent tout le temps de réfléchir sur mon grand débat du jour qui allait être le suivant: Quand on admire Monfreid et Moitessier cela veut peut-être dire quon nest pas fait pour vivre à deux? Enfin! Pas tous les jours disons…

   Jai gambergé là dessus, ben! Oui, pendant deux heures et demi mais au final, quand jai mouillé lancre devant le village de Cachouane, javais pas vraiment fait avancé mon Chmilblik! parceque javais réfléchi comme un chien qui se mord la queue ou, pour mes amis de la voile qui ne comprennent pas toujours cette désillusion canine et dénué d‘embruns au goût de sel, (Là, jai une pensée denviron 25cl plutôt mousseuse, douce, légèrement ambrée et pleine damertume pour toi Pierre P) comme un marin deau saumâtre qui essaye de faire du pré serré-serré sous spi de fortune dissymétrique choqué plat et en souquant  à « donf »  (merci Helenn Mc Arthur) ses nerfs de chutes Niagaresque, le tout en marche arrière parce que cest quand même plus sympa et confortable pour le cuisinier qui prépare des algues marinées au vin blanc et qui fera ensuite la sieste sans les vomir, par force 16 dans le chenal du four et du moulin avant de rentrer à Molène tout dessus pour boire une bière fraîche chez Johnny et se remettre ainsi des émotions quil na même pas eues de toutes façon parce quil était occupé à déboucher une bouteille de muscadet récalcitrante avec un tire bouchon usé jusquà la moelle ( Jespère que tes fier de moi Pierre, tu vois, jai parfaitement tout retenus de tes cours de navau bistrot, bon on boit une autre ou quoi?)  Mais que javais préféré badiner avec les petits bonheurs ornithologiques et la chance du jour Jétais arrivé à Cachouane, cétait lobjectif et sur un voilier on ne doit jamais laisser ses objectifs disparaître sous lhorizon du sextant pour une sombre et triste histoire damour manqué sous peine de couler à pic a lapproche dun rocher-cœur trop rose et mal placé sur la carte des rencontres. Allez comprendre? Et quand même aussi, jétais très heureux davoir fait plaisir, aux oiseaux, aux pélicans surtout car ils nous avaient fait un festival de vols acrobatiques et abracadabra-scabreux, du style, mais là, il vous faudra encore beaucoup dimagination ou de Marijuana, la patrouille de Russie au petit matin, en démonstration quelquepars au dessus de Socotra, sur des vieux Mig29 revendus à la Libye et, complètement ivre à la vodka depuis la veille!( Il vaut peut-être mieux le rouler maintenant le joint, non? ). Et puis à Coriana surtout. Quant à Monfreid et Moitessier je les ai laissé, lun à Bab el Mandeb à la poursuite du Kaïpan et lautre causant avec les dauphins quelquepars dans le pacifique sud. Je les retrouverai plus tard quand jaurai une réponse En attendant qu‘est ce qu‘on fait? Bon eh! Bien moi je vais boire une bière bien méritée et retrouver à SOUNKA mes amis, Papis, Aurélie, Bamba, Jean-Baptiste, Kato, Julien, Bouli, Shériff, Tutti (une autre) et tous les autres… Et je vous laisse lire tranquille la suite, je suis en forme je crois!

 

