Ils ont dit:






   A mon retour, il s’est trouvé beaucoup de gens qui n’étaient pas partis, pour me dire qu’avec un peu de fantaisie et de concentation ils voyageaient tout aussi bien sans lever le cul de leur chaise. Je les crois volontiers. Ce sont des forts. Pas moi. J’ai trop besoin de cet appoint concret qu’est le déplacement dans l’espace. Heureusement d’ailleurs que le monde s’étend pour les faibles et les supporte, et quand le monde, comme certains soirs sur la route de Macédoine, c’est la lune à main gauche, les flots argentés de la Morava à main droite, et la perspective d’aller chercher derrière l’horizon un village où vivre les trois prochaines semaine, je suis bien aise de ne pouvoir m’en passer. [ L’usage du monde, N. Bouvier]

undefined  







   J’avais une maison au bord de la mer. Mais pour aller à la plage il fallait passer devant un bar. Je n’ai jamais vu la mer. [ J. Best, Grand footbaleur de Manchester United]

undefined  







_Finalement, ce tésor, on l’a vu ou pas ?
_Nous avons voulu le voir même s’il n’y était pas… Mais le trésor existe sûrement, caché par des démons taquins et il reste introuvable parmi les labyrinthes de nos questions et de nos réponses…  [ Corto Maltese & Raspoutine, La maison dorée de Samarkand]

undefined











Album photo

Derniers Commentaires

Lundi 12 mai 2008

Récit d’une traversée initiatique de l’océan atlantique par un parisien du port de la Bastille.

"  J'ai fait l'amour avec la mer... "

  
Dans la vie il y a des projets, des rêves, qui souvent paraissent inaccessibles pour des raisons X ou Y ou plutôt pour ma part de terroir et idiotement de moyens. Pour commencer cette petite bafouille je vous invite donc à ne jamais vous interdire de rêver, sous aucuns prétexte! La magie de la vie opérera comme ce fût le cas pour moi en ce beau soir africain de décembre 2007 où je rencontrai le capitaine Berrehouc dans l’obscurité la plus totale du bar le moins fréquenté du monde, sur l’île d’Egueye en casamance. Pour une fois, on ne commença pas la construction de notre référentiel commun par une bonne cuite. Nous avons laissé grandir notre relation tranquillement, à l’image de nos deux personnalités. Pour qu’au bout d’un mois et c’est vrai, non sans quelques bonnes cuites, nous décidions sous l’impulsion « Gamagéteuse » du captain Berrehouc de réaliser cette traversée ensemble. Je vous passe les détails mais ce n’était pas gagné pour dégager ce bien si précieux qui nous fait tant défaut de nos jours et dans notre société, à savoir : ce fameux temps (sans parler du reste car le temps c’est…) Une fois que j’ai pu prendre « mon » temps, je me retrouvais face à cette inconnue: L’aventure hauturière, sur un voilier nommé Coriana pendant environ trois semaine avec un loustic que je ne connaissais que sur terre. J’allais enfin comprendre pourquoi « Thalassa » est l’émission la plus ancienne de la boite à image.

   La première crainte lorsqu’on est novice en navigation, c’est le mal de mer. D’avoir écouté les dires des amis du capitaine, il existe une sacrée liste de problèmes pouvant vous clouer du début jusqu’à la fin de la traversée. Très fatigué les trois premiers jours par cette mer agitée, je retournai à l’air fœtale dans mon sommeil… Je m’impliquais petit à petit pour compenser mon manque d’expérience maritime à la cuisine, la plonge, le rangement, et autres petites interventions et manœuvres sous les ordres du capitaine.

   Outre la puissance de l’élément, de cette nature en perpétuelle mouvement qui clame sa force et te fait vite comprendre que tu es chez elle et juste un invité sur son terrain de jeu, outre les rencontres fabuleuses, comme celle d’une tortue rasant la coque, des oiseaux solitaires maîtrisant les vents comme moi mes pas chassés sur le parquet d’une piste de danse, les dauphins qui nous on accompagné tout au long de la traversée ces nuits de pleines lune avec leurs sauts digne des plus beaux posters de supermarchés fluorescent, outre ce phosphore qui éclabousse la mer et le ciel de mille et une paillettes et ce même ciel étoilé, transpercée par ses étoiles filantes qui viennent presque se jeter sur le pont du bateau, et bien tout ça, je vous le dit, tout ça, ne vaut pas la facilité avec laquelle le sommeil vous entraîne au pays des rêves fous, d’où émane une étrange sensualité, une émotion érotique, qui vous gratifie d’une sacrée tonicité sexuelle. Morphée s’est fait violer par Priape*, ils y ont pris goût, ne me laissant plus aucuns répit jusqu’à la fin de la traversée… La pénétration, la glisse se ressentent plus que jamais, tel un bobsleigh doté d’un mât, propulsé à toute vitesse vers le royaume d’Éros (au diable Neptune!), je pense avoir effleuré l’effet de ce fameux caisson sensorielle de jadis qui amenait ses hôtes dans des voyages transcendantaux. J’ai vraiment vécu dans cette chaleur fauve des pulsions animal, aux antipodes des douceurs suaves, des étreintes fantasmagoriques avec toutes mes conquêtes. J’en profite ici pour les saluer, ainsi que celle que je n’ai pas eu et celle que j’aurai. Je suis resté de fer dans la position suivante, face contre la bannette, ben! Je crois que j’ai fait l’amour avec la mer.

   Je regrette vivement de ne pas avoir des mots plus orgasmiques et orgiaques… ou remplies de poésie, mais mes notes prises à chaud se sont noyées quelque part dans le port de Salvador de Bahia. De plus la réciprocité d’une tranche de vie avec un poète navigateur (en la personne du capitaine Berrehouc) à qui je souhaite une grande vie d’écrivain, il en a l’envergure et bientôt le talent…  ( rire! ), complexifie un peu la donne.

  Je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce voyage initiatique, le capitaine Berrehouc, l’école mobile, l’équipe d’Egueye, mes parents, Rêverine, Dad, Laetitia & Fred, Marie-France & Claude, Mystrel, Poutou, David, Zeb, Greg, Defoulaoit family, Trans-mission, Rebonds!, Ara, La coyenerie, L’océan atlantique sans oublier la superbe Coriana…

  


  
 
  
       

 

 

 

 





bon là c'est ron, j'ai pas resisté!
par Ronan Berrehouc
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander

En liberté



                                                                              BILLET  D'HUMEUR
                                                                      PAR  DES  MOTS  VOYAGEURSundefined

Catégories

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
cree blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus