Quoi vous dire et surtout comment vous l’écrire? Il faudrait que vous puissiez lire dans mes yeux pour
approcher quelque chose qui ressemblerai à la petite histoire d’un oiseau bleu qui a traversé l’océan… Évidemment que j’ai été heureux, évidemment que c’était beau, évidemment que… Faudra que j’y
retourne, avec Aurélie, le Pacifique… J’ai pas les mots encore une fois, si peu! Je pourrai vous raconter les nuits toutes douces allongé sous mes étoiles et les longues causeries sur l’absurdité
terrienne et la connerie humaine que nous avons eues ensemble, la longue houle qui berce votre imagination jusqu’à son épuisement total, disons au moins jusqu’au cappuccino de 3heure… L’alizée du
Nord-Est qui nous a si délicatement déposé à l’équateur. Je pourrai vous raconter aussi comment la croix du sud bascule tendrement de bâbord sur tribord, le spectacle des lumières sous les grains
de l‘équateur, ceux qui vous apportent du vent et qui vous propulsent à 7,5noeuds en moins de deux minutes en vous laissant pantelant et dandinant, à bout de souffle moins de trente seconde plus
tard et ceux qui vous apporte juste une bonne douche et le plein d‘eau! Je pourrai vous raconter la chaleur, la sueur, la moiteur… le bleu, le bleu
partout...
Ah! si, une image, une seule, c’est ce deuxième grains par 4° 30’ N qui nous propulse à toute bringue vers l’équateur, je barre avec cette drôle d’impression de faire du surplace, la pluie efface tout, le sillage n‘existe plus, étouffé par le déluge… Coriana ne laisse aucune trace à la surface de l’océan. Un paysage désert, lunaire, fantomatique, comme un autre monde en parallèle de celui ci, on s’attend à tout moment à voir débarquer le Hollandais volant ou le Black pearl! Je demande sans cesse à Yacine « quelle vitesse? » parce qu‘on a tout fermé, on va vite, 7noeuds, 8noeuds et rien, derrière nous rien, juste la pluie qui fige tout! Et puis une deuxième celle ou dans mon demi-sommeil un bruit sourd me réveille tout à fait, Yacine m’appelle: « Ronan y’a plus de vent » qu’il me dit en regardant vers le sud-est, comme s’il cherchait le prochain souffle à venir, tandis que derrière lui la grand voile fasseye, tombée à mi hauteur du mât, poulie de drisse en tête de mât cassé net… Il n’avait rien vu, intérieurement ça ma fait rire. J’ai du monter à la hauteur des deuxièmes barres de flèche en pleine nuit pour décoincer la poulie qui en tombant s’y était coincée et ensuite installer la balancine comme drisse en attendant le jour et le remplacement de la poulie en tête de mât. Pour le reste on a fait du bon bateau, Coriana était à la fête et la bonne humeur ne nous à pas quittée, sauf peut-être dans la pétole que je ne supporte pas parce qu’elle faisait mal à mon bateau… Vraiment, je ne peux pas vous raconter… Désolé.















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