
A mon retour, il s’est trouvé beaucoup de gens qui n’étaient pas partis, pour me dire qu’avec un peu de fantaisie et de concentation ils voyageaient tout aussi bien sans lever le cul
de leur chaise. Je les crois volontiers. Ce sont des forts. Pas moi. J’ai trop besoin de cet appoint concret qu’est le déplacement dans l’espace. Heureusement d’ailleurs que le monde s’étend pour
les faibles et les supporte, et quand le monde, comme certains soirs sur la route de Macédoine, c’est la lune à main gauche, les flots argentés de la Morava à main droite, et la perspective
d’aller chercher derrière l’horizon un village où vivre les trois prochaines semaine, je suis bien aise de ne pouvoir m’en passer. [ L’usage du monde, N. Bouvier]
J’avais une maison au bord de la mer. Mais pour aller à la plage il fallait passer devant un bar. Je n’ai jamais vu la mer. [ J. Best, Grand footbaleur de Manchester
United]
_Finalement, ce tésor, on l’a vu ou pas ?
_Nous avons voulu le voir même s’il n’y était pas… Mais le trésor existe sûrement, caché par des démons taquins et il reste introuvable parmi les labyrinthes de nos questions et de nos
réponses… [ Corto Maltese & Raspoutine, La maison dorée de Samarkand]

_ Merci mais je préfère rester seul, j‘ai dit comme ça, tout feu, tout flamme, avec un regard en forme de brasero tout droit sorti de l’enfer.
Ils se sont éternellement refroidis, on aurait dit des glaçons entrains de se noyer dans leur Coca-Cola! Qu’est ce que vous voulez, en ce moment j’ai un peu la tête ailleurs. Je ne suis pas d’une bonne compagnie. Je préfère regarder les mouches voler près du plafond ou une araignée tisser sa toile dans la charpente en rônier plutôt que de m‘ennuyer avec des gens comme eux, j‘ai le droit non?… et puis souvent ces gens ils vous posent que des questions, des tas de questions, toujours les même, des questions bateaux:
_Des tempêtes t’en as vu? Et combien de jours tu as mis pour venir jusque ici?
Ou encore:
_Et la nuit tu fais comment pour dormir, tu jettes l’ancre?
Vague impression d’être pris pour un phénomène surnaturel, alors que pour moi, ce sont eux les phénomènes. Capables de courber l’échine devant n’importe quoi juste pour regarder leurs pieds s’avancer dans une petite vie qui ne leur appartient même plus… Glisser sur Sarkozy ici pour tomber sur Carla par là, - c’est pour résumer -, et avoir peur de ça… De toute évidence ils ont perdus leur propre existence ou tout au moins l’ont égarée quelque part derrière un muret de souvenir appartenant à leur enfance. Ah! Oui, ils sont devenus grand maintenant qu‘ils disent, ces jeunes là. Ils attendent la retraite ou bien la mort mais tout ça c‘est pareil, indubitablement, sauf qu’ils ne le savent pas encore, moi si. C’est vrai, je ne suis pas très objectif là dessus mais j’ai mes raisons, vous allez comprendre… Mon pépé il est mort le jour qu’il touchait sa première pension de retraite. Il s’était acheté un poste de télévision couleurs avec, un Phillips si mes souvenirs sont bon, l’installateur est venu le brancher en début d’après-midi et puis après pépé avec mémé ils sont partis promener jusqu’à chez mémé poirier mon arrière grand mère pour fêter ça. Ben, c’est que c’était pas rien la télévision couleurs en 77, c’était le Punk qui commençait, on allait en avoir besoin… Pépé il est mort sur la route, tombé juste à coté de l’église, devant le magasin de chaussure, il n’a pas réussi à aller plus loin, même avec des chaussures neuves il n’aurait pas fait un pas de plus qu‘ils ont dit les pompiers… Un infarctus, pour lui la vie c’était fini. Bug, Click, corbeille! Fini les virées de sa jeunesse en scooter avec mémé, les chutes dans le fossé tout bourré avec son beau papa, Fini la guerre aussi, fini d’être cantonnier, fini les Gitanes, tout fini… Écran géant et noir. Il n’a pas connu les sex-pistols et les joies en couleurs, celles de la télé et celles de sa retraite, rien… Depuis ce jour ou presque j’ai décidé de ne pas attendre mielleusement les couleurs sucrés de la vie, mais d’aller les chercher directement à la ruche! Pour cela, je me suis mis en retraite avant l‘heure comme ça, elle au moins, je ne l’attend pas. C‘est pas si mal quand on y pense bien, je veux dire: Sérieusement! J’sais pas pourquoi mais je repense à Balladur qui voulait mettre la retraite à 75ans, pauvre enculé! Connard… Demande à mon pépé ce qu’il en pense.
