Ils ont dit:






   A mon retour, il s’est trouvé beaucoup de gens qui n’étaient pas partis, pour me dire qu’avec un peu de fantaisie et de concentation ils voyageaient tout aussi bien sans lever le cul de leur chaise. Je les crois volontiers. Ce sont des forts. Pas moi. J’ai trop besoin de cet appoint concret qu’est le déplacement dans l’espace. Heureusement d’ailleurs que le monde s’étend pour les faibles et les supporte, et quand le monde, comme certains soirs sur la route de Macédoine, c’est la lune à main gauche, les flots argentés de la Morava à main droite, et la perspective d’aller chercher derrière l’horizon un village où vivre les trois prochaines semaine, je suis bien aise de ne pouvoir m’en passer. [ L’usage du monde, N. Bouvier]

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   J’avais une maison au bord de la mer. Mais pour aller à la plage il fallait passer devant un bar. Je n’ai jamais vu la mer. [ J. Best, Grand footbaleur de Manchester United]

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_Finalement, ce tésor, on l’a vu ou pas ?
_Nous avons voulu le voir même s’il n’y était pas… Mais le trésor existe sûrement, caché par des démons taquins et il reste introuvable parmi les labyrinthes de nos questions et de nos réponses…  [ Corto Maltese & Raspoutine, La maison dorée de Samarkand]

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Plûme:

Mardi 12 février 2008

    Montpellier, sur un muret, Aurélie a repéré un COSMOPOLITAIN, n° 407, Octobre 2007. Je me suis amusé avec lui. Lu, relu et un peu détourné, ça donne ceci : 

  Marre de souffrir, marre de l’attendre alors qu’il ne reviendra jamais, marre de vivre dans l’espoir… Hier j’ai changé de parfum, même ça, ça me reliait à lui, parce que je n’en pouvais plus de cette odeur qu’il m’avait choisie. Aujourd’hui j’ai enfilé mon manteau Paul & Joe Sister, j’ai tiré un peu sur ma jupette Manoush et attrapé mon béret et un vieux cartable, celui avec le petit chat cousu dessus. Ma mère m’a dit que la dernière fois que j’étais habillée comme ça, j’avais sept ans et je que je l’avais menacée de me faire adopter si elle m’envoyait à l’école dans cette tenue… Il y a vignt ans. A cette époque, dans la cour d’école, les garçons ils m’auraient jeté du sable…

   Dehors il faisait froid et beau, quelques petits cumulus mal pensant rigolaient niaisement entre eux là-haut. En bas, les mimosas étaient en fleur et sentaient le primtemps qui n’allait certainement pas tarder à montrer le bout de son nez. Je me suis promis d’en voler quelques branches pour parfumer ma chambre… Dans les vieux quartiers, ceux du haut, j’ai visité une petite galerie d’art, au coin de la rue Fabre et Mercier, une jeune artiste avait accroché ses trucs, un mélange de photos et de dessins, des silhouettes lunaires semblaient diriger des machines à priori inutiles avec des boitiers de télécommande aux grandes antennes qu’on pouvait au premier coup d’oeil confondre avec des cannes à pêche! J’ai pas compris le fond, - on est tous des marionettes peut-être ? - Mais dans la forme cela m’a plu, c’était très doux.

  Je commençais à me sentir à l’aise dans ma nouvelle tenue genre rentrée des classes, c’était un peu comme une nouvelle vie qui commençait, là, aujourd’hui, je reprenais tout au début, compteur remis à zéro, j’ai pensé. En sortant de la galerie, j’ai croisé un ami sur le bout du trottoir, je lui ai souri…

_Putain! Virg’, t’as fumé du Botox ou quoi ? Il m’a dit.

  J’ai fait mine de bouder et suis partie en faisant des petits sauts, comme si je jouais à la marelle avec le rebord du trottoir… et toc!

