Ils ont dit:





   A mon retour, il s’est trouvé beaucoup de gens qui n’étaient pas partis, pour me dire qu’avec un peu de fantaisie et de concentation ils voyageaient tout aussi bien sans lever le cul de leur chaise. Je les crois volontiers. Ce sont des forts. Pas moi. J’ai trop besoin de cet appoint concret qu’est le déplacement dans l’espace. Heureusement d’ailleurs que le monde s’étend pour les faibles et les supporte, et quand le monde, comme certains soirs sur la route de Macédoine, c’est la lune à main gauche, les flots argentés de la Morava à main droite, et la perspective d’aller chercher derrière l’horizon un village où vivre les trois prochaines semaine, je suis bien aise de ne pouvoir m’en passer. [ L’usage du monde, N. Bouvier]
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   J’avais une maison au bord de la mer. Mais pour aller à la plage il fallait passer devant un bar. Je n’ai jamais vu la mer. [ J. Best, Grand footbaleur de Manchester United]

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_Finalement, ce tésor, on l’a vu ou pas ?

_Nous avons voulu le voir même s’il n’y était pas… Mais le trésor existe sûrement, caché par des démons taquins et il reste introuvable parmi les labyrinthes de nos questions et de nos réponses…  [ Corto Maltese & Raspoutine, La maison dorée de Samarkand]

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Mercredi 7 mai 2008

 



   Quoi vous dire et surtout comment vous l’écrire? Il faudrait que vous puissiez lire dans mes yeux pour approcher quelque chose qui ressemblerai à la petite histoire d’un oiseau bleu qui a traversé l’océan… Évidemment que j’ai été heureux, évidemment que c’était beau, évidemment que… Faudra que j’y retourne, avec Aurélie, le Pacifique… J’ai pas les mots encore une fois, si peu! Je pourrai vous raconter les nuits toutes douces allongé sous mes étoiles et les longues causeries sur l’absurdité terrienne et la connerie humaine que nous avons eues ensemble, la longue houle qui berce votre imagination jusqu’à son épuisement total, disons au moins jusqu’au cappuccino de 3heure… L’alizée du Nord-Est qui nous a si délicatement déposé à l’équateur. Je pourrai vous raconter aussi comment la croix du sud bascule tendrement de bâbord sur tribord, le spectacle des lumières sous les grains de l‘équateur, ceux qui vous apportent du vent et qui vous propulsent à 7,5noeuds en moins de deux minutes en vous laissant pantelant et dandinant, à bout de souffle moins de trente seconde plus tard et ceux qui vous apporte juste une bonne douche et le plein d‘eau! Je pourrai vous raconter la chaleur, la sueur, la moiteur… le bleu, le bleu partout...                                                 

   Ah! si, une image, une seule, c’est ce deuxième grains par 4° 30’ N qui nous propulse à toute bringue vers l’équateur, je barre avec cette drôle d’impression de faire du surplace, la pluie efface tout, le sillage n‘existe plus, étouffé par le déluge… Coriana ne laisse aucune trace à la surface de l’océan. Un paysage désert, lunaire, fantomatique, comme un autre monde en parallèle de celui ci, on s’attend à tout moment à voir débarquer le Hollandais volant ou le Black pearl! Je demande sans cesse à Yacine « quelle vitesse? » parce qu‘on a tout fermé, on va vite, 7noeuds, 8noeuds et rien, derrière nous rien, juste la pluie qui fige tout! Et puis une deuxième celle ou dans mon demi-sommeil un bruit sourd me réveille tout à fait, Yacine m’appelle: « Ronan y’a plus de vent » qu’il me dit en regardant vers le sud-est, comme s’il cherchait le prochain souffle à venir, tandis que derrière lui la grand voile fasseye, tombée à mi hauteur du mât, poulie de drisse en tête de mât cassé net… Il n’avait rien vu, intérieurement ça ma fait rire. J’ai du monter à la hauteur des deuxièmes barres de flèche en pleine nuit pour décoincer la poulie qui en tombant s’y était coincée et ensuite installer la balancine comme drisse en attendant le jour et le remplacement de la poulie en tête de mât. Pour le reste on a fait du bon bateau, Coriana était à la fête et la bonne humeur ne nous à pas quittée, sauf peut-être dans la pétole que je ne supporte pas parce qu’elle faisait mal à mon bateau… Vraiment, je ne peux pas vous raconter… Désolé.                                                                                                   

 



par Ronan Berrehouc
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Jeudi 8 mai 2008

 

De la casamance à Salvador de Bahia comme s'y vous y étiez sauf que ça bouge moins!