La vie c’est maintenant, là, tous les jours, avec des hauts et des bas, des rires, des pleurs, des chansons, des amours gagnés, d’autres perdus, des risques de faux-pas sur la piste de danse, des promenades en forêt, des parties de pêche, des matches de football avec des mauvais tacles par derrière et des jolis buts marqués de la tête, de la houle par le travers, faire l’amour quand on peut, le goût de la bière et celui de la cigarette qui va si bien avec, des gueules de bois surtout, et quelqu’un qu’on aime par dessus tout ça…c’est ça la vie, c’est aussi ça le bonheur, c’est pareil. vous n’êtes pas d’accord?
Bref, ce qu’est réellement la vie de tous ces gens qui eux glissent sur n’importe quoi fini malgré tout par me retomber dessus et souvent, franchement, ça me casse les couilles. Je préfère rester seul devant mon assiette, tranquille et peinard à regarder les mouches se faire enculer ou des bzzzzzz-bzzzzzzz dans l’air ou l’araignée danser la samba dans sa toile au coin de la charpente et si ça me fait rire ou chanter c‘est toujours ça de gagner! Surtout si c’est en pensant au Brésil qui m’attend et puis à Aurélie, surtout à Aurélie… Je sais c’est pas gentil de parler comme ça des gens qu’on connaît pas et alors, marre de dire merci et pardon, j’ai pas de religion moi et puis j’en ai marre d’être gentil avec tout le monde, c‘est fini, je veux devenir méchant… Taisez-vous, c’est moi qui écrit! (Ouh, la, la, il a pas l’air commode le Ron-Ron aujourd’hui! Il vaut mieux qu‘il arrête là…).
Ouf, ça y est, je me suis un peu calmé… Coriana est prête, enfin si tenté qu’un bateau puisse l’être pour « aimer » la mer. Je ne l’ai jamais vu comme ça! Belle, belle, belle comme le jour…(Clin d’œil à mon ami Clo-Clo, trente ans déjà!) Moi aussi je suis beau, non? Et dans la tête je n’ai jamais été aussi bien! Allez, je m’accorde un peu d’euphorie, pas trop non plus! Une joie immense s’introduit doucement en moi, celle de retrouver mon terrain de jeu favori: la mer. C’est un peu comme quand petit, le dimanche matin arrivait et qu’avec ma sœur on allait pouvoir passer la journée à jouer aux Légos dans le grenier! On fabriquait des maisons sous-marine, à cause de Cousteau qu’on aimait bien, on les mettait ensuite au fond de la baignoire ou du bidet, pour faire plus vrai! Les cosmonautes c’étaient devenus des plongeurs. Ca va faire sourire maman. Papa lui il était pas là, il « jouait » déjà sur l’eau avec les grands… Maintenant il se rattrape et joue aux Légos avec ses petits enfants, et il leurs construit des maquettes de bateaux aussi, il a fini par comprendre que tout ça c’était pareil! Les Légos dans le grenier, les bateaux qui vont sur l‘eau… C‘est que pour les enfants. Quand il reste encore une brindille de rêve et de l‘espoir à gogo… Maman elle, elle doit se dire qu’elle aurait préféré que je reste dans le grenier, que comme ça au moins je serai pas entrain de lui faire passer des nuits blanches avec mes histoires de cœur noir et de grand océan bleu à traverser… Maman, t’inquiète, j’ai le cœur qui a viré au rose et l’atlantique ça n’est pas la mer à boire, tous va bien et tous va bien se passer! Mémé disait, je m’en souviens: Oh! Celui là il revient toujours. Alors promis, un jour je reviendrai jouer aux Légos moi aussi, un peu comme papa…
