Ils ont dit:





   A mon retour, il s’est trouvé beaucoup de gens qui n’étaient pas partis, pour me dire qu’avec un peu de fantaisie et de concentation ils voyageaient tout aussi bien sans lever le cul de leur chaise. Je les crois volontiers. Ce sont des forts. Pas moi. J’ai trop besoin de cet appoint concret qu’est le déplacement dans l’espace. Heureusement d’ailleurs que le monde s’étend pour les faibles et les supporte, et quand le monde, comme certains soirs sur la route de Macédoine, c’est la lune à main gauche, les flots argentés de la Morava à main droite, et la perspective d’aller chercher derrière l’horizon un village où vivre les trois prochaines semaine, je suis bien aise de ne pouvoir m’en passer. [ L’usage du monde, N. Bouvier]
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   J’avais une maison au bord de la mer. Mais pour aller à la plage il fallait passer devant un bar. Je n’ai jamais vu la mer. [ J. Best, Grand footbaleur de Manchester United]

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_Finalement, ce tésor, on l’a vu ou pas ?

_Nous avons voulu le voir même s’il n’y était pas… Mais le trésor existe sûrement, caché par des démons taquins et il reste introuvable parmi les labyrinthes de nos questions et de nos réponses…  [ Corto Maltese & Raspoutine, La maison dorée de Samarkand]

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Vendredi 25 juillet 2008

         Sur la plage da coté, Coriana (3) bronze au soleil Mais ici, dans lombre Coriana (2) continue à chercher dans le sable.

 

Ce blog est à la fois mon tord boyau et mon alambic! Alors on continue:

 

I

« La route du retour »

         Ils ont de magnifiques souvenirs le grand père de Dalva et son ami, mais évidemment cela ne tient quà ma vision des choses. Par exemple, cette photo dune danseuse nue qu’ils ont enterré dans une boîte en fer blanc soixante années plutôt Jaccompagne ces personnages singuliers pendant environ une heure, pas plus parce que je veux préparer des crêpes pour le petit déjeuner de mon ventre à pattes. J’ai lus doucement et relus les petits passages qui resserrent les boyaux… Maintenant, dans le grand saladier je met 250g de farine, un œuf, deux cuillères de sucre, une pincée de sel, et quelques gouttes de fleurs d’oranger, J’y verse du lait en tournant le tout. Par le hublot je regarde des petits moutons et les nuages courir vers le nord…

 

 II

         Jai mis de lordre du côté tribord de Coriana, celui où se trouve presque toute la bibliothèque du bord. Jai sorti les deux tomes de Monte-Cristo, lOdyssée dHomère, un Sherlock Holmes, un Agatha Christie, et un Kersauson Pour le reste, Parce qu’il y a toujours des restes, jai fait un tri, simple, énorme, dans la paperasserie. Pour vous écourter la lecture et couper court à mes réminiscences beaucoup de choses ont fini déchirées au fond dun sac plastique. J’ai pas fait de sentiments… Pas mon genre! Savez-bien?
 

III

         Cest la Sao Joao, avec Aurélie nous sommes allés boire une bière et manger des pastels. Pour moi, ceux au fromage sont les meilleurs à condition de ne pas les laisser tiédir. Aurélie, elle, préfère les napolitains... Pour la Sao Joao, lannée dernière jétais à Santa-Maria, aux Açores. Javais mangé des grosses sardines grillées avec des pommes de terre cuites dans du vin rouge et fait glisser le tout avec une quantité de bières inavouables. Javais sauter par-dessus le feu aussi, une manière de jouer avec la tradition Après les pastels et la bière, Aurélie a voulu memmener danser Je me sens ridicule rien qua lidée de danser avec quelquun! Jai jamais dansé avec quelquun, même pas un slow, jamais, ou alors complètement saoul Jai carrément jamais été à une « boum ». Et puis de toutes façons « ces choses-là » cétait le samedi après midi et je préférais (et de loin!) partir sur la digue, tranquille, pour pêcher des petits lieus jaunes au bouchons (en fin dété) ou le long du Goyen taquiner au verre, une fario denviron trente centimètres que javais repérée avant louverture (début de printemps). A ce moment, je pensais que javais tout le temps de grandir et que chaque chose aurait  « son »  temps On danserait plus tard. Je ne regrette rien bien évidemment! OK, jarrive à 38ans sans savoir danser Mais très heureux de pouvoir passer une heure, (bières en mains!) à expliquer à une fille qui sen fout complètement comment attraper un grillon avec une brin de paille ou bien piquer un lançon sur un hameçon pour quil reste vivant le plus longtemps possible et quil ait toutes les chances de se faire croquer par un bar…

 

         Bref! Aurélie, elle ma dit, viens, si tu ne veux pas danser devant la scène on peut aller se cacher là-bas, sur le trottoir, dans lombre, derrière les voitures. On va sentraîner un peu Ya personne qui nous verra ! Et voilà comment je me suis retrouvé sous un petit flamboyant à essayer de faire trois pas sans lui faire de croche-pieds et à avoir lair de lhomme le plus détendu du monde en comptant 1-2-3 / 1-2-3... … dans ma tête!

