D’étoiles, de rêves, et de sang…( c’est bien comme titre, non? On dirait un truc de
pirates.).
Avertissement n°1: Cette histoire est écrite sans trucages, tous les
personnages existent en vrai et toutes ressemblances avec la réalité n’est pas fortuite.
Avertissement n°2: Lecture uniquement réservée à ceux qui aiment lire des
histoires (presque) drôles!
Avertissement n°3: aucuns,
allez-y.
La journée a commencé au milieu de la nuit pour cause de foutus mauvais rêves. Trois,
pas moins, tous plus atroces les uns que les autres! Impossible à raconter, je ferais une crise cardiaque et ça détruirait votre journée de me savoir mort pour une histoire de rêves! De toutes
façons, j’ai jamais rêvé ou alors y’a longtemps ou bien j‘ai oublié ou ils sentaient pas bon mes rêves… Je suis sorti sur le pont de Coriana, voir si mes étoiles passaient une bonne nuit, causer
un peu avec celles qui n’étaient pas endormies, parler de choses et d’autres. Je peux tout leur dire, je les aime bien mes étoiles, elles ne me quittent pas et on a une maison avec des tas
fenêtres et presque pas de murs… J’en ai profité pour fumer une clope, boire un « sun-quick » à la mangue et manger un pamplemousse rose avec une tonne de sucre en poudre en
écoutant Jacques Brel, « la quête », en boucle, vous savez la chanson avec l‘inaccessible étoile… C’est plutôt sympa comme ambiance à 4h du matin, en tee-shirt et
caleçon de danser comme ça avec les moustiques sur J.Brel en causant d’amour qu’on égorge, avec mes étoiles. C‘est toujours mieux que de danser au Caveau avec la cervelle en
vrac, de la bière trop chère et que des murs et pas de fenêtre! J’ai pas retrouvé le sommeil, je l’ai perdu depuis longtemps, et puis y’avait de l’ambiance sur le pont de Coriana, même les
poissons autour ils se sont mis à danser. J’ai sauté à l’eau sur « Mathilde est revenue. », Youpi! Je danse avec la maman des poissons un collé-serré endiablé (non Roro, çà c‘est Boby
Lapointe et Philippe Laville pas Brel), un accès de folie! Je me suis calmé: au suivant, au suivant. J’ai continué ma nuit en lisant « Moonfleet », Attendre le jour, un passage
palpitant où le jeune John Trenchard (la jambe cassée) et Elzevir Block, pris en flagrant délit de contrebande, tentent d’échapper aux soldats de sa majesté en empruntant une piste de moutons le
long de la falaise.
A 7h½, je suis descendu à terre, Bamba était déjà là, il portait
une chemise d’infirmier que M’Baye lui avait donnée (Qui lui-même l’avait eue avec une infirmière espagnole en mission pour le Seigneur.). Il a nettoyé la grande table en bois du campement, celle
qui a une cicatrice à cause d’un vieux nœud où les enfants cachent leurs touilleurs, n‘est ce pas Marie-Jenny? Je l’ai regardé faire le Bamba, il y mettait vraiment du sien ce matin! Je lui ai
demandé s’il me préparait un petit déjeuner royal, il m’a dit que non, qu’il préparait mon opération… Ah! Bon et de quoi? « Je t’enlève le cœur, on le change ce matin même, le village a
décidé, celui-là il est pas bon Ronan », il m’a dit. « OK! Bamba », j’ai répondu. Et hop! Comme ça, il m’a enlevé le cœur, fastoche, là sur la table du campement et mis un autre à la
place, un plus noir encore, plus froid, moins sensible… Mais un qui pouvait changer si je le voulais, si je le désirais… Un cœur qui pourrait en silence accepter de prendre le cœur de la copine
du cœur de son copain où devenir rose ou bleu, tendre ou solide par exemple, que des choses on ne peut plus normales pour un cœur! Mon vieux cœur usé puait l’amour fou, il avait eu sa dose,
beurk! On a tenté de le refourguer aux cochons qui n’en ont pas voulu, aux poules qui n’en ont pas voulu non plus, moi je voulais le refiler à un vieux pote mais il en avait déjà bouffé la moitié
alors on l’a balancé dans la mangrove pour les crabes. Une heure après, on a vu tous les crabes vomir et nager sur le dos… Pour tout vous dire, là, je me suis franchement marré, j’aime pas les
crabes! Ils bouffent les amours mortes avant qu’le poisson pelle il soit arrivé…
La table d'opération...