Une seule chose m’inquiète, c’est Ken, Kenwood, mon lecteur CD, il commence à fatiguer le pauvre, à force… Certains disques ne passent plus et sans musique sur l’eau c’est un peu comme jouer au foot avec un ballon crevé dans un champs de taupes… Quand on est un peu technicien du ballon rond, on s’amuse moins! A propos, j’ai écouté énormément de musique ces dernières semaines, des vieux disques que je n’avais plus le courage d’écouter à cause de la nostalgie… Pourtant la nostalgie c’est souvent du temps qu’on avait pas vraiment perdu… Enfin! Je sais pas? Peut-être que si au fond… Passons... Allez hop! Tout Nirvana à fond et tout Mudhoney aussi, et puis Sonic-youth, Tortoise, UI, The Flamin’ Lips, Archers of Loaf, Afghan Whigs, Dinosaur Jr, Truman’s Water, June of 44, Rocket from. The Crypt, Penthouse, Quickspace, Les Stooges, MC5, Nick Cave, les vieux Mercury Rev, les Pastels, My Bloody Valentine, Neu, CAN, Faust, Flamin‘Groovies, New York Dolls… Rien qu’de la musique pour les fous. La majorité d’entre vous n’y comprendrai rien (Je dis pas ça pour toi Aurore et je donnerai cher pour revoir My Bloody Valentine avec vous en Écosse!). Cette musique, c’est mon coté obscure, (je déteste la musique festive, elle ne sert à rien, elle ne me fait pas rire du tout.) et c’est elle qui m‘a poussé jusqu‘ici, après les Légos! …Un dernier retranchement, une camisole, un Bunker, le grenier était devenu trop petit… On survit comme on peut quand on ne veut pas grandir. Rigolez! Vous y étiez vous, en 91, à Reading pour Nirvana? Non? Et Mercury Rev à Phoenix en 92’ hein? Bon, alors. Taisez-vous (c‘est la deuxième fois… à la troisième vous serez collés samedi matin ) Sebadoh, ça ne vous dit rien non plus je suppose, pourtant c’est Lou Barlow qui a écrit les plus belles chansons d’amour, Helpless Heartbreak, Bouquet for a Siren… Mike Brant c’était de la musique de chiotte à la Turque à coté, tout juste bonne à se jeter par la fenêtre, Pardon Mike, c‘est ma pri-èr-èr-èreu… Bon, qu’est-ce que j’vous emmerde moi avec ma musique de chiotte turque, ça date d’il y a 15 ans tout ça, aujourd‘hui y‘a la Star Ac‘. On balance tout par les fenêtres une fois qu‘on s‘est torché le cul avec. C’est pour ça que le monde pue autant!
Le jour est entrain de pointer, La boule jaune va s’approcher doucement mais sûrement du cochonnet la lune. Le jour a encore gagner ce matin mais je suis prêt à parier que ce soir c’est la nuit qui gagnera. Vous me suivez?
Aujourd’hui je monte à Zig’, besoin de changer d’air, je commence à faire tout et n’importe quoi pour que le départ arrive vite et c’est pas bon alors j’ai décidé d’aller voir les Kala-nag après leur périple au Bijagos, de penser à autre chose et commencer les appros. Je reviendrai sur Coriana d’ici à trois jours.
Treize kilomètres seul dans la brousse, ça laisse du temps pour réfléchir n‘est ce pas? Y’a pas grand monde là dedans alors on se promène avec les pensées qu’on veut, on est libre, souvent c’est avec celles qu’on n’avait pas fini de retourner dans tous les sens. On y remet de l’ordre, on marche dessus, on se fait marcher, on nettoie un peu, on épure en laissant tomber quelques une le long du chemin, une manière de leur redonner la liberté et puis ça dure le temps que ça dure, dans la tête on est bien… C’est en marchant que j’ai eu l’idée de changer tous les hublots de Coriana. J’avais les plexis à bord, me manquait juste une scie sauteuse pour les découper mais les Kala-Nag, ils en ont une… J’ai débouché sur la nationale après trois heures que j‘ai même pas vu me passer par dessus. Putain! Je venais de connaître ma première expérience de téléportation. J’ai attendu un taxi, trois heures aussi mais ça m’a paru plus long. Plus question de téléportation dans ce monde moderne. L‘asphalte il lui faut des pneus, de la gomme, Good year ou Michelin… Pas des pensées tordues à démêler pour vous faire bouger d‘un endroit à un autre.
Un dimanche après-midi sur le bas côté, c’est un beau résumé, assis le cul sur la caillasse et le cerveau bien abrité du soleil sous un grand manguier pour pas cramer toutes les belles pensées que j’avais bêchées… Un car semi-rapide est passé mais dans le mauvais sens, le You And You qu‘il s‘appelait. Il a klaxonné à l’Américaine, non, ça n’était pas l’hymne américain revu par J. Hendrix à la fin de Woodstock mais quand même ça tenait la route son pouet-pouet Califournien… Deux oranges ont sauté en marche, dégoûtées de cet américanisme primaire, des OGM et de la guerre en Irak, et ont roulées sur le goudron, elles étaient pour ma pomme maintenant. J’ai remercié le taxi, J.Hendrix, la Califournie et surtout le petit nid de poule vingt mètre plus haut, en levant mon pouce, comme çà! Avec les oranges ont s’est mis à chanter à tue tête, Country Joe And The Fish: « Next stop is Viet-Nam, Wouppie we’re all gone die… », Woodstock encore. Ensuite, sans pitié, j’ai mangé les deux oranges en regardant les fourmis travailler… Elles bossaient durs les fourmis! Sans standardisation, sans Taylorisme, sans chanter…
Ziguinchor, bien cool de revoir Emma et Louïc. Une liste de chose au moins grande comme ça: forêts de 5mm et de 6mm, pinceaux, 1m de chaînette, 30m de garcette de 6mm, ECT et ECT ... ... ...
Je peux revenir sous le manguier si vous préfériez? Bon alors, cela faisait un bon moment que j’étais là
attendre un véhicule fantôme comme d’autres attendent un miracle, en regardant les fourmis travailler sans trop comprendre ce qu’elles fabriquaient un dimanche. Le jour du seigneur elles ont
l’air de s’en foutre complètement. J’étais aussi entrain de me dire que les oranges étaient un peu trop acides à mon goût mais que c’était pas de leurs fautes… Quand des d’jeuns’ un blanc et deux
noirs sont sortis du village d’Oukout. Des jeunes encore, décidément! Le blanc il avait la dégaine d’un rasta-man, vous savez les amis de Bob, les « dead-locks » , la vie cool, le p’tit
joint qui fait pleins de fumée sur le poster de la chambre quand ont est lycéens, I shoot the sheriff, tout ça! Les deux noirs étaient plus ridicules encore, déguisés en rappeurs de la banlieue
d‘Oussouye, à rouler fièrement du cul, comme une chaloupe qui filerai à la godille, dans des faux pantalons taille basse qui était tombés à mi-cuisse parce qu‘il avaient enfoncés trop fort leurs
poings serrés dans les poches arrières. L’un d’eux avait deux casquettes à poste sur la tête, une avec la visière devant mais légèrement de travers pour le style et l’autre avec la visière
derrière parce qu’on sait jamais dès fois qu’il y aurait un deuxième soleil à se pointer. Je vous parle pas des médaillons qu‘ils traînaient autour du col… A les bien regarder, comme ça là, les
trois jeunes, on aurait dit un gang. J‘ai eu peur! Ils me regardaient d’un air méchant, certainement parce que c’était plus facile que de me regarder avec un air gentil mais je voyais bien qu’ils
voulaient me dire t’as vu, nous on est cool man. C’est vrai que moi avec mes sandales (CooL), mon pantalon thaï et mon t-shirt des Açores celui avec le cachalot dans le dos j’avais l’air moins
cool qu‘eux! Et surtout pas de quoi prétendre à rentrer dans leur bande… On a failli se battre! Mais non, j’déconne. Allez, casse toi, tu pues et crève à l’ombre sous ton manguier va qu‘ils
devaient penser…
Ah! Le petit blanc rasta qui essaye de devenir noir en traînant ses semelles avec des noirs qui eux rêvent de
devenir blanc en contrefaisant des vidéo-clips de rappeurs américains, genre: M&M‘s au lieu d’EMINEM… C’est pas gagné! Moi j’vous l’dit… Retourne
à tes fourmis, c’est mieux mon Ron-ron, j’ai pensé.
