Sur la plage d’a coté, Coriana (3) bronze au soleil… Mais ici, dans l’ombre Coriana (2) continue à chercher dans le sable.
Ce blog est à la fois mon tord boyau et mon alambic! Alors on continue:
I
« La route du retour »
Ils ont de magnifiques souvenirs le grand père de Dalva et son ami, mais évidemment cela ne tient qu’à ma vision des choses. Par exemple, cette photo d’une danseuse nue qu’ils ont enterré dans une boîte en fer blanc soixante années plutôt… J’accompagne ces personnages singuliers pendant environ une heure, pas plus parce que je veux préparer des crêpes pour le petit déjeuner de mon ventre à pattes. J’ai lus doucement et relus les petits passages qui resserrent les boyaux… Maintenant, dans le grand saladier je met 250g de farine, un œuf, deux cuillères de sucre, une pincée de sel, et quelques gouttes de fleurs d’oranger, J’y verse du lait en tournant le tout. Par le hublot je regarde des petits moutons et les nuages courir vers le nord…
II
J’ai mis de
l’ordre
du côté tribord de Coriana, celui où se trouve presque toute la bibliothèque du bord. J’ai sorti les deux tomes
de Monte-Cristo, l’Odyssée d‘Homère, un Sherlock
Holmes, un Agatha Christie, et un Kersauson… Pour le reste, Parce qu’il y a toujours des restes, j’ai fait un tri, simple,
énorme, dans la paperasserie. Pour vous écourter la lecture et couper court à mes réminiscences beaucoup de choses ont fini déchirées au fond d’un sac plastique. J’ai
pas fait de sentiments… Pas mon genre! Savez-bien?
III
C’est la Sao Joao, avec Aurélie nous sommes allés boire une bière et manger des pastels. Pour moi, ceux au fromage sont les meilleurs à condition de ne pas les laisser tiédir. Aurélie, elle, préfère les napolitains... Pour la Sao Joao, l’année dernière j’étais à Santa-Maria, aux Açores. J’avais mangé des grosses sardines grillées avec des pommes de terre cuites dans du vin rouge et fait glisser le tout avec une quantité de bières inavouables. J’avais sauter par-dessus le feu aussi, une manière de jouer avec la tradition… Après les pastels et la bière, Aurélie a voulu m’emmener danser… Je me sens ridicule rien qu’a l’idée de danser avec quelqu’un! J’ai jamais dansé avec quelqu’un, même pas un slow, jamais, ou alors complètement saoul… J’ai carrément jamais été à une « boum ». Et puis de toutes façons « ces choses-là » c’était le samedi après midi et je préférais (et de loin!) partir sur la digue, tranquille, pour pêcher des petits lieus jaunes au bouchons (en fin d’été) ou le long du Goyen taquiner au verre, une fario d’environ trente centimètres que j‘avais repérée avant l’ouverture (début de printemps). A ce moment, je pensais que j’avais tout le temps de grandir et que chaque chose aurait « son » temps… On danserait plus tard. Je ne regrette rien bien évidemment! OK, j’arrive à 38ans sans savoir danser… Mais très heureux de pouvoir passer une heure, (bières en mains!) à expliquer à une fille qui s’en fout complètement comment attraper un grillon avec une brin de paille ou bien piquer un lançon sur un hameçon pour qu’il reste vivant le plus longtemps possible et qu‘il ait toutes les chances de se faire croquer par un bar…
Bref! Aurélie, elle m’a dit, viens, si tu ne veux pas danser devant la scène on peut aller se cacher là-bas, sur le trottoir, dans l’ombre, derrière les voitures. On va s’entraîner un peu… Y’a personne qui nous verra ! Et voilà comment je me suis retrouvé sous un petit flamboyant à essayer de faire trois pas sans lui faire de croche-pieds et à avoir l’air de l’homme le plus détendu du monde en comptant 1-2-3 / 1-2-3... … dans ma tête!
IV
Au cybercafé, on essaye de mettre Coriana (3) en ligne. Sur l’ordi d’à coté un gamin joue à tuer des gens. Il marche dans une rue et frappe sans aucune raison apparente une blonde en maillot rouge qui passait sur l’écran. Il débarque dans une pièce où se négocie un trafic de drogue et il tue, il n’arrête plus: Pan, pan, pan, pan, pan, pan, pan… Il déverse un flot de balles sur le cadavre d’un dealer. Le gérant du cyber lui tape sur l’épaule pour lui dire que ça suffit, que le dealer il est mort… Calme toi, c’est bien mon fils!
VI
Ça y est, on y est, le paraguaçu…
Belle navigation, 10 miles tout à la voile jusqu’à maragojipe, juste pour ne pas laisser coriana en reste des majestueux et derniers saveiros qui montent et descendent encore le paraguaçu. Enfin! l’impression d’avoir pénétré un nouveau monde, d’être venu quelque part toucher du doigt quelque chose… Le brésil peut-être? En tous les cas nous l’espérons car le temps presse… Je crois avoir retrouvé mon vrai sourire en buvant une bière dans ce bistrot, pas à cause de la bière, non! Mais à cause du bistrot, parce qu’il ne se prenait pas au sérieux, parce qu’il avait l’allure déglingué que devrait avoir tous les bistrots de la terre…
VI
J’ai terminé « La route du retour » et laissé Dalva rejoindre son éternelle amant en laissant quelques larmes chavirer dans mon café… Les livres me font pleurer, c’est comme ça, pas le cinéma où les images sont bien trop grande! J’ai fini par ne plus y croire à tous le cinéma…
VII
Le soleil s’est levé du bon coté de la planète, celui où y’a pas de nuages qui font grises mine, du coup, j’en profite pour souhaiter une belle journée à la terre entière ou presque, marrant de savoir qu’on va haïr quelqu’un jusqu’à la fin de ses jours et même plus. (Ca c’est pour ceux qui pensait qu’avec le temps va…). Bref, trêve de non plaisanterie, salut tout le monde j’ai fait en tournant la tête aux nuages et en laissant s’oublier, les rames, le grappin et les quelques brasses de cordage qu’on nous a chapardé ainsi que deux mauvais rêves qui sont passés la nuit dernière… Dans un des deux Valou ( Valou, c’est mon Amérique à moi!) et moi marchions sur un pont qui enjambait une rivière, haut, très haut. Nous gardions une petite fille (Je sais pas la petite fille de qui?) Nous avancions sur ce pont qui n’avait pas de parapet. La petite fille courrait loin devant. Nous avons réalisé trop tard, la petite est tombée. Valou a sauté, pas moi…
VIII
Sur la longue digue qui relie le mouillage au village j’ai regardé des brésiliens aller et venir à pas forcés, short, T-shirt, casquette, on aurait dit des stars américaines faisant leur sport, luttant contre l’ennui ou le cancer…
IX
Cachoeira, jadis port fluvial prospère, lien vital entre Salvador et les fermes de l’intérieur. Au sommet d’une colline un jeune fait voler un cerf-volant, loin, très loin, très très loin. Petit point rouge-orange dans le ciel gris flottant au dessus de la vallée. J’ai beaucoup aimé, pourquoi?




Whaouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu!

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