Peu après, j’ai pris un Nescafé noir avec mon nouveau cœur, palpitations régulières, pas d’angoisse particulière, tout en douceur ce petit cœur, pas de
vomissement ni de remontée acide non plus. Nous étions bien lui et moi, il aimait le Chocoleca (nutella sénégalais) sur du pain-beurre. Il a moins aimé la Marlboro gambienne pour la fin du café
mais il m’a dit qu’il s’y ferait. Je lui ai dit que j’allais bientôt arrêter de toutes façons… On allait bien s’entendre mon nouveau cœur et moi, pas de doute.
C’est une grande journée qui commençait, nous allions rendre visite au Roi malade et à un diseur de bonne aventure (vraiment du Corto Maltese) quelquepart dans la
brousse, plus au nord. Par respect pour ce village, je ne vous donnerai pas son nom. Dans la pirogue, nous avons embarqué Jean-Baptiste, Abdou laye et Marie avec la petite Betty accrochée dans
son dos et ensuite la maman de Bamba au village d’Elinkine. Tout cela a pris deux heures… Forcément, ici c’est l’Afrique!
Marie
et Betty
Les anciens et Papis
Une heure et demi plus tard, nous débarquions près du village, marée trop basse, on avait traîné, alors maintenant on traîne les pieds dans le poto-poto, les sandales dans la main et le pantalon
relevé aux cuisses jusqu’à une digue de coquillages. Tiens! Un varan qui rentre dans la mangrove, un serpent qui descend du cocotier. Oh! Un petit chacal. Nous avons traversé le village sous un
soleil brûlant en envoyant du kassoumaye (bonjour, ça va?) à tout le monde… Et puis, tout au bout du village, le Roi était là, sous son arbre, allongé dans un
petit hamac en filet de chalut. Il avait l’air plutôt mal en point le Roi! Une grosse plaie purulente sur le front et le crâne qu’il cachait avec un vieux tee-shirt jauni. Le
Roi il avait pas eu de chance, quelqu’un avait tiré en pleine tête sur son animal totem, une biche, et PAN! Maintenant il se retrouvait avec ce truc tout pourri sur la tête. Il voulait pas aller
à l’hôpital, pensez donc? Un Roi Diola préfère bouffer les racines de la tradition que du cacheton d‘Aloum (de blanc). Le Roi, quand il parlait, il avait une petite voix d’enfant, genre il avait
avalé un ballon d’hélium, c’était émouvant. Il restait très digne mais sans fierté farfelue, comme John Wayne dans les Sept mercenaires, quand il meurt à la fin pour sauver le petit mexicain
( ça vous parle, non?), sauf que là c’était pas du cinéma américain ! Cet homme-là il souffrait vraiment et il acceptait cette souffrance, à certains moments sa tête s’effondrait, et ses yeux
glissaient vers le ciel, fallait voir... Bon, Jean-Baptiste a quand même réussi à le faire rire un peu, y’a pas Jean-Baptiste pour ça! Nous lui avons offert dix baguettes de pain (à Elinkine nous
n’avions pas trouvé d’arachides) alors, en remerciement, il nous a offert un mouton… COUIC! Égorgé le mouton, du sang, du sang, des vautours autour, du sang, du sang et Massaï le chien qui
court après les vautours autour du sang!!! Nous étions les invités du Roi! J’ai demandé à prendre une photo de lui dans son hamac, j’ai eu l’autorisation mais il n’apparaît pas sur la photo,
juste son hamac, un Diola qui plus est, un Roi, peut choisir d’apparaître ou non sur la photo. A vous d’y croire…
Le Roi...