   Jai passé la fête de Tabaski à Diakène Ouolof, El hadji à voulu me faire porter le boubou mais jai refusé. Je ne voulais pas ressembler à un touriste désintégré ou intégriste! Javais déjà fait un effort en portant mon jean presque pas sale et ma belle chemise que javais volé aux « Deschiens » quelques années auparavant, quand ils étaient pas encore connus. Tutti ma trouvé très beau. Jen étais sûr! Elle me la dit deux fois mais jai pas entendu, ( Cest plus tard, sur loreiller, que jai su quelle me lavait dis.) elle ne voulait pas le dire trop fort parce que yavait toute la famille qui baignait autour de nous, dans le sang du mouton quelle finissait déquarrire à la machette Et puis aussi un peu à cause de mon oreille qui joue très bien la sourde avec ces mots là. Tutti, au début, elle était jolie avec ses nouveaux cheveux que nous avions acheter le jour avant au Cap-Skirring et qui aujourd’hui étaient attachés sur sa tête. Elle nétait plus « crépuse »! Plus tard, quand le soleil peinant à se coucher, traînassait pensivement au dessus lhorizon, elle se glissa et fondit dans sa robe bleue d’amour et alors elle est devint délicieuse, comme peut l’être un bonbon Quality-street dans son emballage Pouahhh! Cest pas humain de faire ça à un homme comme moi! Je vous le dis à vous, mais juste à vous, alors shutttttt motus et bouche cousu, on garde ça pour nous, franchement, oui, jaurai voulu lenlacer, serrer fort sa poitrine contre ma chemise avec toute la douceur et la force de mes petits bras étriqués, mais bon, yavait encore toute la famille qui suintait là, à lombre, sous le manguier vide, en attendant le thé ou la saison des mangues, les mains luisantes à cause du gras du mouton et de la semoule à lhuile quelle venait de dévorer! Elle maurait envoyé direct voir lImam, la famille, pour me convertir et nous unir et pour la dote aussi peut-être, si javais mené jusqu’a son terme mon fervent désir.

   Un des problèmes majeurs de la Tabaski cest que cest une fête sans alcool… Et donc, pour moi, pas très folle. Heureusement, le soir avant, avec Yacine et Bernard nous avions préparé le terrain en sarrangeant propre comme il faut, au rhum, histoire de prendre de lavance et de se désaltérer le plus longtemps possible au jus de bissap en ce jour fête musulman. Mais bon! Fallait pas trop rêver

   Le soleil a fini par passer six pieds sous terre, je ne suis pas resté pour le bal du soir, jallais tout de même pas draguer ma cendrillon en linvitant à danser sur du zouk-love de dernier choix! En plus, moi, pour ne pas ressembler à un manche à ballai twistant avec des chaussettes noir et sales ou des vieux chats sauvages dans une cour décole de filles il me faut au minimum quatre bières… Et encore? Tutti, du coup était très déçue, elle à jeté ses beaux escarpins dorés et pointus loin dans la brousse. Elle nest pas allée danser non plus. J’ai pas vu son carrosse arriver! Elle pourtant, avec deux jus de bissap elle aurai danser toute la sainte-nuit.

   Plus tard, de retour au campement et après trois bières, je men suis voulu Sans me mordre les doigts, je lui est envoyé un texto, pour moi cest à la mode, un truc du genre: « Jaurai du venir danser avec toi, tu étais très belle, ta robe, tes cheveux, toi toute simplement bonne soirée, je tembrasse ».

 

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   Nous avons fêté mon anniversaire, cétait le 23 Décembre, je ne vous le rappelle pas, surtout pour ceux qui avaient oublié…(Yveline, papa, maman, Valou, Merci) Yacine me la rappeler au petit déjeuner, moi aussi javais oublié, je pensais plus à Coriana que jallais échoué sur la plage pour gratter son beau ventre et enlever tous ces coquillages intempestifs qui sy étaient accrochés.

