
A mon retour, il s’est trouvé beaucoup de gens qui n’étaient pas partis, pour me dire qu’avec un peu de fantaisie et de concentation ils voyageaient tout aussi bien sans lever le cul
de leur chaise. Je les crois volontiers. Ce sont des forts. Pas moi. J’ai trop besoin de cet appoint concret qu’est le déplacement dans l’espace. Heureusement d’ailleurs que le monde s’étend pour
les faibles et les supporte, et quand le monde, comme certains soirs sur la route de Macédoine, c’est la lune à main gauche, les flots argentés de la Morava à main droite, et la perspective
d’aller chercher derrière l’horizon un village où vivre les trois prochaines semaine, je suis bien aise de ne pouvoir m’en passer. [ L’usage du monde, N. Bouvier]
J’avais une maison au bord de la mer. Mais pour aller à la plage il fallait passer devant un bar. Je n’ai jamais vu la mer. [ J. Best, Grand footbaleur de Manchester
United]
_Finalement, ce tésor, on l’a vu ou pas ?
_Nous avons voulu le voir même s’il n’y était pas… Mais le trésor existe sûrement, caché par des démons taquins et il reste introuvable parmi les labyrinthes de nos questions et de nos
réponses… [ Corto Maltese & Raspoutine, La maison dorée de Samarkand]

Attention article en deux parties,

Bon, fini les vacances, le sable chaud, les jolies filles en maillot, la baignade de midi, l’apéro du soir en écoutant Salvatore Adamo. Non, pas Henri Salvador lui il est mort… Mais si, bien
évidemment que vous connaissez Salvatore Adamo, l‘égérie des mamies et de moi aussi un peu: Les filles du bord de mer (à propos, la version de H.F.Thiefaine, elle est vraiment très
médiocre!), La nuit (je deviens fou… Regarder le clip sur ce blog!), Tombe la neige, (tu ne viendras pas ce soir…), Ma brune. Oui, Fini aussi les longues discussions avec les étoiles… Non,
là j’déconne.
Salvador de Bahia et le Brésil m’attendent… Alors, j’ai remis le tricot rayé bleu et blanc.
Vous savez, celui que les touristes zélés achètent à la coopérative maritime avec la casquette et la vareuse pour jouer les vieux loups de mer les soirs de grand folklore maritime (à Dz par
exemple?) avant d‘aller chanter « Hop! Là haut une bouteille de rhum… » jusqu’à vider la bouteille et vomir sur la table trop propre d'une fausse taverne portuaire mais vrai buvette à
toutous en rêvant sincèrement qu‘ils ont fait dix fois le tour du monde dans la nuit et baisé les plus belles femmes des ports les plus infâmes sans choper la ch'touille ... Ouep! Ben nous
pendant ce temps là -je l’espère-, nous allons continuer à naviguer, à faire de belles rencontres et se foutre encore un peu de la gueule des connards de ce monde. Chouette! On n‘a pas fini…
J’ai acheté un peu d’eau fraîche à une fontaine de jouvence qui coulait là-bas, en France, à Montpellier, c’était la fin des soldes, j‘en ai profité… J’ai retrouvé depuis quelques semaines maintenant l’esprit du petit marin qui normalement est le miens mais qui depuis trop longtemps traînait sa matière grise et ses idées noires au bistrot le plus proche en leurs racontant des histoires de vieux embruns sans sel et sans poissons-volants et préférait sommeiller pendant son quart sur le tabouret du comptoir, un peu comme les touristes précités…
NON! Punk-Rock&Ron’s not dead, ça va sûrement faire plaisir à mes parents, à ma petite soeur et aux quelques amis, si toutefois le mot "ami" existe encore pour moi! Bref, ce matin à 7h d’en haut du mât où je vérifiais quelques bricoles, j’ai harangué deux trois étoiles « Fuck me I’m sick » que j’ai gueulé en même temps que les baffles qui crachaient « Mudhoney » 11520cm plus bas. C’était une vocifération déchirante à l’intention de celle qui n’étaient pas encore parties se coucher. Non mais oh! Juste pour montrer que j’étais de retour et que j’étais là pour rigoler cette fois… Ah!Ah!Ah, Ah!Ah!Ah! voilà c’est fait. Euh! Oui, c’est un début! Elle m’ont regardé d’un œil pas trop scintillant les étoiles, l’air de dire: « Eh! Mais pour qui il se prend lui là, en bas? ». Quand elles m’ont enfin reconnu, elles ont souri et il s’est mis à faire jour… Faut vous dire qu’avec ma nouvelle coupe de cheveux et qu’à cette distance c’était pas facile de me reconnaître! Elles étaient super contente, je crois, de me revoir les étoiles, je leurs ai glissé un rendez-vous pour la nuit prochaine, on fumera une cigarette ensemble…
Je suis impatient de m’y mettre au travail, j’aime trop ça et cette légère tension d‘avant les grands départs. Mais surtout je suis heureux de reprendre ce voyage entamé il y a presque quatre ans - déjà - et de vous envoyez tous vous faire foutre!!! ( Les paries allaient bon train: Partira? Partira pas? Il va finir par se noyer dans son verre cet imbécile… C’était mal me connaître!) Vous savez comment je suis, c‘est mon coté grunge, tenez pour la peine que mon départ pourrait occasionner chez certains, un petit morceau de bonheur, rien que pour nous: On peut crier ensemble si vous voulez?