  Je me suis arrêtée à la terrasse des Fauvettes, et ai commandé un CVE, un café verre d’eau si vous préférez. Un type est venu s’asseoir à la table juste en face de moi, trente cinq/ quarante ans, plutôt mignon, dommage que son nez dépassait autant de son visage. Il avait les cheveux un peu trop gras aussi, avec une tonne de pellicule dedans… J’ai commencé par jouer l’indifférente, cinq minutes seulement, c’est le temps nécessaire pour agacer un homme, c’est des copines qui me l’ont dit… Et puis, je lui ai glissé quelques regards faussement timides, avec le coin des yeux, juste apuyés ce qu’il faut pour qu’il les sente se poser sur lui comme un doute. Il a fini par tourner la tête et jeter la moitié d’un sourire aux pigeons malades et sales sur la petite place. Les pigeons ils s’en foutaient de son demi sourire, ils continueraient à préférer la vieille dame assise sur son banc qui elle leurs jetait du pain rassi… Je n’avais rien à craindre des pigeons! Quand il a enfin ramené son regard, son demi-sourire et ses doutes, j’ai continué à jouer avec lui, comme une chatte avec une pelotte de laine sauf que moi j’allais tirer sur le fil et remonter jusqu'àux aiguilles et qu’après on irait faire du tricot ensemble… ça n’a pas loupé, il n’en pouvait plus de ne pas savoir ou les foutres ses yeux sinon sur moi, un vrai gamin. Ses mains, comme deux folles tentaient de se cacher dans ses poches ou ses cheveux et trahissaient une perte de control générale. J’ai failli me mettre à rire, je tenais mon pigeon. J’en ai profité pour me lever et quitter la terasse en regardant la vieille balancer son pain rassi. Même à cette distance j’ai senti la panique qui l’avait envahi. Je me suis discrètement retourné, juste ce qu’il faut, en faisant la moue d’une petite fille qui tout en suivant sa mère laisse derrière elle son petit amoureux d’école. J’ai entendu la chaise tomber et puis :
_ Mademoiselle, s’il vous plait, Mademoiselle, puis-je? Euh! je peux vous offrir un verre? 
_Pourquoi pas ? j’ai répondu.

   Il m’a raconté une vie en buvant sa bière, ses amours surtout pendant que je sirotais un calva, c’était à mourir… Un jour, il est parti chercher sa petite amie à la sortie de la Fac pour lui faire une surprise mais c’est lui qui a été surpris, il l’a vue entrain d’embrasser un autre mec pendant près de trois minutes à dix mètres de lui… Il avait dix-neuf ans, il était encore sous le choc et depuis n’arrivait toujours pas à faire entièrement confiance à une fille, le pauvre… Une autre fois, il s’est inscrit à un cours de badminton pour être plus près de Marie, Marie était belle, charmante et sportive d’après ses dires mais un soir après l’entrainement, elle lui a demandé sur le ton de la confidence, s’il croyait qu’elle avait ses chances avec Laurent, son partenaire de double… C’était bien ma veine de tomber sur un type pareil. J’ai joué celle qui écoutait son meilleur ami, avec un faux brin de romantisme dans le regard et un zeste de compassion suspendu au bord des lèvres, histoire de le mettre en confiance et puis j’ai posé ma main sur la sienne, celle qu’il avait oubliée sur la table après avoir écrasé sa cigarette parce que l’autre il s’acharnait à lui arracher les ongles pour la faire souffrir, comme s’il lui en voulait à sa main de ne pas savoir quoi faire pendant qu’il racontait ses vieilles histoires. J’aurais pu moi aussi lui raconter que mon mec il s’était barré avec ma meilleure amie, que je lui avais presque pardonné parce qu’on ne doit pas rester avec quelqu’un qu’on aime plus mais que ma meilleure amie elle, je continnuais à avoir des envies de la tuer et plus encore… Je le comprenais à moitié finalement! Mais bon les amis, les amours, les emmerdes c’était pour Aznavour… images3.jpg

  Moi j’avais la chanson de Polnareff en tête, - Je voudrais simplement faire l’amour avec toi – et lui il hésitait encore entre deux baisers : celui de Jean Gabin et Michelle Morgan dans « Quai des brumes » et celui de Clark Gable avec Vivien Leigh dans « Autant en emporte le vent ». Bon Dieu, vers quelle drôle d’histoire on allait…  images2.jpg


quai_des_brumes-00a17.jpg

  Si vous avez des idées pour la suite… Sinon il faudra attendre le prochain numéro de COSMO’ images1.jpg



J. Gabin & M. Morgan
 " Quai des brumes " 

                        C. Gable & V. Leigh
                " Autant en emporte le vent  "

                                                   

                                                 

Ah! oui, pour écouter:

comingsoon:  
 
www.kitchen-music.com/comingsoon_artist.html

Beirut
www.Beirutband.com

Par Ronan Berrehouc
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                                                                              BILLET  D'HUMEUR
                                                                      PAR  DES  MOTS  VOYAGEURSundefined

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