ATTENTION: Vous avez 3868 mots à lire ce coup ci alors courage…
Je ne pensais pas qu’autant de gens pouvaient s’intéresser à ce que peut bien raconter un pauv’ gosse, errant
dans son propre intérieur, le cœur brisé, le souffle coupé, s’époumonant ( merci Bashung ) quelque part en Afrique! 300pages lues par jours, vous n’avez donc rien d’autres à foutre? Vous êtes
tous au chôm’du ou quoi?
Allez-hop, j’amène tous le monde en ballade avec des gens heureux (Gérard le Normand)
Mais qu’est ce que pouvait bien foutre un petit blanc dans une pareille nuit noire?
Tout simplement, je m’en allais à Ziguinchor chercher la pompe à eau du campement qu’on avait laissé là-bas en réparation et acheter une énorme pastèque pour servir ce soir au dessert des clients. J’aide comme je peux… Je m‘occupe aussi du bar, forcément! et de la mise en place du petit déjeuner parfois. Je leurs dois bien ça non? Je suis blanchis, nourris et remis en état de fonctionnement tout en évitant la plonge…
5h30mn: En voyageant sur le bolon j’ai croisé des lampes frontales qui pêchaient des petits poissons et me disaient « kassoumaye » et puis j’ai doublé des dauphins au ras de la mangrove qui chassaient eux aussi des petits poissons et ont manqué de me faire chavirer tellement qu’ils étaient emportés par leurs élans de grands prédateurs, ici, ils n’ont pas l’air d’avoir la vie facile les petits poissons! C’est tout de même magique de rencontrer ces gros dauphins (2,5 / 3m) qui sortent de l’eau dans un vacarme fabuleux à deux mètres de vous tandis que vous, vous êtes dans le noir, sur une coquille de noisette instable posée sur l‘eau de justesse. Je dis « vous » mais c’était moi et pas vous bien sûr! Vous vous auriez eu peur, pas moi! ( J’en vois certains qui pensent: prétentieux )
Dessin: Maxime
Une grosse étoile filante a failli percuter Vénus pendant que je levais la tête pour boire une bonne lampée de nescafé tiède que
j‘avai
s
embarqué dans une grande tasse. Trois minutes plus tard une autre est venu emboutir le bouclier d’Orion tandis que j’avalais ma ration matinale de biscuits BABA.
Un vaisseau d’attaque a finalement traversé le ciel pour calmer ce grand défilé d’étoiles, nous ne sommes pas passés très loin de l’apocalypse je crois, pourtant je suis resté calme, totalement
indifférent même! Ça voulait dire que quand on n’aime plus personne on peut mourir quand on veut sans avoir peur…C’est une pensée plutôt cool et positive.
Cette fois il faisait vraiment nuit noire quand j’ai débarqué à Diakène, quelques femmes balayaient mollement devant leur case et s’arrêtaient juste après que j’avais passé, sans doute pour se demander qu’est ce que pouvait bien foutre un petit blanc dans une pareille nuit noire? je suis passé devant la case de Tutti, elle devait se rendre à l’hopital d’Oussouye pour faire des analyses, les dernières, à cause d’une vieille et odieuse tuberculose qui l’avait attaqué et qu’on lui soignait depuis huit mois… L’autre jour j’ai rigolé et me suis un peu foutu de sa gueule quand elle m’a dis: « Jé né sais pas courir. » maintenant, je comprenais pourquoi elle m’avait dis ça et je rigolais plus du tout. Elle n’était pas encore réveillée, j’ai fait la rencontre de sa sœur qui voulait absolument me faire manger de la bouillie de mil mélangé avec du lait et du sucre, le « fondé » , mais là, non, franchement, après mon nescafé ça l’aurait pas fait. J’ai préféré allumer une clope sur la braise en aspirant qu’aux cendres (Miossec!) et puis continuer à promener mes tongues dans le sable et l’obscurité. Aliou, que je surnome « Because » depuis qu’il a « speaking » l’anglais avec des gambiens! m’a rattraper sur sa mobylette « Ciao », il s’en allait lui aussi, mais à Katakalousse acheter du poisson pour les clients du midi. J’ai sauté sur le bi-cul et on a fait les fous pendant un bout de sentier. J’étais joyeux, fort et beau, comme un demi dieu qui vient de renaître! J’adore ce genre de petite gaieté matinale, ces réveils en formes de tape-cul, ça vous laisse de la bonne humeur à revendre pour toute une journée. Vu la suite, il allait m’en falloir! Le soleil lui a choisi un autre moment pour se réveiller, un peu plus tard. Il s’est pointé sur le terrain de foot bien avant les joueurs, juste devant les buts, y’avait une belle photo à faire si j’eusse été deux, « un joli shoot dans le soleil, PAF! Le soleil logé dans la lucarne droite, Goooooooooal!!!» mais je suis seul et je rate toujours la dernière passe à mon coéquipier, enfin presque, si vous voyez ce que j‘veux dire…
A « garage-Diakène », j’ai presque pas eu à attendre un car-rapide, je suis monté direct! (comme ils disent ici) Celui là était un modèle du genre Mercedes, décoré avec des tissus bleus, très sales et pâles comme la mort, avec des sortes de dentelles décousus dans le bas. La radio poussait de longues litanies aux relents religieux exhortant les passagers à… s’endormir éternellement. Dans le haut du pare-brise se balançaient des pendentifs à trois sous et ultra kitsch aux effigies des plus grand marabouts et une photographie d’El Hadji Diouf (Le grand footballeur sénégalais) était scotchée avec des chewing-gum au plafond. Comme art&déco j’avais vu mieux car si on enlevait la photo d’El Hadji Diouf, ça ressemblait à un cercueil, ou à une fosse commune motorisée un peu améliorée. Une question de goût ou d’appréhension peut-être?
J’ai débarqué à Ziguinchor à huit heure pétante, comme un bon toubab qui doit pointer à l‘usine, à l’atelier de réparation ils m ’ont dis que la pompe, elle, ne serait pas prête avant midi. Attendre des heures sur place c’est un savoir-faire typiquement africain alors je suis parti à pieds jusqu’au marché Bouckott, à la recherche de ma pastèque. Devant une boutique TV/HiFi et tralala, j’ai entendu un toubab gueuler, ils aiment ça les toubabs, gueuler dans l’oreille libre ou égarée d’un pauvre africain qui n’en a que faire des « malheurs » du blanc, les fraîchement arrivés surtout, ça leur donne une impression de puissance (colossale) coloniale: « Pourquoi il me dit dix minutes si c’est trente minutes? Il n’avait qu’a me dire trente minutes et puis c’est tout bordel… » j’ai rigolé, en trois ans j’avais quand même fait des progrès énormes question patience et impuissance coloniale… Dans une ruelle perdue, piteuse et toute triste parce qu‘elle n‘avait pas d‘enfants pour jouer au foot avec elle, je suis rentré dans une menuiserie spécialisée dans la fabrication de cercueils, une adresse parmis tant d’autres, je cherchais un morceau de bois pour finaliser l’installation de ma nouvelle équipière (la pulpeuse Ray-Marine Tiller, ma nouvelle équipière!). Ce sont quand même de drôles de boites en bois ces machins là, « Décidément! c’est le jour des cercueils. » j’ai pensé sans trop me poser de questions. Un peu plus loin, dans une quincaillerie amorphe, j’ai craqué pour un joli balai brosse chinois à 2500 FCFA. J’ai continué à marcher en attendant que pourrisse le rythme de l’horloge, ma petite sœur, elle, à l’autre bout du monde a choisi ce moment pour m’appeler, c’était pendant que je promenais mon joli balai brosse chinois du coté du fleuve, mémé était morte. Bizarrement, c’était la vie! J’ai serré fort le balai brosse en regardant le ciel, elle en connaissait un rayon ma mémé en balai brosse, elle