  

IV

         Au cybercafé, on essaye de mettre Coriana (3) en ligne. Sur lordi dà coté un gamin joue à tuer des gens. Il marche dans une rue et frappe sans aucune raison apparente une blonde en maillot rouge qui passait sur l’écran. Il débarque dans une pièce où se négocie un trafic de drogue et il tue, il narrête plus: Pan, pan, pan, pan, pan, pan, pan Il déverse un flot de balles sur le cadavre dun dealer. Le gérant du cyber lui tape sur lépaule pour lui dire que ça suffit, que le dealer il est mort Calme toi, cest bien mon fils!               

  

VI


         Ça y est, on y est, le paraguaçu

      Belle navigation, 10 miles tout à la voile jusquà maragojipe, juste pour ne pas laisser coriana en reste des majestueux et derniers saveiros qui montent et descendent encore le paraguaçu. Enfin! limpression davoir pénétré un nouveau monde, dêtre venu quelque part toucher du doigt quelque chose Le brésil peut-être? En tous les cas nous lespérons car le temps presse Je crois avoir retrouvé mon vrai sourire en buvant une bière dans ce bistrot, pas à cause de la bière, non! Mais à cause du bistrot, parce quil ne se prenait pas au sérieux, parce quil avait lallure déglingué que devrait avoir tous les bistrots de la terre

  

VI

          Jai terminé « La route du retour » et laissé Dalva rejoindre son éternelle amant en laissant quelques larmes chavirer dans mon café Les livres me font pleurer, cest comme ça, pas le cinéma où les images sont bien trop grande! Jai fini par ne plus y croire à tous le cinéma…  

  

VII

          Le soleil sest levé du bon coté de la planète, celui où ya pas de nuages qui font grises mine, du coup, jen profite pour souhaiter une belle journée à la terre entière ou presque, marrant de savoir qu’on va haïr quelqu’un jusqu’à la fin de ses jours et même plus. (Ca c’est pour ceux qui pensait qu’avec le temps va…). Bref, trêve de non plaisanterie, salut tout le monde j’ai fait en tournant la tête aux nuages et en laissant s’oublier, les rames, le grappin et les quelques brasses de cordage qu’on nous a chapardé ainsi que deux mauvais rêves qui sont passés la nuit dernière… Dans un des deux Valou ( Valou, c’est mon Amérique à moi!) et moi marchions sur un pont qui enjambait une rivière, haut, très haut. Nous gardions une petite fille (Je sais pas la petite fille de qui?) Nous avancions sur ce pont qui n’avait pas de parapet. La petite fille courrait loin devant. Nous avons réalisé trop tard, la petite est tombée. Valou a sauté, pas moi…   

       


VIII

          Sur la longue digue qui relie le mouillage au village j’ai regardé des brésiliens aller et venir à pas forcés, short, T-shirt, casquette, on aurait dit des stars américaines faisant leur sport, luttant contre l’ennui ou le cancer…

  

IX

          Cachoeira, jadis port fluvial prospère, lien vital entre Salvador et les fermes de l’intérieur. Au sommet dune colline un jeune fait voler un cerf-volant, loin, très loin, très très loin. Petit point rouge-orange dans le ciel gris flottant au dessus de la vallée. J’ai beaucoup aimé, pourquoi?

 

                

 

 


Par Ronan Berrehouc
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Jeudi 19 juin 2008
le-voyage-de-coriana3

   Le soleil a entamé sa journée depuis peu mais déjà il martèle de ses rayons la surface de l’eau qui avec l’aide miraculeuse d’un léger souffle apparu par l’ouest se fabrique en surface mille reflets argentés. Du jaune jeté sur du bleu, c’est simple et c’est joli… De retour à Itaparica après quelques jours passés à Lençois dans le parc National de Chapada, loin de Coriana et loin de la mer. Ca m’a fait du bien après presque huit mois passés sur Coriana (même s’il y a eu trois semaines en France en février, elle furent presque exclusivement consacrées à la préparation de la traversée) j’avais sans doute besoin de m’en éloigner un peu, de me dégourdir les jambes et la cervelle…

  Whaouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu!


   Hier soir en fermant les yeux, je me réjouissais à la seule pensée d’ouvrir demain matin « La route du retour » de Jim Harrison, suite de la saga familiale qu’il avait entamé avec « Dalva » et ce matin, dès les premières lignes je me suis senti revivre, disons que l’envie d’écrire est revenue me chatouiller le bout des doigts, ce n’est pas rien! J’attendais… J’étais parti dans les montagnes avec « Le seigneur des anneaux, tome1 » et cela avait presque réussi à m’abrutir complètement, TOLKIEN, Ah! TOLKIEN, qu’on m’avait dit… Diplômé d’Oxford, spécialiste de philologie faisant autorité dans le monde entier… Mon cul! Trop facile ses histoires de gamins, suffit de se promener la nuit dans les bois avec un couteau suisse et un stabilo jaune fluo et d’écrire sur une feuille d‘automne après avoir secoué dans un shaker toutes les histoires qui étaient sensées vous endormir et qu’on vous a raconté quand vous étiez petits. Je m’en vais réexpédier les trois tomes en France, ça enlèvera du poids à Coriana! Et sans doute que quelques abrutis arriveront à se goinfrer avec… Bon avec tout ça, j’allais oublier de vous raconter comment j’ai vu le match de l’équipe de France contre (ou avec!!!) la Hollande. Je dois commencer par vous dire que le gérant de la pousada était un… Italien, donc que ça commençait mal, on a évité le coup de boule et les bouchons de champagne… Qu’il m’avait proposé de regarder le match chez lui mais qu’évidemment à l’heure dite il n’était pas là. J’ai couru dans tout le village pour tenter de trouver une télévision reliée à un satellite lui-même relié aux caméras en charge de filmer le match. Y’en avait bien une pas très loin de la pousada mais après avoir demandé à son propriétaire s’il y avait une TV satellite publique quelque part dans le village (non sans espérer qu’il m’invite chez lui) et qu’il me réponde qu’il fallait que je redescende sur la place principale pour avoir une petite chance, j’ai commencé à perdre espoir. Je suis monté voir les jeunes qui jouaient au foot sur la place du théâtre, peut-être eux sauraient-ils où on peut regarder ce match? Ils m’ont indiqué une pousada, un peu plus loin, sur la route qui mène à l’église et au camping… J’y cours, j’y vole même et 200m plus loin je stoppe net, j’entends les rumeurs d’un stade dans une petite maison sur le côté gauche de la ruelle. Je sens une ouverture mais deux femmes bouchent l’entrée, je crochète, feinte de corps, passement de jambe, hop! J’essaie de leur faire comprendre que je suis français et que je veux regarder le match, que je suis prêt à payer, ou à acheter une bière même, s’il le faut!  La maman arrive à la fenêtre qui comprend rien à mon baragouinage « footballinguisticobrasiliano » et puis enfin le fils: mon sauveur… Qui lui regarde « mon » match vautré dans son fauteuil et commence à comprendre que s‘il ne me laisse pas rentrer, je vais tacler par derrière. Ouf! Je suis assis sur l’canapé, je regarde une belle défaite. Depuis Sarko et son projet de France qui gagne, on n’a pas réussi grand chose, si on enlève la traversée de l’atlantique de Coriana, s’entend! Je rentre avec sur le dos une humeur massacrante et nauséeuse, sans avoir bu de bière et fumé de clope… Merde, putain!


 


   Le lendemain je me suis levé tôt, avant 6h, toujours difficile de trouver un café ouvert à cette heure. Sur la place du marché un vendeur ambulant de p’tit déj’-café da manha- installait sa guérite. En attendant qu’il termine j’ai regardé les pigeons rôder par petits groupes sur les pavés à la recherche de miettes perdues, ou d’une compagne pour passer l’hiver… Au loin, là-haut, des bouts de rochers sont en feu, embrasés par le soleil qui déjà frappe fort et à l’horizontale. Sur la place le café, lui, est bouillant, un peu trop sucré à mon goût et trop petit surtout. J’en prends trois pour réveiller mes cinq sens. Deux chiens sont apparus sur la place, essayant de chasser les pigeons mais ce fut rapidement sans espoir. Ils ont  laissé tomber et commencé à fouiller les poubelles. Derrière moi, un peu après le pont, des rapides allaient se jeter dans la brume épaisse qui s’obstinait à étouffer le fond de la vallée… Des balayeuses de rue sont venues danser avec leurs grandes pelles sur les pavés chassant les chiens mais pas les pigeons. Au troisième café j’ai enfin senti mon cœur battre et accélérer…         

 


Bon, sinon on s’est baladés dans le parc national et baignés dans les rivières mais pour ça il faudra partir sur l’autre blog qui sera peut-être en ligne demain:

 

le-voyage-de-coriana3

 

Par Ronan Berrehouc
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Jeudi 19 juin 2008

!!! !!!  Fait beau! Ecoute Nick Cave, Abbatoir blues… Terminé le conte de Monte Cristo hier nuit… Et puis regardé woody Allen: Anything else avant de m’allonger sur le pont… Impression d’avoir bouclé la boucle. Dois finir ce blog. Sais pas en fait.  Sommeil: Où m’emmènes-tu cette fois? 

1-Monte Cristo est parti avec Haydée batifoler sur l’horizon.

2-Attendre et espérer: Sagesse humaine.

3-Ta gueule: Boucle là!

   Mon poing est parti il y a trois jours. Déclic! Pas eu mal… au contraire. M’a Fait du bien, même en rêve… CONNARD A VIE. Pas de broches cette fois  Ah!Ah!Ah! Cette Chaleur sur-humaine me laisse de glace… Nuit: Sans vénus, rien à foutre. Zumbi les palmiers brille… Qui connaît Zumbi? Laissez tomber… Trouvé Chien Brun au bistrot du coin: Bière(s). Cervelle en friche. La vie recommence tous les jours, terrible (de puanteur) et dégueulasse (d‘aspect)! Un enfant dort au pied d’un téléphone, qu’attend t-il? Um real? Un coup de fil? Un enfant dort… Rêve peut-être, NON. Connaît-il Zumbi? MERDE! tire toi, - pas lui -, moi. L’eau qui a coulé sous le pont c’était qui! Tire toi encore une fois… L’enfant dormira de toutes façons… Ok, je me tire: TCHAO

 **********************

   La fille avait la peau foncée, elle était  mince et son crâne était rasé. J’écoutais et regardais un clip de Beirut sur le net. Elle s’est assise juste derrière moi. Par dessus mon épaule, elle a aussi  écouté et regardé Beirut.
_ « Tou es francesss? »
J’ai haussé les épaules et répondu: « não se ». Elle m’a demandé ce que je faisais là. Du menton je lui est montré ma bière et l’écran de l’ordinateur, avec trois mots et quelques gestes j’ai essayé de lui expliquer que j’attendais un avion qui devait se poser dans une petite éternité à l’autre bout de Salvador et que si tout se passait bien, ma petite amie en descendrait. Elle a fait comme si elle n’avait pas compris.
_ « Tu fais quoi les deux prochaines heures? »
Là encore, j’ai haussé les épaules et montré ma bière.
_ « Alors, tou né mé trouves pas jolie? »
 Je lui ai offert une bière et puis une clope aussi, ça n’était pas une réponse seulement la moindre des choses, elle venait de se prendre une sorte de râteau… Pour la remettre en chasse, je lui ai montré un italien, plutôt beau gosse, selon mes critères, qui terminait un jus de fruits aux multiples vitamines vers le bout du comptoir.
 
_ « Non, il est pas beau »
J’en ai conclu que j’devais pas être aussi moche que j’le pensais! L’italien est parti, « Vas-y, fonce » Je lui ai dit. Elle a jeté un regard triste sur moi, ou sur ma bière… J’ai pas eu le temps de bien le voir, il s’est aussitôt abîmé quelque part dans les reflets de la table en verre. Elle m’a pris une cigarette avant de s’envoler vers la « Praça da Sé ». Je suis resté là, à essayé de trouver dans le monde qui nous entoure, un lien entre le plus vieux métier du monde et ma bière, si jamais il y en avait un…  Google n’a rien trouvé!

   Elle est revenue, peut-être une demi-heure plus tard, elle tremblait, elle s’est assise sur la chaise en face de moi, s’est emparée de ma bière et l’a terminée d’un seul trait. Elle a commencé à me raconter une histoire que j’ai mis du temps à comprendre parce qu’ entre chaque mot il y avait un sanglot qui fuyait. Plus bas, dans la ruelle, elle venait de voir un gamin en descendre un autre d’un coup de feu. 