Pendant que les femmes préparaient le repas, je suis allé voir le diseur de bonne aventure, c’était bien la première fois que je n’avais pas peur de ce
genre de truc, mon nouveau cœur peut-être? Ou plus simplement, du je m’en foutisme, crever là, maintenant! Peu m’importait après tout. On n’a que c’qu’on mérite… Mais, au fait, je méritais de
continuer, non? C’était un aveugle aux yeux globuleux et jaunâtres que ses lunettes de soleil refusaient volontairement de cacher (pour le fun?), des yeux sans rond de couleurs à l’intérieur. Il
était sans âge, assis sur son lit, entouré d’une moustiquaire bleue. Il tenait un long collier de coris dans les paumes de ses deux mains ouvertes. Il le tripotait simplement, avec ses pouces… Je
me suis assis en face de lui, plus bas, sur un petit tabouret en bois. J’ai pas eu le temps de dire un mot. Il savait pourquoi j’étais là! Putain le con!!! Bref, je vais quand
même pas vous dire de quoi nous avons parlé et ce qu’il m’a conseillé de faire, un autre jour peut-être, pour l’instant c’est mon affaire et celle de Papis qui me servait d’interprète… Pour ceux
qui commenceraient à avoir peur, vous inquiétez pas j’ai pas planté d’aiguilles dans une poupée, rien à voir avec tout ça! A la fin, il m’a aussi dit que je pouvais continuer à voyager
tranquille, qu’il n’y avait aucune contre-indication. Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! ( Ici, il faut imaginer le rire de Raspoutine, la crapule sanguinaire se gaussant de son double Corto Maltese, le
romantique au grand cœur!).
Corto et Raspoutine...
Nous sommes repartis à la case du chef manger le mouton, longue attente… Ils font comme ça les Diolas quand ils ne veulent pas que les invités partent
trop tôt, ils font durer le temps de cuisson! En attendant, nous avons bu le soum-soum (alcool à base de noix de cajou 35°/40°) sous l’arbre sacré, une grande spécialité diola ça aussi. Enfin! Le
repas est arrivé, nous avons dû manger taf-taf, le soleil déclinait déjà sérieusement et dire aurevoir à presque tout un village ça ne se fait pas en cinq minutes, surtout avec un Jean-Baptiste
en pleine forme, soum-soum aidant! Ciao le Roi et merci! Nous sommes repartis, vers 19h00, avec un coq, une poule, la tête du mouton, ses pattes et une branche de rogner avec ses fruits
dessus.
NB1: Ici j’arrête d’écrire, il est 11h et Coriana est
en train de déraper vers la plage du village ou sur la grosse pirogue qui charge du riz derrière nous. Nous sommes par 3m de fond avec 20m de chaîne de diamètre 12, l’ancre
delta et seulement 15 nœuds de vent… Je file 10m de chaîne supplémentaire, ça y est nous avons re-croché, tu en aurais été quitte pour un petit carénage ma belle! (C’est un truc de marin, tout le
monde s’en fout?).