avait commencé jeune comme bonne à tout faire et ce matin alzheimer a fini de balayer tous ses souvenirs. Un jour, elle m’a raconté une drôle d’histoire, je ne me souviens plus des circonstances qui avaient amené à cette situation mais un homme avait parié qu’il était capable d’avaler une livre de beurre, pas du beurre d’aujourd’hui, allégé et pasteurisé tout ça, non, du beurre d’autrefois, la motte, celle de la ferme… et il l’a fait! Sauf que, un peu après il a tout vomi et là c’est mémé qui a passé l’éponge et le balai, moi je l’aurai jeté, à sa gueule, l‘éponge. Une question d’époque? Bref, mémé était morte et moi j’ai regardé le ciel en serrant fort mon joli balai brosse chinois tout neuf. Ça faisait un cercueil de plus à fabriquer, c’est un bon job croque-mort / fabriquant de cercueil, parce que ça n’arrête jamais de mourir les gens. Un vieux fabriquant de cercueil doit sûrement être riche… Ce soir j’allumerai une étoile pour mémé ( Ça commence à en faire!), c’est moins chère, ça dure plus longtemps et c’est bien plus joli qu‘un cierge entrain de s’immoler connement à l’intérieur d’une église froide et austère. Bon, qu’est ce que je vous embête avec ma mémé moi?
Je reviens d’avoir sauté à l’eau, d’écrire sur mémé, ça a fait couler quelques larmes que je ne voulais pas laisser sécher sur Coriana, je préférais les voir flotter et partir dans le fleuve avec toutes les autres que j’y avais déjà laissé choire depuis mon retour, elles s‘ennuieront moins. Allez, Repose toi bien mémé, parce que quand je viendrais te rejoindre on aura toute l‘éternité pour aller donner à manger aux poules, on retrouvera une allée de Kerlien, on s’amusera bien, tu verras et puis on ira promener avec pépé dans le ciel, au chaud, près du soleil ou à Plomarch‘… Bien, maintenant revenons à ma pompe! Elle n’était bien évidemment pas prête à midi alors j’ai attendu devant l’atelier, comme seul un africain sait le faire mais moins longtemps, les yeux fermés assis sur un petit banc de bois en pensant à mémé qui était morte ce matin même. Quand ils ont enfin fini de la réparé la pompe, j’ai cru au miracle, peut-être à Dieu qui sait? et j’ai même pensé à leur demander s’ils pourraient pas en faire un deuxième, de miracle, tant qu’a y être, dans la foulée et puis non. J’avais plus le temps et peut-être au fond, pas vraiment envie. J’ai sauté dans un taxi pour revenir à Diakène. Un vieux m’a donné une noix de cola à mastiquer tranquillement sur la route. Pendant ce temps, à Egueye, des clients attendaient certainement pour prendre une douche sans rien comprendre de l‘afrique. Ils s’en foutaient complètement, eux, du miracle de la pompe, de celui que j’aurai bien demandé mais que j’étais pas sûr et de ma mémé morte ce matin même…
Arrivé à « garage-Diakène » j’ai attendu un taxi avec qui j’avais normalement un rendez-vous, je devais récupérer les courses que nous avions laissé hier soir avec El Hadji, sur le bord de la route. En attendant, j’ai acheté quatre bananes à une femme qui étaient assise là pour vendre des bananes… et mangé trois, la quatrième je l’ai donné à une petite fille qui elle attendait un taxi avec sa maman et peut-être une banane. J‘ai partagé les noix de cajous qui traînaient dans mon sac avec tout le petit monde attendant. Le taxi avec lequel j’avais rendez-vous a fait fausse route alors c’est un autre qui est arrivé. Nous avons chargé les affaires et roulé peinard jusqu’à l’embarcadère. La pirogue est venue me chercher. Avec El Hadji nous avons rebranché la pompe, tranquillement, proprement, à l‘africaine mais en mieux. Les clients attendaient, serviettes, savons et montre en mains.