Rape me, my friend
Rape me again
I’m not the only one
Hate me Do it and do it again
Waste me
Taste me, my friend
My favourite inside source
I’ll kiss your open sores
Appreciate your concern
You’ll always stink and burn
NIRVANA: ( « Rape me » , In Utero)
Bon, avec une intro comme celle là inutile de vous dire que le moral du capitaine est en acier, comme son bateau. Le séjour en France s’est bien passé… dans l’ensemble cela fût beau et froid, Sarko dégringolait dans les sondages à mesure qu’il promenait sa « came » Carla dans tous les journaux et les magazines people de France et de Navarre mais on s’en fout complètement, n’est ce pas? Comment vous arrivez à rester vous?
J’avais fais mes courses rapidement, une liste énorme, 27Kg, mais mes deux winches eux sont restés coincés quelques jours au fond d’un jardin, quelque pars du coté de Vannes! J’ai pas réussi à monter la haut! J’en ai profité pour regarder du foot à la télé mais bon, j’ai quand même manqué un feu de cheminée… J’ai aussi vu Palavas-les-Flots, même quand y allant, dans le bus, y’a un cil qui s’est décroché de ma paupière et que Aurélie elle m’a dit de faire un vœu… Elle a trouvé que je l’avais fais rapidement mon vœu mais bon ça faisait quelques mois que je m’acharnais sur le même alors?
Le retour au Sénégal s’est bien passé, il ne pouvait en être autrement. J‘n’y allais pas à reculons cette fois! Air Italia ne m’a pas demandé un billet retour, la douane dakaroise a bien essayé de m’embêter à cause de tous le matos que je trimballais mais j’ai vite réglé le problème en sortant de mon sac une petite ancre d’annexe et en menaçant le douanier de lui fracasser le crane avec s’il ne me laissait pas rentrer dans son pays (Si cela peut donner des idées à tous les immigrés sans-papiers en France, tant mieux!). J’aurai aussi pu réciter la sourate de Yacine (Vous avez qu’à la lire, elle est dans le coran, pour comprendre!) mais comme au fond de mon sac j’avais déjà mis un petit coris porte-chance qu’un sorcier complètement saoul m’avait refilé dans un bistrot de quartier à Marseille en même temps qu’il me frottait le crane avec des plûmes de poules et je ne sais trop quoi encore, je ne risquais rien. Il m‘avait trouvé sympa ce sorcier béninois. Je crois qu‘il m‘a aidé pour autre chose aussi, je ne lui avais rien demandé, c‘est une autre histoire...
Quatre heure trente, A pompier, la station de taxi dakaroise, on a voulu m’arnaquer. Un drôle de passe-passe qu’ils ont tenté sauf que c’était pas leur jour, eh! Oui, c’était le miens, même les femmes, des casaçaise bien sûr, se sont mises à leurs hurler dessus. Elles avaient vu la « tentative de fraude » si bien qu‘après avoir mis le feu au garage ou presque, j‘ai eu deux super-copines pendant les dix heures de taxi, une de chaque côté, des gardes du corps… le taxi-man lui il n’avait plus personnes autour de lui, il en a été quitte pour une bonne prise de tête et une interdiction de quitter la station avec les autres chauffeur. Une sacrée histoire mais ce serait trop long à vous raconter… De toutes les façons, à 4h du matin, c’est toujours moi qui gagne, j’ai toujours été meilleur le matin, il faut le savoir… Oui, pour tout…
Après quarante heure sans dormir, j’avais encore la patate au moment de retrouver tous mes amis d’Egueye. Efrogoun yatita était de retour. Efrogoun yatita, c‘est mon surnom ici, cela veut dire petit cochon (donnez lui le sens que vous voulez!). J’étais heureux de reposer mon coude sur le comptoir. Content de retrouver tout ce beau monde, El Hadji, Tutti, Léna, Yatutti, Because, Aliou, Binta, l‘école mobile aussi… Ici il faisait beau et chaud et partout fleurissaient des sourires. Plus tard, j’ai bien dormi, je retrouvais ma bannette que j’avais laissé à Aurélie pendant son séjour, elle sentait encore bon l‘Aulérie… Avec elle, ce fut près de deux mois sur un petit nuage et sans aucun autre à venir traîner autour de nous. J’étais bien, tranquille, tout là haut avec elle, j’aurai bien signé une prolongation de contrat pour quelques mois supplémentaires… Enfin bon puisqu’on se retrouve au Brésil, on va considérer que c’est un CDD renouvelable à temps partiel ou un truc dans le genre!