Mais a cause d'un gros orage ce matin il manque l'arrivée, eh oui, j'ai du tout stopper...







Bon, euh! là c'est le passage de l'equateur mais on s'est auto censuré et nous avons choisi un programme de marionette pour enfant à la place, veuillez nous excuser pour ce changement de programme...







par Ronan Berrehouc
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Lundi 12 mai 2008

Récit d’une traversée initiatique de l’océan atlantique par un parisien du port de la Bastille.

"  J'ai fait l'amour avec la mer... "

  
Dans la vie il y a des projets, des rêves, qui souvent paraissent inaccessibles pour des raisons X ou Y ou plutôt pour ma part de terroir et idiotement de moyens. Pour commencer cette petite bafouille je vous invite donc à ne jamais vous interdire de rêver, sous aucuns prétexte! La magie de la vie opérera comme ce fût le cas pour moi en ce beau soir africain de décembre 2007 où je rencontrai le capitaine Berrehouc dans l’obscurité la plus totale du bar le moins fréquenté du monde, sur l’île d’Egueye en casamance. Pour une fois, on ne commença pas la construction de notre référentiel commun par une bonne cuite. Nous avons laissé grandir notre relation tranquillement, à l’image de nos deux personnalités. Pour qu’au bout d’un mois et c’est vrai, non sans quelques bonnes cuites, nous décidions sous l’impulsion « Gamagéteuse » du captain Berrehouc de réaliser cette traversée ensemble. Je vous passe les détails mais ce n’était pas gagné pour dégager ce bien si précieux qui nous fait tant défaut de nos jours et dans notre société, à savoir : ce fameux temps (sans parler du reste car le temps c’est…) Une fois que j’ai pu prendre « mon » temps, je me retrouvais face à cette inconnue: L’aventure hauturière, sur un voilier nommé Coriana pendant environ trois semaine avec un loustic que je ne connaissais que sur terre. J’allais enfin comprendre pourquoi « Thalassa » est l’émission la plus ancienne de la boite à image.

   La première crainte lorsqu’on est novice en navigation, c’est le mal de mer. D’avoir écouté les dires des amis du capitaine, il existe une sacrée liste de problèmes pouvant vous clouer du début jusqu’à la fin de la traversée. Très fatigué les trois premiers jours par cette mer agitée, je retournai à l’air fœtale dans mon sommeil… Je m’impliquais petit à petit pour compenser mon manque d’expérience maritime à la cuisine, la plonge, le rangement, et autres petites interventions et manœuvres sous les ordres du capitaine.

   Outre la puissance de l’élément, de cette nature en perpétuelle mouvement qui clame sa force et te fait vite comprendre que tu es chez elle et juste un invité sur son terrain de jeu, outre les rencontres fabuleuses, comme celle d’une tortue rasant la coque, des oiseaux solitaires maîtrisant les vents comme moi mes pas chassés sur le parquet d’une piste de danse, les dauphins qui nous on accompagné tout au long de la traversée ces nuits de pleines lune avec leurs sauts digne des plus beaux posters de supermarchés fluorescent, outre ce phosphore qui éclabousse la mer et le ciel de mille et une paillettes et ce même ciel étoilé, transpercée par ses étoiles filantes qui viennent presque se jeter sur le pont du bateau, et bien tout ça, je vous le dit, tout ça, ne vaut pas la facilité avec laquelle le sommeil vous entraîne au pays des rêves fous, d’où émane une étrange sensualité, une émotion érotique, qui vous gratifie d’une sacrée tonicité sexuelle. Morphée s’est fait violer par Priape*, ils y ont pris goût, ne me laissant plus aucuns répit jusqu’à la fin de la traversée… La pénétration, la glisse se ressentent plus que jamais, tel un bobsleigh doté d’un mât, propulsé à toute vitesse vers le royaume d’Éros (au diable Neptune!), je pense avoir effleuré l’effet de ce fameux caisson sensorielle de jadis qui amenait ses hôtes dans des voyages transcendantaux. J’ai vraiment vécu dans cette chaleur fauve des pulsions animal, aux antipodes des douceurs suaves, des étreintes fantasmagoriques avec toutes mes conquêtes. J’en profite ici pour les saluer, ainsi que celle que je n’ai pas eu et celle que j’aurai. Je suis resté de fer dans la position suivante, face contre la bannette, ben! Je crois que j’ai fait l’amour avec la mer.

