
A mon retour, il s’est trouvé beaucoup de gens qui n’étaient pas partis, pour me dire qu’avec un peu de fantaisie et de concentation ils voyageaient tout aussi bien sans lever le cul
de leur chaise. Je les crois volontiers. Ce sont des forts. Pas moi. J’ai trop besoin de cet appoint concret qu’est le déplacement dans l’espace. Heureusement d’ailleurs que le monde s’étend pour
les faibles et les supporte, et quand le monde, comme certains soirs sur la route de Macédoine, c’est la lune à main gauche, les flots argentés de la Morava à main droite, et la perspective
d’aller chercher derrière l’horizon un village où vivre les trois prochaines semaine, je suis bien aise de ne pouvoir m’en passer. [ L’usage du monde, N. Bouvier]
J’avais une maison au bord de la mer. Mais pour aller à la plage il fallait passer devant un bar. Je n’ai jamais vu la mer. [ J. Best, Grand footbaleur de Manchester
United]
_Finalement, ce tésor, on l’a vu ou pas ?
_Nous avons voulu le voir même s’il n’y était pas… Mais le trésor existe sûrement, caché par des démons taquins et il reste introuvable parmi les labyrinthes de nos questions et de nos
réponses… [ Corto Maltese & Raspoutine, La maison dorée de Samarkand]

Brèves Bahianaises:
C’était dimanche, le jour du seigneur et des bondieuseries en tous genre… Ils avaient tous les mains levé au ciel et chantaient, certains pleuraient en chantant… Sur une scène en plein-air y’avait des curés déguisés en blanc et rouge, à genoux autour d’un hôtel sur lequel traînait le fameux calice plein de pif, de sang du Christ pardon! J’ai traversé la place et la foule comme un dératé… ça me fait peur moi ces « bondieuseconneries ». Peux pas sentir ces choses, j’ai les foies dès qu’il y a d’l’éternité dans l’air…
Dimanche après-midi, il pleut. Comme si nous n’en n’avions pas eu assez, nous regardons les films de Jean du sud et des Damiens. Allez, Yac’, on y retourne?
Si vous croyez que je vais vous parler de samba, de bossa, de capoera et de jolies filles, vous vous fourrez les doigts dans le pif. Aujourd’hui j’ai tapé : rock + indie + Salvador de Bahia dans Google…
Putain! On était vachement content Yac’ et moi de laisser traîner sur la table un paquet de clope vide pendant qu’on buvait notre bière sur la terrasse. Comme ça, a chaque fois qu’on essaye de nous taxer une clope: « désolé mec mais on est entrain de fumer la dernière… ». Ah!Ah! Super, avec le paquet plein caché dans le fond d’la poche. Pensez ce que vous voulez, qu’on est des salauds, des égoïstes… Bref, une fille, fine, maigre plutôt a débarqué à notre table, culotte courte et débardeur noire, faisant la mimique sans équivoque de cette fameuse cigarette qu’on s’apporte aux lèvres. Nous on lui a montré le paquet vide d’un air entendu, désolé… Alors, elle, comme ça: Hop! Elle a pris le briquet qui était posé juste à coté du paquet vide sur la table et en moins de deux il glissait jusqu’au fond de sa culotte, comme un gamin sur un toboggan... Narquoisement, elle a fait genre: Venez le chercher maintenant… On n’a pas insisté, elle s’est tirée avec l’air plein de malice et notre bricket au fond de sa culotte, celui que je venais d’acheter il y avait dix minutes… Nous, on est resté là , comme deux ronds de flan, assis devant notre bière… à méditer sur le fond d‘culottes des filles et tous ce qu‘elles pouvaient y cacher.
En surfant sur le net, j’ai vu que le site d’Uniterre avait référencé mon blog, plutôt bien d’ailleurs. Pour le présenter, ils ont écris: Il existe encore des Kerouac mâtinés de Moitessier, en voilà un! Très joli blog excessivement littéraire et personnel avec photos et un peu n’importe quoi… Et alors? De la pure POESIE! J’ai pensé que le titre de mon livre que je vais écrire quand je serai grand ça pourrait peut-être être un truc du style: Sur la longue route…
Bahia, c’est la ville, immense, gigantesque, pareille à toutes les grandes villes. Je n’aime pas la ville... Les villes… Elles puent et suintent la misère, Transpirent le fric, une belle bagnole = une goutte de sueur...Trop de bruit, trop de monde, trop de pauvres, trop de riches surtout, 11 396 123 habitants, sans compter les chiens, les chats, les rats et les cafards… Tout le monde doit vivre... Trop d’alcool bien sur, trop de drogues aussi, trop de circulation… Saoulant, épuisant… D'un coup, là , j’ai pensé qu’il devrait exister des stages pour préparer les retours à la l’urbanisation!
Derniers Commentaires