      

 

 

Par Ronan Berrehouc
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Lundi 19 mai 2008
 

C'est dimanche /// ///  Il pleut, une pluie toute en longueur /// /// des gouttes qui s’étirent /// /// Forme des tirets /// /// Attendre qu’elle finisse /// /// Qu’elle en finisse /// /// De découper l‘air et de cisailler le ciel /// ///  La radio crache des tubes où il est toujours question de soleil, de plage, avec des guitares, des amis, des ABC /// /// Salvador /// /// Provocation /// /// Juste provocation, je pense /// /// Provocation évidente /// /// Pluie /// /// Vois rien /// /// Rien à voir /// ///  Juste de la pluie /// /// Des tirets, comme ceux-là /// /// Ploc! Ploc! Ploc! /// /// Écrire alors? /// /// Certains chantent bien sous la pluie /// /// C’est ça! Oui, écrire /// /// Il pleut /// /// Qu’il pleut /// ///  Ecrire sous la pluie /// /// En attendant qu’elle en finissent d’elle même /// /// Avec elle même /// /// La laisser s’épluiser  /// /// la pluie /// /// Toute seule /// /// Écrire /// /// Une histoire /// /// Avec de la pluie /// /// Au milieu /// /// Dessus /// /// Dessous /// /// Partout /// /// Pluie /// /// Pluie /// /// Pluie /// /// Quelle histoire! /// /// L’histoire d’un parapluie? /// /// peut-être? /// /// d’une paire de botte? /// /// d’une  capuche? /// ///  D’un parapluie, oui! /// /// Un parapluie sous la pluie /// /// C’est un titre /// /// Début /// /// Le parapluie s’ouvre /// /// au sortir d’un immeuble de 1253 étages /// /// Evite sur l’avenue d’autres parapluies /// /// des plus petits que lui /// /// des plus grands aussi /// /// des jaunes /// /// des verts /// /// … !!! … /// /// Finalement cogne un autre /// /// Connard! R’garde un peu où tu fouts tes baleines /// /// Ta gueule, va te faire enculer au soleil /// /// C’est ça, gros PD, t’vas voir ta toile à la prochaine averse si elle s’ra encore étanche /// /// Au demeurant, les choses, on dirait, sont les mêmes chez les parapluies que chez les hommes /// ///  Tiens un parapluie mort, dans le caniveau /// /// Un squelette de parapluie serait plus exact /// /// Là bas un autre /// /// Plus en forme celui la /// /// Frappe un gamin qui a tenté de voler le sac à main d’une demi-vieille /// /// Le notre rentre au café /// /// Replié /// /// Puis posé /// /// Dans un coin /// /// Serré contre un autre parapluie /// /// Tous deux à s’égoutter /// /// Dialogue de parapluie /// /// Ploc! Ploc! Ploc! /// /// Entre eux /// /// S’racontent des drôles d’histoires mouillés /// /// Des histoires follement humides /// /// Des histoires à sécher debout /// /// On m’a acheté hier matin à l’ondée de 9h30mn et toi? /// /// Moi, je date de la saison des pluies dernière /// /// T’as du en voir alors des pluies couler sous les ponts? /// /// Des déluges tu veux dire! /// /// Et des inondations? /// /// Aussi! Oui, j’en ai essuyé quelques une /// /// Putain! La vache, comme ça pisse aujourd’hui /// /// T’as encore rien vu mon petit parapluie /// /// Un troisième parapluie arrive s’égoutter à coté d’eux, mal replié /// /// Eh! Fait gaffe t’es entrain de t’égoutter sur moi, merde /// /// Désolé mais je suis percé un peu partout et j’ai une baleine qui me fait souffrir, l’arthrite /// /// T’as qu’a rester chez toi alors /// /// J’y peux rien, c’est l’autre, mon proprio, il veut pas me mettre à la retraite et prendre un plus jeune que moi où un intérimaire en attendant qu’on me refasse l’étoffe et qu’on me soigne la baleine /// /// Ce ne serai pas la première /// /// Putain merde, ça doit être halitueux /// /// Un peu mon n’veu, j’devrais être en arrêt de travail depuis trois saisons au moins, avec pension, cotorep, tout ça /// /// Chier! Les patrons aujourd’hui, c’est pluie c’que c’était /// /// Qu’est ce que tu veux, le temps change! /// /// J’ai entendu qu’à la bourse de Brest /// /// La référence universelle en la matière /// /// le cours du parapluie avait chuter en trombe à cause du réchauffement de la planète /// /// Y’a aussi la saison des pluie qu’y a été minable en Afrique équatoriale, paraîtrait qu’on s’est très mal vendu /// /// Ouep! C’est les ombrelles qui vont être contentes /// /// Ah! Les salopes, bientôt elles possèderont des villas à  Dublin ou Glasgow /// /// Vache! /// /// Qui pisse, oui,  tu l’as dit /// /// et les trois parapluies de se marrer entre eux /// /// Ah! Ploc! Ah! Ploc! Ah! Ploc! /// ///  Le parapluie qui en avait vu des déluges se