Ziguinchor, revenons y plus simplement: C’était bien. Pendant la nuit, le petit chat des Kala-Nag m’est tombé dessus en se jetant au travers de la moustiquaire du hublot de la cabine avant. Je me suis souvenu d’une vieille série de dessins animés où c’était des chats qui étaient des supers héros, c’était à la fin du mercredi après-midi, j’étais petit, je regardais ça chez mami en mangeant des rochers Suchards, ou des Lions… Bon, du coup j’étais réveillé et j’ai commencé à lire un article dans courrier international qui traitait des événements de 1968 un peu partout dans le monde et sur l’implication de la musique rock dans cette cause libertaire (surtout au Etats-Unis et en Angleterre, parce que en France y‘avait que dalle sauf Cloclo évidemment qui chantait belle belle belle… Ah! Non celle là c’était en 69). Les MC5 ils avaient viré leur manageur qui pensait qu‘à 68‘, ils disaient qu’ils étaient avant tout des musiciens, qu’ils voulaient pas faire de la politique pour arroser ensuite des fleurs au pouvoir… Anarchiste quoi! C. International, il parlait aussi de Country Joe & The Fish, des Who? et de l’hymne américain de J. Hendrix… Ici, le jour est arrivé genre Flower Power, et par un grand mystère nous étions tous en 2008! J’avais une scie sauteuse dans les mains pour découper mes plexis. Il y a trente ans, en 1968, les Damiens eux ils partaient pour leur tour du monde de 5ans, ils avaient 20ans!
HUBLOTS.
Je me suis attaqué aux hublots, programme:
1_ Dévisser les 200 écrous
2_ Décoller les vieux plexis sans les casser
3_ Ôter le vieux
Sikaflex et Nettoyer le tour des hublots, poncer, dégraisser,
peindre
4_ Nettoyer boulons, rondelles, écrous (plein de Sikaflex)
5_ Traiter la rouille, Nettoyer, poncer, peindre l’encadrement coté intérieur
6_ Tracer et découper les nouveaux plexis
7_ Percer les trous de fixation
8_ Poser proprement les nouveaux plexis…
OK, ça paraît simple comme ça! Mais bon, nettoyer ces foutus 200 machins tous pleins de vieux Sikaflex c’est pas rien, ça prend du temps, deux nuits!
avec Because
El Hadji, Môsieur Sika'Mon bon Sikaflex (le 291) que je gardais précieusement à bord est tout pourri, durci. Je dois remonter à Zig’ en acheter mais ce sera du moins bon.
4h30 du matin, réveil, Ziguinchor, je sais qu’ici, à cette heure il n’y aura rien d’ouvert pour prendre un café excepté à la gare routière. J’y vais à pied dans la nuit. J’aime ça…
_ Toubab, toubab, tu vas où, Dakar?