Alors, je reprends ma journée d’hier:
Nous traversions le fleuve, la nuit était belle, étoilée, comme souvent par ici. Je n’ai
jamais cherché à connaître les étoiles par leurs noms mais je les connais presque toutes de vue, depuis le temps que je me balade sur l’eau la nuit. N’est-ce pas papa que même en pêchant le
maquereau au bouchon quand j’avais 5ans mon nez était toujours fourré dans les étoiles? Ça ne m’empêchait pas d’être un bon pêcheur et déjà un grand rêveur… Plus tard, vers seize ans, j’ai
commencé à leur donner des noms, des noms de filles que j’aimais en secret, que j’avais aimées, que j‘aimais, que j’aime, qui ne savent même pas: Gaëlle (ma première cicatrice), Sandrine ( Ma
Pandora à moi), Hélène (Pourquoi t‘es jamais arrivée à Reading en 1991?), Joanna (t’as jamais voulu de moi quand je voulais de toi…) Sara (cool de t’avoir vue cet été, vous traversez quand? Bonne
nav'), Aurore (Il va bien le bout de choux?), Anne (pas la folle! Elle sait que je l‘ai jamais aimée… clin d‘œil ma poule et bise, salut Marc), Yohanne (une chose, une seule: Vive la vie!),
Valérie (salut Val c‘est bien l‘Australie? t'as mis un short et un chapeau cow-boy au moins? Excuse-moi Pierrot, merci pour tout. Pour tout cet été.), Katell (silence, disparue en mer un peu
avant les Açores, mangée par un crabe, respect éternel. ), Aurélie ( pour qui je suis devenu Superman en soufflant sur un petit nuage.). Euh! Pardon pour celles qui pensent que je les ai oubliées
mais j’ai vraiment super bien réfléchi sur ce coup-là et y’en a pas d’autres, désolé, vraiment (si toutefois vous estimez que j‘ai eu un oubli faites-le savoir au 02 98 92 37 59, c‘est le numéro
de mes parents.). Je n’ai jamais parlé de cette histoire d’étoiles, sauf à Aurélie, je crois, je suis certain, mais elle ne connait pas son étoile non plus… ( Nous verrons ça en janvier, je
l‘avais choisie bien au sud et cool je la vois d’ici.). C’était un jardin « céleste » secret jusqu’à aujourd’hui... Ah! Ça vous cloue le bec, ça vous perce le sifflet les filles, pas
vrai?
Bref! Ce soir, sur la pirogue je les vois presque toutes (certaines sont
trop au Nord, sous l’horizon, dommage.). Au fait pendant que j‘y pense, merci les filles. Merde alors! D’un coup là, vague impression d’être Charlie causant avec ses drôles de dames. Maman, si tu
lis ça toi aussi je t’aime… t’as ton étoile qui brille toujours juste au-dessus de moi (bise). Papa sois pas jaloux! Et n’allez surtout pas croire que je me drogue pour écrire des trucs pareils,
ça suffit maintenant!
J’ai continué à rêver sous les étoiles, là, à tribord, les lumières de Karabane,
ici presque devant nous la lueur d’Elinkine et son feu clignotant qui ne veut rien dire, et derrière la mangrove légèrement sur tribord le halo de Cachouane… Vous me voyez? Coucou les filles… Ah!
Des étoiles filantes, houlala, toutes des célibataires, merde! Fonce Papis, accélère, viiiite, elles vont me tomber dessus… Et c’est vraiment pas le moment.
Vingt et une heure -stop- au campement, je bois une, deux, trois Flag, -stop- la
journée a été belle -stop- allez maintenant essaye de faire un, deux, trois beaux rêves mon Roro -stop- ça te ferait sûrement du bien…
Tu vois je n’ai presque pas saigné / Tu vois je suis toujours en vie
Mais toi tu es loin d’être sauvé / Dors de toute façon il est trop tard /
Appelle ça sommeil si tu veux ... ...
SUPERFLU (La chance, 2007)
NB2: Bon j’ai un peu bâclé la fin de mon histoire (télégramme) parce que finalement nous avons
échoué sur la plage. Le vent est monté fort (un harmattan) et en rallongeant ma chaîne j’ai posé Coriana sur le fond de vase. Excuse-moi ma belle mais au moins nous n’irons pas plus loin,
d’ailleurs j’ai horreur… Excusez-moi quelle Brel. D’ailleurs, c’était la bonne solution étant donné qu’avec ce vent et le courant je n’aurais jamais pu relever seul les 30m de chaîne sans déraper
sur la plage avant d’envoyer les gaz pour m’en écarter… Du coup, j’avais le temps avant de flotter à nouveau, j’ai filé un coup de main à charger la pirogue. Les jeunes du
village n’ont pas voulu participer, ils demandaient à être payés. Une sombre histoire d’ONG et de toubab véreux… Mais je ne supportais pas de voir les vieux du village se taper seuls la corvée.