voit contrains de quitter le café /// /// Allez, à pluisssse les amis, j’suis bon pour la prochaine averse, j’crois bien /// /// C’est ça, à pluiche et n’oubli pas d’met’ ta capluiche lui dit le jeunes /// /// Les jeunes parapluies n’ont pas le même accent que les vieux! /// /// Et que la flotte soit avec toi dit le vieux tout percé avec sa baleine qui lui fait de l’arthrite /// /// Merde, c’est pas une vie /// /// J’sais pas, t’as vu la gueule des ombrelles dès fois, complètement cuites au soleil, et les parasols, t’as déjà vu la gueule d’un parasol après une saison à Praia Grande à Salvador? /// /// C’est vrai, t’as p’têt raison au fond, j’ai vu un reportage sur ça à la téloch’ /// /// Hier soir p’dant que j’séchais cont’ la chaise d’la cuisine /// /// Ah! La flaque, je sais plus à quelle pluie me tremper moi /// /// Si t’veux l’savoir, moi non plus, f’rai bien une saison à la praia quand même /// /// Sous le sol /// /// Tomar um banho com une naïade en bikini, tel un nimbe fiché au-d’sus d’deux seins pointus /// /// Là le jeune s’emporte un peu, la foudre de la jeunesse sans doute, y’a comme de l’orage dans son caleçon, une giboulée à l’orgasme, un éclair à l’éjaculation (commentaire de l’auteur) /// /// C’est plus de mon age dit le vieux parapluie /// /// Porté par une donzelle, mon manche en bois d’ébène posé sur son épaule /// /// Oh! Oui /// /// Avec juste un petit rayon de soleil caché entre deux délicieuses averses me suffirai /// Hep! Tu Déformes la profession mon vieux qui dit le jeune parapluie /// /// Oh! Oui /// /// Le vieux parapluie n’écoute plus le jeune /// /// Juste caresser de mon manche encore une fois une épaule douce et bronzée, entre deux charmantes averses Bahianaises /// /// Eh! Ben, mon plus-vieux, t’peux t’jours rêver, mais vu comment t’es gaulé! M’étonnerai fort /// /// T’as l’manche tout usé, terni, racorni /// /// Oh! Ça va, Il vient tout juste de mouiller le fond de sa culotte et déjà Môsieur se prends pour Aldo Maccione en vacance à Itaparica /// /// Tu veux que je te raconte, moi, la Normandie, Honfleur, Dauville, Ah! Ce que j’ai pu faire dans les petites cabines qu’il y avaient en haut de la plage /// /// Et les parapluies de Cherbourg /// /// ça ne te dis rien? /// /// Le film de Jacques Demy /// /// 1964 /// ///  Musique de Michel Le grand /// /// Souvenirs /// /// Ô doux Souvenirs /// /// Catherine Deneuve et Nino Castelnuovo /// /// Le parapluie qui jouait le rôle principal c’était mon meilleur ami /// /// Quelle belle époque! /// /// On en a vécu des bourrasques tous les deux /// /// On en a allongé des petites ombrelles ensemble /// /// Il connaissait bien le parapluie de Franck Sinatra /// /// Celui qui a joué dans Singin’ in the rain /// ///  Qui pendant un moment à fricoter avec l’ombrelle de Marilyne Monroe avant de devenir PD et de se tirer on ne sait où avec le parapluie de Marie Poppins /// /// Une drôle histoire de fesses qu’on a dit à l’époque /// ///  Et Douarnenez, la plage du ris, celle de treizmalouenn, tu veux que je te raconte /// /// Avec mon pote /// /// Ah! C’était le bon temps /// /// Toujours à écluser /// /// De la bière comme s’il en pleuvait /// /// Bizarre comme le temps change vite /// /// On devient vieux sans même le savoir /// /// Regarde j’arrive même plus à me faire bander les baleines /// /// Allez l’vieux, va pas t’fout’ en l’air avec toute c’te submersion de remember /// /// T’en auras encore d’belles ondées au goût de miel /// /// C’est vrai mon petit parapluie, tu as sans doute raison /// /// Entre nous y’aura pas d’pépin vieux, pas vrai? /// /// Et encore de se marrer, tous les deux, la dans le coin, au café /// /// Ah! Ploc! Ah! Ploc! Ah! Ploc! /// /// Tiens j’crois vais pas tarder à y retourner, vache ça à redoubler /// /// Plus une vessie qu’elle a cette vieille génisse, c’est un zeppelin rempli d’flotte carré dans l’fion /// /// Surveille ton langage mon petit /// /// Dis donc le vieux, comment qu’t’as fait pour pointer ici, à Salvador? /// /// C’est une longue, très longue histoire /// /// Je suis né en Angleterre /// /// Un jour de pluie évidemment /// /// Attention, là je te parle d’une pluie anglaise /// /// Pas de n’importe quelle pluie /// /// Egoute moi bien petit pépin /// ///  Une jeunesse humide mais dorée a suivi /// /// Je bravais le crachin toute l’année, 14 mois sur 12 /// ///  On n’avait pas le treizième mois à l’époque /// /// De toutes manière il y aurait mouillé pareil /// /// Toujours été bien entretenu, réparé par un artisan surdoué /// /// Chaque année au 15 d’Août /// /// Le seul jour où c’était possible /// /// Y’avait le respect à l’époque, celui de l’étanchéité /// /// La guerre est arrivée /// /// En 39, on servait plus à rien sous les bombardements /// /// Il fallait plus costaud que nous /// /// Et puis le Général de Gaule est venu apprendre l’anglais /// /// pour parler au français /// /// Inonder les ondes à la radio /// /// C’est ainsi que le 06 Juin 1944 j’ai été parachuté sur la Normandie /// /// Pour le jour le plus long… /// /// Bouter l’Allemand hors de la plage d’Omaha /// ///  Plus question qu’il y plante un parasol le Boch’ /// ///  Là encore il pleuvait /// /// C’est pas dans les livres de l’histoire mais j’ai sauvé plus d’un soldat ce jour là /// /// J’attends toujours ma pluie d’honneur /// /// Faudra voir à la demander à Mr Sarkozy /// ///  La guerre s’est terminée comme elle avait commencé /// /// J’étais usé /// /// Percé /// ///  Rafistolé de partout /// /// J’aurai pas soutenu un dernier grain le jour où nous avons libéré Paris /// /// Ah! Paris, Edith Piaf, Mon légionnaire, la vie en rose, Milord… /// /// Boris Vian… /// /// Charles Trenet… /// /// J’ai traîné mes baleines un peu partout de saint Germain des prés /// /// Rive gauche /// /// jusqu’en en Bretagne /// ///  Servi pour Dan ar Braz et Allan Stivell /// ///  Il pleuvait bien là-bas /// ///  En mai1968, j’étais au coté de Con Bandit /// /// Pour protéger les joints qu’il faisait tourner sous la pluie /// /// Près des barricades /// /// Et à prendre des pavés dans la toile /// /// Ceux que les flics nous rebalançaient dessus /// /// Tous le monde se foutait de tout /// ///  Tout le monde avait la haine /// /// Tout le monde se foutait de la pluie /// /// Même à Woodstock ils s’en foutaient de la pluie /// /// Ici tout le monde creusait /// /// Tout le monde croyait qu’il trouverait la plage /// /// En dessous les pavés /// /// Tout le monde rêvait de parasol /// /// C’était un leurre pour que tout le monde s’essouffle… /// /// Je savais bien moi /// /// Ils sont restés creuser /// /// Longtemps, les hippies et autres baba cool /// /// C’était fini depuis le déluge /// /// Mais même sous la pluie eux ils creusaient et chantaient /// /// Peace and love /// /// J’étais là, je les regardais creuser /// /// Après, quand ils en ont eu marre de creuser /// /// Quand ils ont enfin compris qu’on se foutait de leur gueule /// /// Que Bob Marley allait vendre plus de disque que Bob Dylan /// ///  Ils sont partis à Katmandou ou à Goa /// /// Il n’y a jamais eu de plage sous les pavés… /// /// Juste des catacombes /// /// Je suis retourné en Angleterre quelques temps /// /// Pour un petit rôle /// ///  Doublure parapluie /// /// Cascadeur en fait /// ///  Pour John Steed /// /// Dans Chapeau melon et Botte de cuir /// /// Mais j’aimais pas les pluies de studio /// /// Retour en France /// ///  Un jour, bien des années plus tard /// /// Un type s’est trompé de parapluie /// /// Sorti d’un bistrot breton /// /// et je me suis retrouvé aux états unis, c’était en 1978, Janis Joplin était morte depuis longtemps /// /// Elvis presley l’année précédente /// /// Il restait John Wayne /// /// Mais tous seul, sans parapluie, il pouvait plus rien pour empêcher les états unis de sombrer sous les flots capitalistes /// ///  Il est mort l’année suivante /// /// Il pleuvait ce jour là /// /// En 79 que c’était /// /// Jimmy carter n’a rien pu faire non plus /// /// J’ai traversée les states /// /// Easy Rainer qu’on m’a surnommer /// /// A la recherche des plus belles pluies de la terre /// /// Loin, très loin des petites ombrelles   Normande… /// /// Au Mexique, j’ai goûté les champignons hallucinogènes /// /// Avec Carlos Castaneda /// /// C’était peut-être à cause de leurs formes /// /// Ils nous ressemblaient un peu /// /// J’voulais savoir /// /// Je me suis cherché un endroit /// ///  Une vie /// ///  Une pensée /// /// Un format /// /// Une ombrelle aussi /// /// ça n’a pas duré /// /// Je courrai toujours après les averses /// /// La pluie a continué /// /// J’ai suivi le temps /// ///Je ne suis pas arrivé a Bahia, c’est  Bahia qui est arrivé à moi /// ///  L’auteur malheureusement se sent fiévreux à l’heure qu’il est /// /// C’est la nuit, la pluie on dirait a cessé. Mais là, ça reste encore à écrire…     