Au réveil, à 5h, j’ai renoué avec le nescafé et le lait en poudre et je suis resté là à contempler le bolon en écoutant Beirut, une vieille habitude. J’ai relu une partie de ce que j’avais écris le mois dernier et que je n’ai pas pu vous envoyer à cause de ce problème de clef USB.
Quelques petits extraits quand même:
Il n’est pas encore 7h, je me suis fait chauffer un petit nescafé en roulant une cigarette de « Drum » qu’Aurélie a apporté dans ses bagages. Nous sommes à Kallisseye, Coriana est mouillée près de l’océan, loin du monde. Un endroit super chouette pour quand on est amoureux… Aurélie dort encore! sur la plage deux pêcheurs découpent des morceaux de cobos qu’ils ont attrapés cette nuit dans leur filet et qui serviront comme appât sur les palangrottes. Un petit vent frais descend tranquillement du Nord en chantant dans les filaos juste derrière nous. Pour ici il fait froid: 18°C, je descends leur offrir un thé bien chaud… J’ai un faible pour les pêcheurs, c’est comme ça, je me sens proche d‘eux, parfois j’aimerai être à leur place et leur refiler la mienne mais parfois non parce qu’elle est trop pourri ma place! (pensez ce que vous voulez!) On est là, assis sur le sable mouillé dans cette fin de nuit humide, eux en bottes, cirés et bonnet (je connais ça!) avec mon thé et leurs couteaux et moi pieds nus, pantalon thaï et gros pull-over avec mon nescafé tiède et mes questions d‘homme blanc. Le soleil a choisi de se lever sur l’autre rive, avec les biches et les phacochères, il est rouge, immense et il frissonne encore pendant que nous, de ce coté-ci, on essaye de se comprendre. Ce sont des Bissau-guinéens:
_En Guinée-Bissau ti es pêcheur ou banquier, mais ceux qui sont les banquiers y mentent, y sont des voleues! C’est tout, c’est comme ça. Qu’il me dit Assan.
_Ouep, sans doute… De toutes les façons chez nous c’est pire, un vrai banquier, c’est un menteur et aussi un voleur, il cummule… Je dis.
Il rigole. Je rigole aussi. On est d’accord. C’est un monde pourri…
Avec Aurélie, nous sommes allés nous balader à la pointe du monde, une parmi d’autres bien évidemment. Mais ici peut-être c’est un peu moins gâté qu‘ailleurs. Une langue de sable se détourne du Sud-Sud Ouest pour s’en aller vers le Nord, balayée par le vent du large qui apporte au bord de mer ce parfum salé et cet avant-goût de liberté. Des grands filaos se sont jetés ici comme des naufragés et les aigles pêcheurs, les pélicans, les serpents et les vaches sauvages se partagent ce territoire en friche. Les vautours sont plus loin... C’est peut-être ce jour là que j’ai décidé de partir vers le Brésil… Revoir l’océan m’a fait un bien fou.
Nous avons poursuivi en direction du Nord, les pieds dans l’eau et la cervelle bercée par ce vent au goût de liberté. Au-dessus, le ciel bleu tentait de me raconter des vieilles conneries que, vulgairement, je balayais d‘un battement de cil, celui qui plus tard est tombé en allant à Palavas-les-Flots… Il faisait chaud et nous nous sommes baignés, nus, parce que nous n’avions pas pris nos maillots de bains… Ce n’était pas facile croyez moi d’être là, nu dans l‘océan et de nager à coté d’une jolie fille qu’on « Em ». « Em », tiens! bizarre d’écrire ça comme ça mais Aurélie comprendra. De toutes façons, il y a toujours des drôles d’idées à se trimbaler dans la tête d’un mec quand il est nu à coté d’une jolie fille et il faut vite les renvoyer ces drôles d’idées avant qu’elles ne le fassent devenir fou. Nous avons garder nos distances… Environ quinze mètres, peut-être dix… celle de l’amitié tout au moins! Heureusement l’eau d’ici n’est pas de petites vertus.
Ensuite, nous sommes entrés dans la brousse en suivant des sentiers de vaches plus ou moins sauvages qui avaient du se perdre si bien que nous aussi nous nous sommes perdus. Nous avons rencontré des fourmis géantes et méchantes qui ont attaqué Aurélie et puis des drôles d’arbres aussi, pour se gratter le dos qu‘on a pensé! J’ai fini en caleçon (une chance que j’en portais un!), le pantalon lacéré par la brutalité de cette brousse qui tentait de nous étouffer. Nous étions griffé un peu partout, Aurélie surtout. Je m’en voulais… C’était pas un bon plan drague, Eh! merde… Nous avons enfin retrouvé l’océan grâce aux bruits de ses roulements et repris un bain, encore nus mais pour nous laver cette fois. Bon Dieu! Comme j’aurai aimé… C’est la vie, je commence à connaître. Je n’ai rien montré, enfin je crois ( Tu as remarqué quelque chose toi, Aurélie? ). Comme toujours, moi c’est à l’intérieur que ça se déchire. J’espère que tu ne m’en veux pas, tu me connais un peu, disons suffisamment pour comprendre… Je n’ai rien de mauvais, je crois, juste des « petites » envies parfois et beaucoup trop d’amour souvent. C’est marrant, quand j’écris ça elle est là, entrain de lire un Fred Vargas dans la cabine avant et moi je suis dans le carré avec des petites larmes en suspend derrière mes paupières et l’ordinateur posé sur mes cuisses avec mes doigts qui frappent dessus pour essayer de vous faire comprendre quelque chose à tout ça! De temps en temps, en cachette, je lève la tête pour la regarder lire… On s’accroche au bonheur comme on peut, n‘est ce pas?
L’après-midi, nous avons marché jusqu’au petit village pour acheter des poissons à des pêcheurs, et le soir nous les avons grillé. C’était trois belles carpes rouges que nous avons accompagné avec du riz vers leur dernière demeure (notre estomac) en compagnie d’une bouteille de rouge et d’un beau petit feu qui réchauffait la plage. Aurélie ça lui a rappelé la forêt de Fontainebleau, moi ça ne m’a rien rappelé du tout, j‘ai pas voulu de souvenir sur ce coup là… C‘était du présent et du beau présent comme je n’en avais pas eu depuis bien longtemps. Les crabes dansaient la danse du crabe, -ça ressemble un peu au Madison si vous voyez!- dans la nuit, ou plutôt ils étaient surexcités à l’idée de récupérer un morceau de carpe grillé … je me rend compte que je me suis un peu emballé à propos des crabes, parce que, les crabes ne font ni de la danse ni de la poésie! Je déteste les crabes pour diverses raisons mais pour ceux qui connaissent bien ce blog vous le saviez déjà.
Les deux pêcheurs de ce matin sont passés nous donner quelques petites carangues avant de partir relever leurs filets et puis plus tard, ils sont encore revenus, ils voulaient nous offrir un thiof d’au moins 3kg! Tout ça parce que nous leur avions laissé quelques dolipranes et un peu d’alcool à 90°!
Ce soir on écoute Tom Waits, c’est peut-être la
dernière fois, ce n‘est pas mon disque… Warm beers, cold women, ou encore Better off without wife…
Ce matin nous sommes le 15 Janvier mais ici c’est sans importance. Une sorte de guêpier
s’en donne à cœur joie autour de Coriana, on dirait un alpha-jet bleu, vert et jaune… Ils passent si près de nous que je le vois ouvrir son bec pour gober…
J’ai encore en tête la journée d’hier passé chez Philippe Diassy, avec son histoire d’oiseaux qui annoncent la venue d’un étranger et qu’il avait vu le matin même. Jeanne-d‘Arc, sa femme lui avait demandé de les tués pour le repas du midi mais Philippe a refusé, ces oiseaux là annonçaient la venue d‘un étranger, ce sont des oiseaux magiques… Jamais je n’arriverai à vous raconter Phillippe Diassy (voir le premier blog ), jamais vous ne mériterez…
Voilà, c’était un ptit’ bout de vacance, maintenant:
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