Le soir, le campement étaient complet! Vingt trois personnes, un groupe UCPA toujours très sage et sympathique et des élèves du lycée Jean Mermoz de Dakar. Ils n’avaient pas encore appris grand chose de la vie ceux là mais je préfère pas trop en dire, ils étaient tous filles ou fils de ministres, de députés, d’artistes ou autres familles riches, « prout-prout-cul-cul » et donc cela pourrait chauffer pour le miens, mon cul! J’ai épluché les patates et coupé des frites en buvant une bière parce que ils en avaient raz le bol de riz les jeunes, faut les comprendre, parce que dans les années soixante dix à l‘école st Philomène de Douarnenez, on n’arrêtait pas de se priver, moi et bien d’autres, à la cantine pour envoyer des bols et des bols de riz en Afrique « Opération bol de riz. » qu‘on appelait ça… Alors forcément aujourd’hui ils en on plein le cul du riz les bourges!!!
Tutti est venu dormir à bord de Coriana parce qu’il n’y avait plus de chambres libres. Nous avons dormi ensemble, je veux dire sous le même drap. Dans la petite obscurité elle m’a demandé: « à quoi ti penses? ». C’est une question typiquement féminine et systématique lorsqu’une fille surprend un garçon allongé sur le dos, les mains glissées derrière la tête et les yeux ouverts en direction du plafond ( et encore, moi là, j‘avais même pas la clope au bec…). J’ai répondu d’une manière typiquement masculine, ma réponse systématique: « A rien. », facile, oui, un mensonge, forcément… Après un long moment de silence pour elle et d’immobilisme pour moi, elle m’a dis qu’elle était « tombée » amoureuse, qu’elle n’avait jamais été comme ça, que… J’ai pas su quoi lui dire à Tutti moi, ( Pour le coup si j’avais eu une cigarette au bec, je l’aurai avalé et de travers en plus.). Merde, on ne m’avait jamais dis ça! Comme ça du moins… Qu’est ce qu’on est bête, nous les hommes dans ces cas là, ou peut-être il n’y a que moi qui suis bête… Qu’est ce que vous en pensez vous? J’avais presque trente sept ans, j’étais là, sous le drap avec une belle et jeune fille de vingt quatre ans, maman d’une petite fille de deux ans et demi et il fallait quoi qu’il m’en coûte lui trouver des mots, trois ou quatre au moins, pour pas avoir l‘air con. Ah! Donnez moi un morceaux de papier et un stylo bille et je lui trouverai des jolies mots en moins d’une demi heure mais là il fallait improviser et… J’ai commencé en balbutiant: « Tu… Tu sais Tutti, je… Je t’aime… bien, beaucoup même, tu es une fille, euh! super… Chouette, mais tu… Tu vois la vie, enfin… l’amour plutôt, j’veux dire… Je crois que c’est fini pour moi, je n’en n’ai plus ni le cœur ni le courage, j’ai besoin de… de temps, de beaucoup de temps, je ne sais même pas s’il m’en reste assez. En dix ans j’ai fait souffrir et beaucoup, des personnes qui m’ont aimé, j’ai souffert aussi, avec eux et je souffre encore, j’aime trop et mal, et je suis presque détruit ce coup ci. Maintenant, la seule chose qui compte pour moi c’est de voyager et voyager contrairement à ce que je croyais ne va pas avec aimer… pas souvent… pas longtemps… Voyager c’est aimer la vie à temps complet, ça ne laisse de la place pour rien d’autre ni personne et… Blah-blah-blah, blah-blah-blah… ». Elle a posé sa tête dans le petit creux entre ma poitrine et mon épaule là où toute les filles aiment à se reposer, pendant que je continuait de baragouiner je ne sais trop quoi. J’ai perdu ma main gauche dans ses cheveux et la droite sans me prévenir est partie s’égarer au creux de ses reins. Ah! C’est malin, me voilà manchot maintenant (ou presque, je vous fais toujours pas de dessins, la censure…) Elle avait la peau noire (ça doit en dégoûter quelques uns) et douce, la plus douce que mes mains n’avaient jamais rencontré... « Jé comprend. », elle a murmuré en posant son bras sur mon ventre et sa main sur ma poitrine , « Merci Tutti. », j’ai susurré. Elle s’est endormie comme ça. J’ai continué de regarder le plafond, en essayant de penser à rien. C’était impossible tellement c’était pareil que de la torture d’être allongé sous ce drap, avec une belle fille amoureuse qui se reposait à coté de moi. J’ai vagabondé longtemps entre la joie et la tristesse avant de sortir en silence fumer une cigarette et de maudire dans le ciel vénus qui s’en foutait complètement de déchaîner les passions des hommes. Dehors, la nuit exhalait le goût d’un enfer tiède… et la vierge marie est une grosse salope si vous voulez mon avis!!!