J’étais avec Papis, Mamadou, Malick (le chef), vieux Dieng, Madi, Abdou… Ils étaient bien contents, 3 tonnes de riz en sac de 50kg et des cartons de 30l d’huile à trimballer
jusqu’à la ceinture dans la flotte sur un fond de vase bien collante. Au début, nous avions deux vieilles brouettes pour nous aider mais une a cassé, elle en pouvait plus la brouette, elle datait
des colonies… Maintenant l’autre brouette est toute seule, c’est con mais j’ai eu une pensée pour la brouette qui restait seule.
Là je viens de prendre le thé en dégustant quelques arachides crues et d’arriver à
bord de Coriana, la marée a commencé à remonter, le vent est un peu tombé et continue à mollir, avec un peu de chance il sera complètement tombé pour 18h et je pourrai me débrouiller
seul.
NB3: Merci Papisco pour le coup de
main à remouiller Coriana…
Merci Jacques pour ton étoile
inaccessible.
Merci la
vie!
LA QUETE (J. BREL)
1968
Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d’une possible fièvre
Partir où personne ne part
Aimer jusqu’à la déchirure
Aimer même trop, même mal
Tenter sans force et sans armure
D’atteindre l’inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l’étoile
Peu m’importent mes chances
Peu m’importe le temps
Ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se tanner pour l’or d’un mot d’amour
Je ne sais si je s’rai ce Héros
Mais mon cœur s’rait tranquille
Et les villes s’éclabouss’raient de bleu
Parce qu’un malheureux
Brûle encore bien qu’aillant tout brûler
Brûle encore même trop, même mal
Pour atteindre à s’en ECARTELER
Pour atteindre l’inaccessible étoile
Ce matin à 6h j’ai ramené Coriana à Eboukut, J’ai manqué un joli barracuda
devant chez Simon. Maintenant les panneaux solaires sont à poste, les caniars aussi. Guy (notre fameux président) qui est arrivé avant hier m’a invité pour le café de 11h. J’ai passé le reste de
ma journée à terminer de vous écrire, j’espère que ça vous a plu? C’est un sacré boulot!
Ce soir, j’ai mangé au village. En rentrant dans la nuit, Lion (qui est contrairement à ce qu’on
peut penser un chien.) a aboyé, Pierre-Antoine (Hibou) est sorti « Réno, ty viens lé thé? ». J’étais bien, là, chez pépé, à prendre le thé à la lueur d’une bougie avec les blattes et
les moustiques… Le monde pouvait bien s’effondrer, Sarkozy sauter Carla Bruti , le Canard Enchaîné révéler le retournement de fond du siècle de l‘abbé Pierre dans sa tombe, Libération
dire que Ségo est une lesbienne pédophile-sado-maso, Voici photographier Pete Doherty boire un Vittel menthe et à nouveau avec Kate Moss, L’équipe annoncer que Zidane a un cancer du front mais
qu‘il sera bien là pour son prochain combat contre Materazzi , les Inrocks afficher le retour de Joy division avec le clone de Ian Curtis à la MJC de Douarnenez… J’en avais
strictement rien à foutre. La vie est ici et nulle part ailleurs. Je suis rentré jusqu’à Coriana en maudissant les serpents, les scolopendres, les varans, les chacals et tout
le reste. Je n’ai personne à protéger, moi encore moins. Vivre c’est le contraire de se préserver alors maintenant je vais nus pieds dans la brousse et Inch Allah!
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