   Le soir, jai reçu mes cadeaux danniversaire, trois T-shirts dont deux débardeurs, une bouteille de St Sernin rouge et deux grandes bouteilles de soda orange. Jai offert une tournée de cocas et de fantas aux musulmans et de rouges et de bières à Yacine et Bernard. Jai gardé au frais une bonne bouteille de blanc que javais acheté au Cap-Skirring. Jai cuisiné, si cest vrai! Des crêpes aux sucres avec Tutti pour quelle apprenne. On sest tous régalés. Ça sest fait sans bougies mais sous une lune montante au meilleure de sa forme, gracieuse et légère, comme un escarpin célibataire qui danserait « dangeumoureusement » sur la piste noire du ciel pour séduire sa folle étoile Léquipe du campement a repris la pirogue pour rentrer à Diakène. Yacine, Bernard et moi on ne sest plus trop soucier des pas de danses et des histoires de cul de la lune avec Bételgeuse (létoile), en moins de deux, on a descendu la bouteille de blanc, à trois. Un « entre deux mers » que javais choisi pour son nom parce que je trouvais que ça allait bien avec ma drôle de vie du moment et puis parceque il était plus cher et donc certainement meilleur que les autres. Yacine à voulu partir sur un canoë pour aller couper des huîtres, qui iraient bien avec l‘entre deux mers, dans les palétuviers mais Bernard en avait déjà mis de coté pour les clients de demain. Pour se finir on a envoyé le « grand-fond » de rhum Par le fond. Jai pas tous les jours trente sept ans, putain! Tutti nous à assisté avec le soda à l’orange. Nous, nous nassisterions plus rien ni personne pour le restant de la soirée. Débauche dénergie, comme une ébauche de « ne plus savoir vivre », pour continuer à vivre injustement! La station de radio Guinéau-Bisséenne consumait des faux-tubes brésiliens quon se ramassait à la pelle une fois quils étaient réduit en cendres, en général ça prenait à peine trois minutes. Même un cierge ça brûle plus longtemps! Le poste, lui, grésillait, à deux doigts du court-circuit, comme pour nous aider à mieux comprendre que cétaient de vieux morceaux de tubes qu’il nous refilait et que ça venait de très loin. Du coup, je suis parti là bas, au Brésil, danser avec Tutti, nous étions les meilleurs danseurs de toute la planète musicale brésilienne, surtout sur les faux-tubes importés de Guinée-Bissau, là on étaient carrément les meilleurs de tout lunivers. Cétait vraiment chouette de me laisser à penser que jétais pas quun minable petit étron perdu dans le trou du cul de lAfrique. Nous jouions aux acrobates avec la samba, revisitions les petits pas de la salsa, batucadassions à merveille sur une piste de sable chaud et fin, yavait Valou et Lizou et Dom qui étaient là ( Ils batucadaient! ) avec des footballeurs virtuoses et des volleyeuses multicolorées en bikinis-string partout autour de nous. Pelé et Socrates étaient là aussi, à nous regarder danser et à applaudir. Au bout dun moment, jai quand même trouvé tout ça bizarre, cette notoriété soudaine j’ai voulu partir, trop de monde autour de nous, trop dhommes surtout, « et les hommes je les connais, ce sont tous des chasseurs-nés, il  en arrive vite un beaucoup plus doué. » SUPERFLU ( La femme qui cache la forêt. ). Nous avons fini par nous ensabler J’ai sorti les plaques de désensablage. « Allez-viens Tutti, on rentre. » jai dis et puis on s’est tiré du Brésil. Jétais fatigué davoir gratté Coriana, je voulais dormir en Afrique ou bien Tutti est montée à bord, sixième nuit, pourtant ce soir sa chambre était libérée. Cest moi, ce vieux salaud! qui lui ai proposé et elle na pas refusé Maintenant, çest une autre histoire. Javais trente sept putains dannées de mes couilles et pas envie de grandir, vous comprenez? Une envie furieuse de « faire lamour » (Je suis un homme, je suis un homme, quoi de plus naturel en somme Michel Polnareff ) et des regrets à ne plus faire valoir devant personne. De lébène à façonner et des vieux démons à chasser! Un cadeau danniversaire à honorer (si vous aimez la formule! Elle est de Cizia Zïke.) Je vous laisse juger, parce quen fait, je ne sais même pas moi sil sest réellement passé quelque chose. Euh! Dites moi, le printemps, euh! Cest pour bientôt?

 

   Il  ne vous reste pas une goutte de rhum par hasard? Hips!

 

   Jai quitté Egueye le matin même. Avec une bonne tête mais un petit marteau dedans. Jai fait une bise à Tutti, serré la main dEl Hadji et dAbdou. Yacine a largué lavant, amarrée au cocotier pendant quAliou, monté à bord, relevait lancre arrière. Pas forcément facile de partir avec ce fort courant travers. Jétais à la manœuvre, au four, au moulin, à louest et dans mes étoiles aussi un peu Javais prévenu à Cachouane de mon arrivée. Cétait noël et on m’attendait. La soirée fût belle et calme, sans histoires de papa noël, de chaussons dans la cheminée et de sapins décorés avec des boules et des guirlandes, mais avec du poissons, du riz et quelques verres de punch « Auréliesque ». On na pas vraiment pensé au petit Jésus qui était né.