Par Ronan Berrehouc
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Samedi 17 mai 2008

Brèves Bahianaises:

 

 

 

   C’était dimanche, le jour du seigneur et des bondieuseries en tous genre… Ils avaient tous les mains levé au ciel et chantaient, certains pleuraient en chantant… Sur une scène en plein-air y’avait des curés déguisés en blanc et rouge, à genoux autour d’un hôtel sur lequel traînait le fameux calice plein de pif, de sang du Christ pardon! J’ai traversé la place et la foule comme un dératé… ça me fait peur moi ces « bondieuseconneries ». Peux pas sentir ces choses, j’ai les foies dès qu’il y a d’l’éternité dans l’air…

 

   Dimanche après-midi, il pleut. Comme si nous n’en n’avions pas eu assez, nous regardons les films de Jean du sud et des Damiens. Allez, Yac’, on y retourne?

 

   Si vous croyez que je vais vous parler de samba, de bossa, de capoera et de jolies filles, vous vous fourrez les doigts dans le pif. Aujourd’hui j’ai tapé : rock + indie + Salvador de Bahia dans Google…

 

  Putain! On était vachement content Yac’ et moi de laisser traîner sur la table un paquet de clope vide pendant qu’on buvait notre bière sur la terrasse. Comme ça, a chaque fois qu’on essaye de nous taxer une clope: « désolé mec mais on est entrain de fumer la dernière… ». Ah!Ah! Super, avec le paquet plein caché dans le fond d’la poche. Pensez ce que vous voulez, qu’on est des salauds, des égoïstes… Bref, une fille, fine, maigre plutôt a débarqué à notre table, culotte courte et débardeur noire, faisant la mimique sans équivoque de cette fameuse cigarette qu’on s’apporte aux lèvres. Nous on lui a montré le paquet vide d’un air entendu, désolé… Alors, elle, comme ça: Hop! Elle a pris le briquet qui était posé juste à coté du paquet vide sur la table et en moins de deux il glissait jusqu’au fond de sa culotte, comme un gamin sur un toboggan... Narquoisement, elle a fait genre: Venez le chercher maintenant… On n’a pas insisté, elle s’est tirée avec l’air plein de malice et notre bricket au fond de sa culotte, celui que je venais d’acheter il y avait dix minutes… Nous, on est resté là, comme deux ronds de flan, assis devant notre bière… à méditer sur le fond d‘culottes des filles et tous ce qu‘elles pouvaient y cacher.

 

   En surfant sur le net, j’ai vu que le site d’Uniterre avait référencé mon blog, plutôt bien d’ailleurs. Pour le présenter, ils ont écris:  Il existe encore des Kerouac mâtinés de Moitessier, en voilà un! Très joli blog excessivement littéraire et personnel avec photos et un peu n’importe quoi… Et alors? De la pure POESIE! J’ai pensé que le titre de mon livre que je vais écrire quand je serai grand ça pourrait peut-être être un truc du style: Sur la longue route…

 

   Bahia, c’est la ville, immense, gigantesque, pareille à toutes les grandes villes. Je n’aime pas la ville... Les villes… Elles puent et suintent la misère, Transpirent le fric, une belle bagnole = une goutte de sueur...Trop de bruit, trop de monde, trop de pauvres, trop de riches surtout, 11 396 123 habitants, sans compter les chiens, les chats, les rats et les cafards… Tout le monde doit vivre... Trop d’alcool bien sur, trop de drogues aussi, trop de circulation… Saoulant, épuisant… D'un coup, là, j’ai pensé qu’il devrait exister des stages pour préparer les retours à la l’urbanisation!   

 

Par Ronan Berrehouc
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En liberté



                                                                              BILLET  D'HUMEUR
                                                                      PAR  DES  MOTS  VOYAGEURS
                                                                  undefined
                                                              

la cambuse

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