BREF,
Si les mots étaient des armes est-ce qu’ils resteraient le seul moyen de conciliation comme on le dit partout? Parce que chacun est armé des siens contre ceux des autres et que c’est le but dans lequel on les utilise qui compte, et s’il fallait chercher un but faudrait-il un verre de plus pour voire ce dont on est capable…
PROGRAMME "L'enfer tiède"
Gibson ( LE sénégalais de Douarnenez) est descendu à Egueye pour m’envoyer du courrier de mes parents et des dessins de mes neveux. Il est venu passer la tabaski dans sa famille à Dakar. C’était bizarre, comme un cordon qui ne veut pas se rompre malgré toute la force que je met à tirer dessus… C’était gentil surtout, nous avons passé un bon moment avec quelques gazelles et une bouteille de rouge… Nous n’avons pas vu le soleil se coucher, nous avons parlé un peu, trop par moment… Ce n‘est pas grave. Merci Gibs. Tu es le premier à m’avoir envoyer un petit mot de soutiens et d’encouragement quand j’ai commencé ce blog. J’étais à Montpellier, ça m’avait beaucoup touché… A bientôt.
Seb et Mumu m’ont eux aussi retrouvé, après plusieurs fausses pistes que des navigateurs mal informés
leurs avaient fournis, je n’ai vu aucuns voiliers depuis un mois maintenant. Ils étaient 16 à Ziguinchor hier… Je suis super bien caché ici, mais les bons amis quand ça y met du cœur ça trouve…
Ils partent en Uruguay, je leurs souhaite une belle traversée. Nous étions arrivé la même année qu’eux au sénégal. Leurs derniers mots m’ont fait peur et maintenant je suis tout tremblant! Ce
n’est pas grave non plus… Merci Seb, merci Mumu. Seb, ne t’inquiète pas, je ne me marierai pas ici comme beaucoup de célibataire perdu.
A nouveau seul, c’est bien.
Nite And Fog ( Mercury Rev, Album « All is dream. » )
If God moves across the water
Th’ girl moves in other ways
An’ I’m loosing sight of either
Nite an’ fog are my days
I wanted only to be gentle
But I gave her jealousy an’ rage
Who know exactly what I’m after
Nite an’ fog are my days
Wisemen want faith, fools want gold
Sailors want water, but you want it all
I tried to guide my love by starlite
An’ soon my life became a maze
Osiris and Orion were yer favorites
Nite an’ fog are my days
Vampires want darkness,
Monsters want souls
Spiders want corners,
But you want it all
But I can see she wants me in other ways
In th’ dark I’ve driven her to madness
Nite an’ fog are my days
I hope you see your ship come in
May it find you an’ never loose it’s way
But I would make a poor captain
Nite an’ fog are my days
Cela fait presque quatre jours que je n’ai pas écris, j’ai pas eu le temps, toujours entre deux clopes à
traîner dans la peintures ou le vernis… Je me suis installé un petit atelier d’entretien à terre, pas très loin de la cuisine, pas très loin de Tutti surtout… Elle vient de passer trois nuits à
bord, j’en chie un peu avec ma quéquette. cela vous gène que j‘dise ça? Pourtant c’est normal non? Bah! Que vous êtes puritains, vous feriez pas la chasse aux sorcières non plus (là je vous
l‘avoue, il faut être sacrement doué pour trouver le rapport mais il existe… Le Mayflower.). Mais foi de Ronan, je ne succomberai pas. Pas de bêtises, c’est au cerveau que le sang doit affluer,
pas ailleurs. Hier soir nous avons regardé « je préfère qu’on reste amis. », avec Jean Paul Rouve (des robins des bois) et Gérard Depardieu. Elle n’avait jamais vu un film comme ça, un
film sans Jean Claude Van Dame… Le sujet était simple: Comment trouver une femme en faisant des pieds et des mains, speed-dating, agences matrimoniales, coups tordus et foireux surtout, entre
deux personnes qui allaient devenir amis… Elle n’en revenait pas la pauvre Tutti de voir tout ce foins pour débotter une femme. Elle est marquée à vie.