   Je regrette vivement de ne pas avoir des mots plus orgasmiques et orgiaques… ou remplies de poésie, mais mes notes prises à chaud se sont noyées quelque part dans le port de Salvador de Bahia. De plus la réciprocité d’une tranche de vie avec un poète navigateur (en la personne du capitaine Berrehouc) à qui je souhaite une grande vie d’écrivain, il en a l’envergure et bientôt le talent…  ( rire! ), complexifie un peu la donne.

  Je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce voyage initiatique, le capitaine Berrehouc, l’école mobile, l’équipe d’Egueye, mes parents, Rêverine, Dad, Laetitia & Fred, Marie-France & Claude, Mystrel, Poutou, David, Zeb, Greg, Defoulaoit family, Trans-mission, Rebonds!, Ara, La coyenerie, L’océan atlantique sans oublier la superbe Coriana…

  


  
 
  
       

 

 

 

 





bon là c'est ron, j'ai pas resisté!
par Ronan Berrehouc
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Samedi 17 mai 2008

Un petit bilan de la traversée, pour les plus « voileux »!

 

 

Nombre de jours de traversée : 19jours (pile!)                                                     

Nombre de miles en route direct : 2004

Moyenne sur la route direct : 105,5nm/24h soit 4,4 noeuds

Plus grand nombre de miles en 24h et vitesse moyenne : 135nm soit 5,6 noeuds

Plus petit nombre de miles en 24h et vitesse moyenne : 56nm soit 2,33 nœuds

Nombre d’heures moteur: env15h (30l)

 

Point négatif:

Poulie drisse de grand voile cassée (usure due à la grand voile battante dans les calmes)

Manille bout de bôme fixation palans grand voile cassée ( usure due à la grand voile battante dans les calmes) Dans les deux cas, j’aurai du vérifier après 10 jours de navigation…

Alternateur grillé ( Erreur du capitaine au démarrage, en réparation… )

Feu de tête de mât cassé (2ème jours, toujours pas regardé, nous avons utilisé une sea light à flash pour l‘arrivée à Salvador de Bahia, à la sénégalaise!)

Filetage de l’embout à clipper du pilot électrique cassé (très mauvaise conception constructeur! Filetage plastique dans inox, vibrations importantes et donc desserrage récurent )

Pilot électrique bruyant… (à devenir fou, ou s’exiler sur l’avant, ou mettre des bouchons dans les oreilles)

Compas électronique mal placé (trop haut et légèrement décalé sur tribord) d’ou travail important du pilot électrique par houle de travers

Aération dorade non étanche… (Sikaflex brûlé par le soleil de Casamance)

Le Mer/Veille m’a semblé fonctionner moins bien qu’auparavant, il sonne beaucoup plus tard, a surveiller.

 

Point positif:

Régulateur d’allure ATOMS pourtant bricolé sénégalaisement-maison (un vrai bonheur!!!)

Marche de Coriana avec foc 24m2 sur bout dehors plus trinquette 12m2 du petit largue au bon plein.

Système de double palans de Grand voile qu’on peut frapper où on veut

Nouvelles prises de ris simple et rapide

Winch self-tailling (du bonheur, sans commentaire)

 

Bouffe et eau:

On mange encore les tomates, les courgettes et les pamplemousses de Casamance… les choux et les carottes ont également bien résisté.

Manque de biscottes pour petit déjeuner (on en avait 200)

Sur les 220 l d’eau en jerricane + 81 l d’eau minérale il nous est resté environ110 l en jerricane à l’arrivée ( nous avons refait des appoints en plus des douches dans les grains, env 60l) toutes l’eau minérale à été consommé (dernière bouteille le 18ème jour)

 

Confort à bord:

Manque un vrai taud de soleil en navigation

Le ventilateur pour la sieste fut un vrai bonheur

L’humidité nous à causé quelques soucis: boutons partout sur les fesses!