_ Aujourd’hui nulle part, je réponds.
_ Mais, pourquoi tu es là alors?
_ Juste pour boire un café.
_ Ah! Ok, nice
_ C’est ça, Ok, cool Raoul (Il faut bien dire quelque chose, non?)
_ Mais après tu vas où… Dakar?
Je tourne la tête vers l’est, le fond du garage, la petite boutique que je connais bien, le jour se lèvera vers la-bas avec le café… Je m’en enfile trois pendant que la station se met debout. Petit à petit, les murmures s’agitent et deviennent brouhaha, ils finiront capharnaüm… On bouscule les carrosseries, on fait réchauffer du diesel, on met du beurre dans les moteurs, ça sent l’échappement libre pour le petit déjeuner… Qu’on le veuille ou non, l’Afrique va bientôt se mettre en route. Un nouveau jour commence dans la poussière, j’ai toujours rien à lui demander, je suis juste où il faut, en bon spectateur.
A egueye, 10 jours plus tard… Ça y est, fini les Hublots. Demain c’est Dimanche, un peu de rangement, beaucoup de repos. Je suis entrain de me taper ma première infection « sérieuse ». Antibios, fucidine, Di-antalvic… Du classique. J’avais rien vu venir pourtant, rien senti, et hop en une nuit, juste là, derrière la jambe, au dessus de la cheville, presque sur le mollet, une douleur me réveil à 2h du matin, genre: toc-toc, c’est moi ton double, le pot de pue… Oh! Oh! Pas bon que je me dis… J’ai commencé par fumer une clope et une nouvelle fois me cramer les poils du nez à cause d’un dangereux briquets chinois! Ça a pué le cochon qu’on épile pendant un bon quart d’heure et à 2h15min j’ai décidé d’arrêter de fumer à cause des briquets chinois, c‘est évidemment plus simple que de changer de briquet… Pour commencer j’ai ouvert un flacon d’hexomédine et puis...
Nicole Van de Kerchove est décédée, je reçois la nouvelle par un sms de mon ami DéDé… Il connaît les choses importantes si Bush ou Ben Laden étaient mort il ne m’aurait rien envoyé… Courage DéDé, tu arrives au bout, le rêve c’est juste après quand on a des C……s. Pour la peine un petit passage que j’ai retrouvé en parcourant son livre, « 7 fois le tour du soleil »:
" Ce qui est formidable avec les souvenirs, c’est que les bons restent et les mauvais s’oublient. Aujourd’hui, je devrais faire un sérieux effort pour me rappeler tout ce qui a marché de travers dans la construction de l’Esquilo. Et après tout, pourquoi m’en souvenir?… Aujourd’hui l’Esquilo trotte entre deux continents, poussé par l’alizé. L’eau fait un joli bruit le long de la coque, le soleil me chauffe jusqu’au fond du cœur. François, je ne serai jamais capable de t’expliquer pourquoi j’ai choisi cette vie, mais si tu savais comme je m’y sens bien! "
A bientôt sur l’eau mon poteau, bise…
Eh! Bien voilà… aujourd’hui c’est repos, rien à foutre. il est 6h00, la lune est là et ça fait
déjà une bonne heure que j’suis debout à la surveiller. Une soucoupe volante est passée dans le ciel. En attendant sagement que les petits hommes vert débarque, je vais me refaire un pansement et
continué les antibios pendant encore trois jours… De toutes façons il faut que pour Jeudi je sois complètement guéri, bon mais, vu la gueule du truc j’y crois pas trop. Le moral est au beau fixe,
c‘est bien là l‘essentiel! Essamaye débarque normalement Jeudi sur le tarmac, on fait les courses de frais vendredi, une grosse chouille samedi au cap avec Tutti, Yattuti, Because, Bernard… Et
Dimanche on dérape passer deux jours à Cachouane et attendre le feu vert de la météo…
1er Avril, je me sui levé pour pisser un coup, j'ai vu un OVNI!!!
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