  

   Cest au petit matin que la catastrophe est arrivée, jétais entrain décrire quand vers 6h30, le transformateur que je branche sur la prise allume cigare de Coriana et qui alimente lordinateur a cramé. Ça sent pas bon lélectronique quand ça crame. Oui! parfaitement, cest une catastrophe. Comment je vais écrire maintenant? Pour moi, ici, cest vital. Alors vite, un texto à Aurélie: « Putain je viens de cramer le transfo de lordi. Peux plus écrire. Ya 1 boutique Accastillage Diffusion face au 36 quai A. le Gallo Boulogne (entre pt st Cloud / pt de sèvres) référence du machin: N38273 joyeux noël, merci, biz). Je suis descendu à terre, dégoûté, meurtri, paralysé. Je suis resté assis, prostré, des heures durant, à me demander comment jallais pouvoir survivre Cétait la pire chose qui pouvait marriver, jai pensé à vous Merde! Pas darticle cette semaine. Jai pensé à vwind qui tournerait en rond quelquepars en France devant un ordinateur à se dire mais quest-ce quil fou putain le con, il a perdu son inspiration ou quoi? Je me suis vautré sur la natte du campement, jai donné des coups de poings rageur dans le sable en serrant fort les dents, un peu comme Joe Dalton dans Lucky Lucke. Jai cherché une solution. Je me suis tourné dans un sens et retourné dans lautre, ça c’était pas une solution, pendant que des mots dans ma tête affluaient. Des histoires se racontaient toutes seules avec de drôles didées farfelues et belles, prêtes à coucher gratos avec un encrivore! Dans la panique et avec le désarroi du à cette situation de catastrophe pas très naturelle, javais abandonné mon carnet bleu à bord de Coriana. Fichtre! Cest impossible décrire ailleurs que dans ce carnet bleu. Un bout de papier même vierge, même innocent, ne me suffit pas, je ne peux pas, cest tout, cest ainsi, pas de mots ailleurs que dans mon carnet bleu. Tous y seraient déchirés, perdus davance, et se retrouveraient assis à jamais devant le comptoir des mots ivres avec tous ceux que jai laissé baigner dans leur cuite par manque de courage ou pour ne pas accepter mes erreurs. Ah! Mais mon sobre carnet bleu, lui, il était loin, là bas, sur le fleuve, à milles mots doux de penser à tout ça. Déjà des idées s’envolaient, séchappaient par les trous de ma mémoire inerte qui était pour lheure comme une piètre chasseuse de lucioles africaines, à essayer de les rattraper au vol pour les glisser dans la boite à souvenirs avant quelles ne regagnent le néant dou elles étaient venues.