 

Si c’était à refaire:

Je prendrai les mêmes (+Aurélie et un taud de soleil) et je recommencerai... Demain 

 

 

 

par Ronan Berrehouc
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Samedi 17 mai 2008

Brèves Bahianaises:

 

 

 

   C’était dimanche, le jour du seigneur et des bondieuseries en tous genre… Ils avaient tous les mains levé au ciel et chantaient, certains pleuraient en chantant… Sur une scène en plein-air y’avait des curés déguisés en blanc et rouge, à genoux autour d’un hôtel sur lequel traînait le fameux calice plein de pif, de sang du Christ pardon! J’ai traversé la place et la foule comme un dératé… ça me fait peur moi ces « bondieuseconneries ». Peux pas sentir ces choses, j’ai les foies dès qu’il y a d’l’éternité dans l’air…

 

   Dimanche après-midi, il pleut. Comme si nous n’en n’avions pas eu assez, nous regardons les films de Jean du sud et des Damiens. Allez, Yac’, on y retourne?

 

   Si vous croyez que je vais vous parler de samba, de bossa, de capoera et de jolies filles, vous vous fourrez les doigts dans le pif. Aujourd’hui j’ai tapé : rock + indie + Salvador de Bahia dans Google…

 

  Putain! On était vachement content Yac’ et moi de laisser traîner sur la table un paquet de clope vide pendant qu’on buvait notre bière sur la terrasse. Comme ça, a chaque fois qu’on essaye de nous taxer une clope: « désolé mec mais on est entrain de fumer la dernière… ». Ah!Ah! Super, avec le paquet plein caché dans le fond d’la poche. Pensez ce que vous voulez, qu’on est des salauds, des égoïstes… Bref, une fille, fine, maigre plutôt a débarqué à notre table, culotte courte et débardeur noire, faisant la mimique sans équivoque de cette fameuse cigarette qu’on s’apporte aux lèvres. Nous on lui a montré le paquet vide d’un air entendu, désolé… Alors, elle, comme ça: Hop! Elle a pris le briquet qui était posé juste à coté du paquet vide sur la table et en moins de deux il glissait jusqu’au fond de sa culotte, comme un gamin sur un toboggan... Narquoisement, elle a fait genre: Venez le chercher maintenant… On n’a pas insisté, elle s’est tirée avec l’air plein de malice et notre bricket au fond de sa culotte, celui que je venais d’acheter il y avait dix minutes… Nous, on est resté là, comme deux ronds de flan, assis devant notre bière… à méditer sur le fond d‘culottes des filles et tous ce qu‘elles pouvaient y cacher.

 

   En surfant sur le net, j’ai vu que le site d’Uniterre avait référencé mon blog, plutôt bien d’ailleurs. Pour le présenter, ils ont écris:  Il existe encore des Kerouac mâtinés de Moitessier, en voilà un! Très joli blog excessivement littéraire et personnel avec photos et un peu n’importe quoi… Et alors? De la pure POESIE! J’ai pensé que le titre de mon livre que je vais écrire quand je serai grand ça pourrait peut-être être un truc du style: Sur la longue route…

 

   Bahia, c’est la ville, immense, gigantesque, pareille à toutes les grandes villes. Je n’aime pas la ville... Les villes… Elles puent et suintent la misère, Transpirent le fric, une belle bagnole = une goutte de sueur...Trop de bruit, trop de monde, trop de pauvres, trop de riches surtout, 11 396 123 habitants, sans compter les chiens, les chats, les rats et les cafards… Tout le monde doit vivre... Trop d’alcool bien sur, trop de drogues aussi, trop de circulation… Saoulant, épuisant… D'un coup, là, j’ai pensé qu’il devrait exister des stages pour préparer les retours à la l’urbanisation!   

 

par Ronan Berrehouc
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En liberté



                                                                              BILLET  D'HUMEUR
                                                                      PAR  DES  MOTS  VOYAGEURS
                                                                  undefined
                                                              

la cambuse

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