Ce matin j’ai assisté à la plus belle scène d’amour à laquelle il m’ait été permis d’assister, si, si, en vrai je vous le dis. Deux grosses vipères baisaient dans la brousse, c’était: pure, simple, merveilleux. Parfois elles formaient un grand cœur en se dressant et dansaient au dessus des branches avant de se laisser tomber, et rouler dans la petite pente. Elles se nouaient, se dénouaient, avec une grâce infini. Nos pauvres danseuses de balais classiques pouvaient sortir de scène et aller jeter leurs tutus roses dans la brousse… Abdou est arrivé, le fusil chargé, et BANG! A tiré. Mal visé, le temps d’allé chercher une deuxième cartouche elles avaient disparu en continuant leurs ébats. C‘est fort l‘amour, ça ne se soucie de rien, même pas d‘un coup de fusil! Une heure plus tard nous les avons retrouvées en haut d’un arbre (ça dure 24h paraît-il!), là c’est tout les trapézistes du cirques qui pouvaient tirer leurs révérences. Omar a épaulé le fusil et à sa manière de mettre en joue j’ai compris que c’était fini…J’ai juste eu le temps de boucher les oreilles de Tutti et elle de fermer ses yeux, BANG! (BANG! Encore, la résonance)… Du sang à commencer à couler par terre, au pied de l’arbre, doucement, goutte à goutte, ça faisait Toc-toc… toc-toc sur le sable. Les clowns sont partis voir ailleurs si j’y étaient. C’était sinistre, douloureux, pénible, cruel. On est resté attendre sous l‘arbre la tête en l’air, dix minutes. Une première vipère est tombée, presque sectionner quarante centimètres derrière la tête. Quinze minutes plus tard la deuxième est tombée. L’amour c’était fini, restait la mort. Deux corps froids (2,30m) allongés l’un tout contre l’autre, comme Roméo et Juliette, mort à jamais par le poison de l‘homme. Dans mon carnet j’ai noté en majuscule: « UN AIR LUGUBRE SERPENTAIT ».
Je suis retourné mettre une couche de vernis sur le capot de descente de Coriana en essayant de ne plus
penser à tout ça. Une dernière chose, ce que j’avais pris pour une couleuvre l’autre jour et qui avait glissé entre mes jambes, c’était une vipère!
Quatre jeunes ingénieurs belges étaient au campement. Je n’avais pas rigolé autant depuis un siècle au moins.
Ils sont vraiment poilant ces belges… Chose étonnante et à laquelle je n‘avais pas encore prêté attention, c’est que Yacine ( Il faudrait que je vous en parle. ), c’est presque le sosie de Benoît
Poolvorde. Ça à rajouté pas mal conneries à nos poilades et quelques bouteilles à notre soirée… Merci la Belgique.
Voilà, je voulais continuer la nuit dernière mais... Ce sera pour la nuit prochaine.




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