   Je suis allé à Sagnia counda, la maison des parents de Papis, essayé doublier. Tous les catholiques étaient réunis là bas pour manger le cochon et boire le vin de palme Je me suis assis sur un petit banc où étaient  réunis tous les invétérés buveurs, évidemment que Jean Baptiste y était, avec son pote Pierre Antoine, vous savez les deux vieux héros dun passage précédent et puis aussi Pierre, un ami récolteur de vin de palme avec Ferdinand encore un autre récolteur. Jai plongé le oukobott dans lauge et vlan! Dans le gosier Jai senti passer le nectar Jai regardé mes deux vieux, ils étaient installés dans de confortables transats sous des posters « ONZE magazine » de Zidane (Real Madrid), Del Pierro (Juventus de Turin) et Mickaël Essien (Lyon). Jai offert une clope à tout le monde. Jean Baptiste était torse nu, et soutenait Jésus-christ « mal en-pointé » sur sa croix au milieu des poils blancs et clairsemés de sa poitrine. Pierre Antoine portait une chemise vert-sombre de très grande classe et sont éternelle bonnet gris à rayures orange. Tous les deux s’étaient collés le même sourire aux lèvres et je mamusais bien en regardant leur chicots qui selon moi devaient batailler ferme pour rester accrocher à leurs gencives. Soudain, jai eu une pensée pour ce Dieu qui nexiste pas bien évidemment! Jai eu une pensée pour cette vie de merde que des connards nous promettent pour après la mort, jai eu une pensée pour mon carnet bleu resté sur le fleuve, pour mon transfo cramé, pour ces mots qui continuaient de se saouler la gueule au comptoir à cause de moi, pour ma grand-mère qui ne connaîtra jamais ni J. Baptiste, ni P. Antoine, pour Katell aussi évidemment, pour Tutti que jai abandonné à Egueye hier matin et qui me manque un peu, pour Aurélie qui allait arrivée bientôt et que j‘avais hâte de revoir, pour mon pote Kim que jai perdu cet été et pour la mort qui arriverait tôt ou tard Mes yeux sont partis en sucettes, rouges autour et noirs dedans, jusquau fond, tel un abîme, l‘enfer plus simplement Jai continué de menvoyer du vin de palme, en tachant de ne pas perdre une goutte de toutes ces pensées. Après tout! Cétait un moment magique dêtre assis là avec ces vieux dun autre age et dun autre monde, nous étions on peut le dire « en piste ». Des mots grisés glissaient sous mon crane, des phrases saouls et euphoriques se mettaient à danser dans le vent avec les grandes palmes des palmiers que je devinais, en double, au loin. A force de regarder ces deux vieux potes qui nen finissaient pas de sourire, jai vu comme un espoir, unique, ultime, je me suis dis, comme ça: « Tu vois Ron, Dieu nexiste pas, OK on est daccord mais si le paradis nexiste pas, eh! Bien ces deux vieux là, ils vont limaginer et le créer, après leur mort, quand ils auront tout le temps d‘y penser, parce quils ont envie de continuer… et toi mon  p’tit Roro quand tu arriveras là haut yaura un paradis tout beau, tout propre, tout neuf Avec Jean-Baptiste et Pierre Antoine comme nouveau Dieux et des cascades de vins de palme partout. Bacchus à Rome et Dionysos à Athènes pourront fermer leurs vieux bistrot et stopper les vendanges, ils seront complètement dépassés.

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 "A l'avenir, laisse venir, laisse le vent du soir décider" (A.Bashung)

par Ronan Berrehouc
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Lundi 31 décembre 2007
   OUi!, juste pour vous dire que j'ai complètement remanié l'article précédent "Retour à Cachouane" parce que je trouvais que j'avais oublié pas mal de choses. Alors, ça vaut le coup de le relire...

Maintenant il va falloir patienter, je pars en vacance, 1 petit mois.

A bientôt...
par Ronan Berrehouc
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Jeudi 7 février 2008

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   Ce matin, j’ai commencé par me cramer les poils du nez en allumant ma première clope! J’ai hésité à en envisager des présages… Et puis merde, ici, y’avait rien à envisager du tout. J’ai continué à faire de l’aquaplanning avec mes tongues sur les trottoirs mouillés tandis que mon nez calciné lui, reniflait dans l’air frais comme s’il cherchait une bouche à incendie pour se faire pisser dessus. J’ai mis du temps à comprendre où j’étais et pourquoi. L’aéroport, le froid, et puis la navette qui fonce jusqu'à la gare et Aurélie qui s’en va et le froid encore, les courants d’air de gare surtout, la police, les militaires, les annonces sur la nouvelle loi en vigueur, Sarko et Carla, Nick Cave heureusement… J’ai descendu les rues parce que c’est en allant vers le bas qu’on trouve la mer. J’ai regardé des types se retourner sur des p’tits culs serrés et gelés et pensé qu’ils feraient mieux de marcher à reculons… J’ai reconnu le vieux port et puis la librairie maritime… Evidemment, j’ai retrouvé le bistrot, un peu plus loin, il traînait toujours sur le quai, prêt à m’accueillir, moi, les marins perdus et les chiens mouillés aussi. A cette heure-ci, j’avais peut-être une chance d’y croiser J.C Izzo ou Blaise Cendrars… Je me suis installé à la terrasse froide et humide. Vague impression d’être un rebut avec ma vieille veste de quart jaune et moisie, bien trop salée pour traîner sur un port de plaisance comme celui-ci, et puis avec mes tongues sous mes pieds nus et mon demi de bière glacé posé à côté de mon carnet bleu, sur la table devant moi. Les gens ils me regardaient avec un drôle de regard. Je n’aime pas les gens, les gens c’est les pires de toutes les façons, avec les faux amis… J’ai allumé une cigarette, en faisant attention de ne pas me cramer le pif cette fois… J’ai regardé la fumée s’étirer au réveil, s’étioler petit à petit en direction du ciel, et puis disparaître complètement je ne sais où. J’ai pensé au mot liberté parce qu'il rimait avec fumée sans doute… Marseille, ça y est, Maintenant ça me revient, je sais pourquoi je suis là! Allez hop, au boulot mon Roro, arrête d’enculer des mouches… 

