Ils ont dit:






   A mon retour, il s’est trouvé beaucoup de gens qui n’étaient pas partis, pour me dire qu’avec un peu de fantaisie et de concentation ils voyageaient tout aussi bien sans lever le cul de leur chaise. Je les crois volontiers. Ce sont des forts. Pas moi. J’ai trop besoin de cet appoint concret qu’est le déplacement dans l’espace. Heureusement d’ailleurs que le monde s’étend pour les faibles et les supporte, et quand le monde, comme certains soirs sur la route de Macédoine, c’est la lune à main gauche, les flots argentés de la Morava à main droite, et la perspective d’aller chercher derrière l’horizon un village où vivre les trois prochaines semaine, je suis bien aise de ne pouvoir m’en passer. [ L’usage du monde, N. Bouvier]

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   J’avais une maison au bord de la mer. Mais pour aller à la plage il fallait passer devant un bar. Je n’ai jamais vu la mer. [ J. Best, Grand footbaleur de Manchester United]

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_Finalement, ce tésor, on l’a vu ou pas ?
_Nous avons voulu le voir même s’il n’y était pas… Mais le trésor existe sûrement, caché par des démons taquins et il reste introuvable parmi les labyrinthes de nos questions et de nos réponses…  [ Corto Maltese & Raspoutine, La maison dorée de Samarkand]

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Samedi 17 novembre 2007

 

   Une semaine déjà que je suis à Cachouane. Le temps passe et cest ce quil peut marriver de mieux

 

   J’ai mangé chez Pierre-Antoine, une tonne de riz dans laquelle se noyait un cobo (genre de grosses sardines) pour cinq personnes et quelques coques cuitent dans du jus de citron que Margot avait ramassé sur un petit banc de sable que je ne connais pas, près du village. Prochaine fois elle m’y emmène. Elle a bien grandie la Margot, belle comme un ange noir lorsqu‘elle tire de l‘eau au puit… Elle m’a sauté au coup, Je l’ai attrapé au vol avant de la serrer dans mes bras et de lui faire un petit bisou sur le front. Bouba est arrivé à son tour en hurlant de joie, lui il est resté petit et broussard, toujours pieds nus et espiègle quand il ne s’agit pas des choses de l’école… Pierre-Antoine a juste dit « Réno, ça va? » et baissé la tête. Simon « Comment ça va mon frère et… ». J’ai mangé, j’ai pas traîné, une autre fois peut-être je resterai pour le thé, mais là j’ai les yeux qui me picotent à cause des questions d’enfants et je veux siester, fermer les yeux.

 

Deux heures plus tard…

 

   Les yeux clos, allongé sur la couchette avant, je venais tout juste de laisser Mercédès et Edmond se prendre par la main (Le Compte de Monte-Cristo). Après trois mois de mer, rien avait changé, Mercédès n’avait pas succombé à Fernand son cousin… Sur la rive à Eboukout j’ai entendu une petite voix de vieux que je reconnaissait d’entre mille, Pierre-Antoine: « Réno, Réno ». J’ai passé ma tête par le capot avant, « Réno, ty viens ici. ». Je me suis habillé et ai mis en place les moustiquaires juste avant de sauter dans nénnexe… Pierre-Antoine m’explique que quelqu’un a « emprunté » sa pirogue et qu’il veut prendre la mienne ( mon annexe! ) pour partir à Sifoka avec son pote Jean-Baptiste afin d’y acheminer 40l de vin de palme qu’ils vont offrir pour un mariage. On ne peut rien refuser aux anciens! Je l’ai bien mis en garde, tentant de le dissuader de partir mais rien n’y a fait… Il a mis ses mains en porte voix et pousser un cris aigu, celui que font les récolteurs de vin de palme pour s’identifier et se repérer dans la brousse. Au loin j’ai vu le bonnet de Jean-Baptiste qui traversait la rizière. Ces deux là c’étaient des aventuriers, moi je suis une mauviette! Pensez donc, 65-70ans, partir avec mon annexe chargée en cale de deux bidons de 20litres de vin de palmes, 2milles de navigation sur le bolon contre vent et marée à la rame… C’était pas l’aller qui me faisait peur mais le retour, ils allaient certainement en boire « un peu » du vin de palme et le retour des guerriers dans la nuit n’allait  pas être triste. Une bonne piste entre potes! La nuit est tombée, j’ai attendu avec Hélène (la femme de Pierre-Antoine) assis sur un banc planté dans le sable devant la case familiale. Je commençais à être inquiet, Hélène elle rigolait… Pierre-Antoine a débarqué vers 21h, avec la petite dose réglementaire… Le voyage c’était bien passé et moi j’avais hâte d’être vieux et d‘avoir un pote! 

 

par Ronan Berrehouc
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