   J’ai sonné chez Mathieu&Delphine, on n’a pas perdu de temps… Pour le soir j’avais presque tout ce qui me fallait, des palans, de l’écoute, de la garcette, du sandows et deux winchs de 32 self tailing en commande… Demain on ira à bord de Quetzal (leur voilier) chercher des guides et des cartes. 

   Le soir, en remontant du vieux port, j’ai levé la tête pour croiser le regard d’une belle fille qui fûmait une clope devant un bar mais je l’ai rebaissée aussitôt pour pas avoir l’air con. Dans mon cervau ça a fait « clic », au même moment j’ai entendu « Ron, non! » Putain merde, c’était Yohanne, Yoh, la seule, l’unique, la vraie… Une étoile. 

   Maintenant je suis à Montpellier, chez Aurélie l’autre étoile, celle qui a fait chuter ma consommation de bières et de cigarettes par deux en un mois et apporté mille choses à mon p'tit cœur… Elle a des mots que je n'ai pas su trouver! "Les choses simples ne sont pas forcément les plus faciles" ( ! )

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Aurélie,Tutti,Binta, El Hadji, Yacine dit Essamaye 
                (le tigre)



  Ici, j’attends mes winchs, une carte du SHOM et une rallonge pour le vérin de mon pilote automatique.
   Nous avons passé un joli mois de janvier ensemble, je pourrais vous le raconter mais je n’ai pas envie. J’avais pourtant bien commencé et puis hier ma clé USB a tout oublié, c’est bizarre les clés USB ! Alors faudra vous contenter des photos.

    C’est Aurélie qui m’a apporté le déclic, elle l'avait mis dans ses bagages, moi je l’attendais, trop passif toujours… Maintenant c’est décidé, je pars. Il me reste environ un mois et demi pour préparer Coriana, changer les hublots, peindre le pont, installer les nouveaux winchs et faire du « bricolage » . Je compte être prêt vers la fin mars, c’est un bon moment pour une transat vers le sud, le pot-au-noir est un peu réduit de ce côté-ci de l’atlantique et j’espère pouvoir traverser l’équateur rapidement, aux environs du 26°W pour ensuite bénéficier pleinement des alizées de Sud-est et ne pas avoir à trop batailler contre eux à l’approche de l’Amérique du sud et… Mais putain ! Qu’est ce que je vous emmerde moi avec mes conneries maritimes? Je ferais mieux de vous parler des livres et des disques que j’ai achetés :

 

Livres : 
L’homme aux lèvres de saphir, Hervé le corre, Rivages/noir
Jean Amila, Le Boucher des Hurlus, Folio policier
Last exit to Brooklyn, Hubert Selby Jr, 10/18
Waiting period, Hubert Selby Jr, 10/18
La femme aux lucioles, Jim Harrison, 10/18
Wolf, Jim Harrison, 10/18
Bahia de tous les saints, Jorge Amado, Folio
L’invention de Morel, Adolfo Bioy Casares, 10/18
La création du monde et le temps, Saint Augustin, Folio
La voie de la non-violence, Gandhi, Folio
Tao-tö king, Lao Tseu, Folio

Disques : 
Personne ne le fera pour moi, Mendelson
The Flying Club Cup, Beirut
New grids, Coming soon
The heart of saturday night, Tom Waits
Fisherman's blues, The Waterboys
Bon, je suis content de vous avoir écrit un peu, j'ai remis le bourrier en marche...

Affaire à suivre...

undefined De Ziguinchor à Dakar en taxi...
par Ronan Berrehouc
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Mardi 12 février 2008

    Montpellier, sur un muret, Aurélie a repéré un COSMOPOLITAIN, n° 407, Octobre 2007. Je me suis amusé avec lui. Lu, relu et un peu détourné, ça donne ceci : 

  Marre de souffrir, marre de l’attendre alors qu’il ne reviendra jamais, marre de vivre dans l’espoir… Hier j’ai changé de parfum, même ça, ça me reliait à lui, parce que je n’en pouvais plus de cette odeur qu’il m’avait choisie. Aujourd’hui j’ai enfilé mon manteau Paul & Joe Sister, j’ai tiré un peu sur ma jupette Manoush et attrapé mon béret et un vieux cartable, celui avec le petit chat cousu dessus. Ma mère m’a dit que la dernière fois que j’étais habillée comme ça, j’avais sept ans et je que je l’avais menacée de me faire adopter si elle m’envoyait à l’école dans cette tenue… Il y a vignt ans. A cette époque, dans la cour d’école, les garçons ils m’auraient jeté du sable…

   Dehors il faisait froid et beau, quelques petits cumulus mal pensant rigolaient niaisement entre eux là-haut. En bas, les mimosas étaient en fleur et sentaient le primtemps qui n’allait certainement pas tarder à montrer le bout de son nez. Je me suis promis d’en voler quelques branches pour parfumer ma chambre… Dans les vieux quartiers, ceux du haut, j’ai visité une petite galerie d’art, au coin de la rue Fabre et Mercier, une jeune artiste avait accroché ses trucs, un mélange de photos et de dessins, des silhouettes lunaires semblaient diriger des machines à priori inutiles avec des boitiers de télécommande aux grandes antennes qu’on pouvait au premier coup d’oeil confondre avec des cannes à pêche! J’ai pas compris le fond, - on est tous des marionettes peut-être ? - Mais dans la forme cela m’a plu, c’était très doux.

  Je commençais à me sentir à l’aise dans ma nouvelle tenue genre rentrée des classes, c’était un peu comme une nouvelle vie qui commençait, là, aujourd’hui, je reprenais tout au début, compteur remis à zéro, j’ai pensé. En sortant de la galerie, j’ai croisé un ami sur le bout du trottoir, je lui ai souri…

_Putain! Virg’, t’as fumé du Botox ou quoi ? Il m’a dit.

  J’ai fait mine de bouder et suis partie en faisant des petits sauts, comme si je jouais à la marelle avec le rebord du trottoir… et toc!

  Je me suis arrêtée à la terrasse des Fauvettes, et ai commandé un CVE, un café verre d’eau si vous préférez. Un type est venu s’asseoir à la table juste en face de moi, trente cinq/ quarante ans, plutôt mignon, dommage que son nez dépassait autant de son visage. Il avait les cheveux un peu trop gras aussi, avec une tonne de pellicule dedans… J’ai commencé par jouer l’indifférente, cinq minutes seulement, c’est le temps nécessaire pour agacer un homme, c’est des copines qui me l’ont dit… Et puis, je lui ai glissé quelques regards faussement timides, avec le coin des yeux, juste apuyés ce qu’il faut pour qu’il les sente se poser sur lui comme un doute. Il a fini par tourner la tête et jeter la moitié d’un sourire aux pigeons malades et sales sur la petite place. Les pigeons ils s’en foutaient de son demi sourire, ils continueraient à préférer la vieille dame assise sur son banc qui elle leurs jetait du pain rassi… Je n’avais rien à craindre des pigeons! Quand il a enfin ramené son regard, son demi-sourire et ses doutes, j’ai continué à jouer avec lui, comme une chatte avec une pelotte de laine sauf que moi j’allais tirer sur le fil et remonter jusqu'àux aiguilles et qu’après on irait faire du tricot ensemble… ça n’a pas loupé, il n’en pouvait plus de ne pas savoir ou les foutres ses yeux sinon sur moi, un vrai gamin. Ses mains, comme deux folles tentaient de se cacher dans ses poches ou ses cheveux et trahissaient une perte de control générale. J’ai failli me mettre à rire, je tenais mon pigeon. J’en ai profité pour me lever et quitter la terasse en regardant la vieille balancer son pain rassi. Même à cette distance j’ai senti la panique qui l’avait envahi. Je me suis discrètement retourné, juste ce qu’il faut, en faisant la moue d’une petite fille qui tout en suivant sa mère laisse derrière elle son petit amoureux d’école. J’ai entendu la chaise tomber et puis :
_ Mademoiselle, s’il vous plait, Mademoiselle, puis-je? Euh! je peux vous offrir un verre? 
_Pourquoi pas ? j’ai répondu.

   Il m’a raconté une vie en buvant sa bière, ses amours surtout pendant que je sirotais un calva, c’était à mourir… Un jour, il est parti chercher sa petite amie à la sortie de la Fac pour lui faire une surprise mais c’est lui qui a été surpris, il l’a vue entrain d’embrasser un autre mec pendant près de trois minutes à dix mètres de lui… Il avait dix-neuf ans, il était encore sous le choc et depuis n’arrivait toujours pas à faire entièrement confiance à une fille, le pauvre… Une autre fois, il s’est inscrit à un cours de badminton pour être plus près de Marie, Marie était belle, charmante et sportive d’après ses dires mais un soir après l’entrainement, elle lui a demandé sur le ton de la confidence, s’il croyait qu’elle avait ses chances avec Laurent, son partenaire de double… C’était bien ma veine de tomber sur un type pareil. J’ai joué celle qui écoutait son meilleur ami, avec un faux brin de romantisme dans le regard et un zeste de compassion suspendu au bord des lèvres, histoire de le mettre en confiance et puis j’ai posé ma main sur la sienne, celle qu’il avait oubliée sur la table après avoir écrasé sa cigarette parce que l’autre il s’acharnait à lui arracher les ongles pour la faire souffrir, comme s’il lui en voulait à sa main de ne pas savoir quoi faire pendant qu’il racontait ses vieilles histoires. J’aurais pu moi aussi lui raconter que mon mec il s’était barré avec ma meilleure amie, que je lui avais presque pardonné parce qu’on ne doit pas rester avec quelqu’un qu’on aime plus mais que ma meilleure amie elle, je continnuais à avoir des envies de la tuer et plus encore… Je le comprenais à moitié finalement! Mais bon les amis, les amours, les emmerdes c’était pour Aznavour…images3.jpg

  Moi j’avais la chanson de Polnareff en tête, - Je voudrais simplement faire l’amour avec toi – et lui il hésitait encore entre deux baisers : celui de Jean Gabin et Michelle Morgan dans « Quai des brumes » et celui de Clark Gable avec Vivien Leigh dans « Autant en emporte le vent ». Bon Dieu, vers quelle drôle d’histoire on allait… images2.jpg


quai_des_brumes-00a17.jpg

  Si vous avez des idées pour la suite… Sinon il faudra attendre le prochain numéro de COSMO’ images1.jpg



J. Gabin & M. Morgan
 " Quai des brumes " 

                        C. Gable & V. Leigh
                " Autant en emporte le vent  "

                                                   

                                                 

Ah! oui, pour écouter:

comingsoon:  
 
www.kitchen-music.com/comingsoon_artist.html

Beirut
www.Beirutband.com

par Ronan Berrehouc publié dans : Plûme:
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Vendredi 15 février 2008
par Ronan Berrehouc publié dans : J'aime bien:
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En liberté



                                                                              BILLET  D'HUMEUR
                                                                      PAR  DES  MOTS  VOYAGEURS
                                                                  undefined
                                                              

la cambuse

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